Que peut-on encore attendre d’un groupe comme
Belphegor ? Un groupe qui a rapidement su s’imposer comme un leader de la scène extrême autrichienne avec son Black/Death sadique et très sombre.
Après un Pestapokalyspe VI, qui avait un réel intérêt, le groupe avait continué sur sa lancée pour nous présenter son
Bondage Goat Zombie pas inintéressant, mais qui au final reste tout de même assez conventionnel au milieu de la discographie du groupe, bien qu’il soit peut-être plus sadique.
Un an seulement après l’album précédent, ce trio infernal vient nous livrer sa dernière offrande sobrement nommée Walpurgis Rites – Hexenwahn, un album consacré aux rites occultes, évidemment au sexe et aux ténèbres en général.
L’album commence directement dans le vif du sujet, sans intro, sans rien.
Belphegor nous crache à la gueule son blasphème avec des rythmiques et un son que l’on reconnaît au premier coup d’oreille. Alors, y a-t-il du changement depuis
Bondage Goat Zombie ? C’est la question que tous les fans se posent !
Et bien la réponse se situe malheureusement entre oui et non.
Pourquoi oui ?
Le disque sonne un peu plus intense, il paraît aller plus loin dans le côté sombre de la musique du groupe.
Un changement qui sera aussi caractérisé par quelques ambiances assez travaillées, des ambiances très lugubres et très malsaines évidemment. Cet accent qui est mis sur les ambiances permet de transporter l’auditeur en plein cœur d’un sabbat satanique, le tout agrémenté d’une recherche ésotérique qui porte toujours en grande partie sur le sexe.
On pourra prendre en compte un gros travail de la part d’Helmuth sur le chant qui est sans doute la force de Walpurgis Rites – Hexenwahn. Avec ce chant de possédé, son accent autrichien très prononcé (le fait de rouler les -R- de cette manière), on n’a plus l’impression d’assister à une nuit sabbat, mais on est déjà dans une succursale de l’Enfer !
Pourquoi non ?
Eh bien
Belphegor ne fait que ressortir son attirail de guitares lourdes et puissantes, ses mélodies percutantes mais qui ont tendances à être moins bien élaborées que sur Pestapokalype VI, la recette miracle en gros que
Belphegor nous ressort à chaque fois.
Rien de bien nouveau donc, le groupe n’innove pas vraiment à ce niveau-là et c’est bien dommage car le disque au final ne fera que s’inscrire dans la droite lignée de Bondage Goat Zobie, avec peut-être un peu plus de maturité et d'intensité dans la musique.
Alors certes, de la part de
Belphegor, on attend du
Belphegor, rien de plus. Mais il faut savoir que ce nouveau méfait sort à peine un an après le précédent qui lui-même ne faisait pas vraiment partie des incontournables du groupe. Alors, il aurait pu être préférable pour les autrichiens de laisser mûrir ces nouvelles compositions et par exemple proposer des plans mélodiques plus intéressants et prenants, agrémenter cet art noir de plus de petits soli comme sur le prestigieux Pestapokalypse.
Mais le groupe maîtrise toujours avec autant de talent une violente alchimie qui allie des sonorités Black bien brutales avec des sonorités Death dévastatrices. Si on ajoute à cela le côté pervers et malsain qui règne comme un cancer sur l’art noir de cette horde sadique, on obtient un disque certes prévisible, mais qui nous permet de passer un bon moment. Car c'est clair, cet opus peut en effet être plaisant par ses plans violents et ravageurs, par son efficacité indéniable.
Pour faire court, Walpurgis Rites s’inscrit dans la lignée de
Bondage Goat Zombie avec un son plus sombre, plus intense, avec des ambiances plus malsaines, et avec un peu plus de maturité. Les fans y trouveront évidemment leurs compte, par compte, les personnes plus exigeantes pourront vite se lasser...