Ah...
Epica. L'un des plus célèbre groupe batave, mais mérite-t-il réellement sa réputation plus que flatteuse ? Ou est-ce que la plastique de
Simone Simons a contribué au succès de la formation ? Un débat ouvert depuis des années dont la réponse s'est perdue dans les confins d'une confrontation entre les amateurs de Simone et ceux de
Mark Jansen, cerveau du projet, initialement appelé Sahara (Bernhardt... fallait que je la case, ça c'est fait) Dust. Bref, les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus, c'est bien connu, même si c'est stupide.
Pour résumer rapidement la situation, Jansen a quitté
After Forever, son premier groupe professionnel pour divergences musicales (ou alors il voyait son rôle de leader contesté par Sanders et Floor ?) et monte
Epica, qui est en fait une copie ou plutôt une continuité à
After Forever, en reprenant là où Decipher s'était arrêté. Il y a plusieurs façons de rentrer dans ce disque et de l'apprécier, même si certaines tendances se dégagent principalement, facilement caricaturales.
Mark Janssen il est bô (et Simone aussi) :
Ecole de pensée qui consiste à affirmer que l'âme d'
After Forever, c'est Mark Jansen. Et que
Epica, c'est lui. Il faut dire, la différence principale entre les deux groupes réside dans la voix, celle de Floor étant plus puissante et peut-être un brin moins sensuelle. Sinon, les lignes mélodiques sont facilement reconnaissables et le fait que certains morceaux continuent l'histoire de "The Embrace That Smothers" initiée sur Prison Of Desire a quelque chose de presque surréaliste. Cela passe, même si on a envie de dire que c'est malhonnête, qu'on ne peut pas transposer ce qui a été fait pour
After Forever sur
Epica, que ça perd tout son sens, même si Mark Jansen en a été l'instigateur. Il y a comme une couille dans le potage, comme si les noms avaient été inversés, que les questions de droit ont rendu les choses compliquées pour tous. Les musiciens comme les fans, qui perdent leurs repères et se retrouvent comme une poule face à une fourchette.
Cependant, ce Phantom Agony permet de comprendre aussi le départ de l'homme quand on le compare avec Invisible Circles de
After Forever : le fossé est immense. En face, on se retrouve avec un groupe qui s'est réinventé, ici on est confronté à un homme qui joue ce qui lui plait, quitte à ce que cela passe pour la carte de la sécurité. Une solution comme une autre, même si cela peut priver le fan de tout effet de surprise (la plus grosse étant l'adaptation du thème de la BO de l'Homme au Masque de Fer dans la chanson-titre).
Mark Jansen n'est pas très intelligent :
Une autre école de pensée, qui affirme que le leader charismatique de la formation n'a pas su profiter de son départ d'
After Forever pour se remettre en question. Rien que le visuel de la pochette en est la preuve flagrante, recto comme verso. L'homme vie avec son passé et n'en démord pas. Il utilise les trames de couleur, les textures et l'imagerie gothique pour arriver à en faire des clichés. Après le bleu de Prison Of Desire, le vert de Decipher, voici donc le rouge de The Phantom Agony. Avec les serpents en prime. Youhou.
On remarquera aussi qu'il s'occupe de toutes les voix masculines sur cet opus, là où il aurait été plus avisé de faire appel à d'autres chanteurs, le pauvre père Jansen n'étant pas particulièrement doué pour cet exercice, donnant un rendue parfois amusant, mais encore une fois, bien trop proche de la caricature. Le chant stylisé black n'a pas varié depuis Decipher et ses grunts ne valent guère mieux. Sur ces deux points précis, il ne marque pas de points, bien au contraire, même s'il a bien su s'entourer, malgré un batteur en faisant parfois un peu trop et un clavier par moment trop envahissant. En revanche, Simone Simons est une satisfaction, on la sent impliquée dans le projet et elle parvient à véhiculer des émotions, même si elle n'a pas la puissance vocale de
Floor Jansen. Est-ce un défaut en soi ? Non, pas vraiment, du moment qu'elle remplit son rôle.
Cependant, la plus grosse erreur de Mark a été de récupérer tous les artifices de
After Forever sans les transformer, faisant simplement de la transplantation de groupe, gommer un nom pour en mettre un autre. Soit on s'en fout, soit c'est franchement déplaisant, surtout quand on constate que
After Forever a pris son destin en main et a fait montre d'une réelle ambition.
Quid de The Phantom Agony ?
Voilà le genre d'album haïssable à critiquer. Entre l'envie de le démonter point par point pour marquer d'une croix de sang les portes derrière lesquelles se cachent des défauts ou de la simple récupération et celle de louer l'effort de poursuivre l'histoire entamée sur Prison Of Desire et de faire perdurer une espèce de tradition musicale, difficile de prendre position clairement. On peut légitimement évoquer un foutage de gueule complet quand on gratte le vernis, on peut aussi décider de fermer les yeux et se laisser emporter. Mais si vous êtes arrivés là, vous avez déjà constaté la note, qui en est une parmi d'autres. Chaque chroniqueur pourrait en donner une différente, ça ne changerait rien au bordel que représente cet album. Un disque à noter par une fourchette en fait, entre 3.5/10 et 6.5/10.