Epica est le genre de groupe sans qui le Metal Gothic Symphonique ne serait sans doute pas ce qu’il est aujourd’hui.
Après le départ de
Tarja de
Nightwish, après l’orientation pop de
Within Temptation, après la stagnation, album après album de
Sirenia et ce, malgré le changement constant de chanteuse, on était en droit de se poser des questions sur l’avenir de ce genre qui n’a rarement conquis plus de monde qu’un public féminin ou adolescent.
Et pourtant,
Epica a ce petit quelque chose qui fait qu’il peut encore être considéré comme un groupe de talent.
Après
The Divine Conspiracy, suivi du live
The Classical Conspiracy, on voit que le groupe mené par la jolie Simone ne chôme pas, et il ne cesse de vouloir parfaire son art !
Et ce n’est pas ce nouvel album qui viendra démontrer le contraire.
Design Your Universe est le nom de leur de ce nouveau périple entre enfer et paradis.
Après quelques notes et quelques orchestrations, on reconnaît aisément le son caractéristique qui a forgé la réputation des hollandais depuis
The Phantom Agony.
Même si ce premier disque est sans aucun doute le plus sombre de la discographie du groupe, il est impressionnant de constater à quel point le groupe a su évoluer tout en conservant son identité, celle qui a permis au groupe d’émerger en 2003.
Si certains groupes s’orientent vers une musique plus commerciale, plus pop, force est de noter qu’
Epica au contraire, renforce ses penchants extrêmes qui étaient depuis longtemps visible mais trop inexploités. Ainsi, le groupe renforce les passages dialogués où s’entremêlent chants lyriques de Simone avec les growls de Mark. Si on ajoute à cela les guitares rapides, saturées et lourdes, on se rapproche petit à petit de pointures du Metal Extrême Symphonique comme
Therion. Et pour illustrer ces propos, rien de tel que de poser une oreille attentive à
Martyr Of The Free World ou Kingdom Of Heaven qui alterne avec brio des passages plus posés voire atmosphériques avec des passages typiquement plus inspirés du Death Metal.
Quelques éléments sonnent plus heavy, comme Burn To A Cinder et ses soli forts agréables ou encore Semblance Of Liberty, d’autres sont beaucoup plus calmes comme Tides Of Time qui donnent envie de s’envoler pour voyager et découvrir la beauté du monde vu du haut (allez savoir, c’est ce que j’ai ressenti, et pourtant, je n’ai rien consommé d’illicite !)
La présence des orchestrations magnifiques sont dignes de groupes comme
Hollenthon, et celles-ci renforcent les ambiances et ne sont pas utilisées à outrance au contraire de certains groupes de Black mais aussi de Gothic. Car ici, même si parfois on pourrait s’en passer, elles sont tout de même intéressantes et viennent ajouter à la complexité de l’œuvre, qui est d’ailleurs en parfaite adéquation avec le chant de Simone qui semble encore plus profond que d’habitude.
Et on assiste aussi parfois à un dialogue guitares/orchestre comme sur Kingdom Of Heaven qui est un morceau phare de l’album, avec ses passages de guitares acoustiques, ses ambiances chaleureuses, ses soli excellents, etc.
Certains chœurs masculins viennent agrémenter les compositions tout au long de l’album, ajoutant une dimension épique non négligeable, tout comme certains passages narratifs.
Mais enfin ne nous emballons pas, si
Epica signe là une œuvre très riche, très forte et mise en valeur par une production conséquente, le groupe innove peu, certains passages sont très très prévisibles, et si certaines surprises sont bonnes, l’impression de déjà entendu sera tout de même très présente. Mais
Epica ne fait pas encore dans l’autoplagiat constant donc cette galette devrait ravir tous les fans du groupe, et si vous ne connaissez pas encore le phénomène
Epica, il est grand tant de s’y mettre, et cet album devrait être une bonne porte d’entrée. Et si vous ne trouvez pas votre bonheur pendant ces 1 heure 15 de musique, il n’y a plus grand-chose à faire…