Pour tout amateur de death-mélo à la sauce suédoise,
Nightrage est un all-star band qui réunit à chaque album la crème des musiciens du style. Que ce soit Thomas Lindberg (
At The Gates), Gus G (
Firewind,
Dream Evil), ou Marios Iliopoulos (Exhumation), tous ont un jour ou l'autre joué dans
Nightrage. Ici, ce n'est pas sur le dernier opus de la super-formation que nous nous attarderons, mais bien sur leur second,
Descent into Chaos.
Suivant de deux années le survolté
Sweet Vengeance, celui-ci déboule en cette année 2005, pilotée de main de maître par un line-up de première classe, puisque rassemblant Thomas Lindberg (
At The Gates) au chant, Henric Carlsson (Cipher System) à la basse, les guitaristes Gus G (
Firewind,
Dream Evil) et Marios Iliopoulos (Exhumation), puis le batteur de
Septic Flesh Fotis Benardo. Du beau monde n'est-ce pas?
Avec un line-up pareil, il est clair qu'on peut commencer à baver. Et c'est bien dans cette optique-là qu'on débute cet opus... Arrive un "Being Nothing" brut, puissant, sans concession. Le hurleur d'
At The Gates laisse déborder sa rage, Fotis, en véritable pieuvre, martèle ses fûts sans relâche, tandis que la paire guitaristique envoie riffs sur riffs, pour un résultat ultra-énergique et résolument moderne. Une bonne tempête pour ramoner les conduits auditifs quoi! Tout comme la suite de ce
Descent into Chaos d'ailleurs. Car chaque morceau de l'album est à l'image de ce premier titre: rapide, percuteur, massif... Bref, une sacrée bête! D'autant que là, il y a du niveau, vous pouvez faire confiance à ce joyeux petit monde pour vous balancer du son moderne et ultra-précis...
Massif, voilà bien le seul mot qui peut rester après l'écoute d'un tel opus. Car mis à part l'instrumental "Solus", vous n'aurez aucun répit! Le problème, c'est que
Descent into Chaos peut s'avérer lassant, ou au contraire partir dans tous les sens, sans jamais trouver une certaine continuité... Pour preuve, les morceaux "Phantasma" ou "Poems" peuvent être difficiles à appréhender, la faute à un sens de la mélodie moins aiguisés que certaines autres formations du style, ou encore à des refrains pas assez mis en avant... Car la grande force de cet opus réside avant tout dans ses riffs, dans ses mélodies à la gratte, et non dans le chant comme on peut le trouver habituellement. En même temps, avec de pareils gratteux...
Du coup, le résultat est en demi-teinte. Alors qu'on peut distinguer deux parties (les trois premiers morceaux balancent la sauce sans vraiment prendre, la suite laissant quelques bonnes mélodies s'immiscer), il ne sera pas aisé de rentrer dans le monde de
Nightrage. En effet, les premières écoutes pourront en lasser plus d'un, n'y voyant ici qu'une ébauche de violence sonore sans aucun but. Mais l'album est de ceux qui se bonnifient au fur et à mesure qu'on l'écoute: on y distingue alors de nombreux détails passé inaperçus jusqu'alors, de vraies perles de riffs comme on n'en fait plus (je pense notamment à "Descent into Chaos", "Silent Solitude", "Omen" ou encore "Jubilant Cry"). Les influences sont alors palpables: du
At The Gates (forcément), mais aussi un peu de
Arch Enemy, Cipher System, ainsi qu'une légère touche de
Amon Amarth (mais si, le riff du refrain de "Omen"!).
Alors que penser de
Descent into Chaos? Pas vraiment facile d'accès, surtout pour ceux qui s'attendent à du
Sonic Syndicate, seule une écoute prolongée pourra révéler les pépites de l'opus. Car les premiers jets ne vous renverront qu'une image de gros son massif ne prêtant guère attention aux mélodies, avec un chant écorché sans réelles variations (mais pas lassant pour autant). Notons l'apparition surprise de Mickael Stanne de
Dark Tranquillity sur "Frozen", qui constitue les seules parties en chant clair de l'album.
Une fois les premières écoutes franchies, c'est un tout nouveau
Descent into Chaos qui se révèle à vous, dans lequel morceaux imparables s'enchaînent pour former un monstre puissant aux riffs savamment dosés entre brutalité et mélodies. Les refrains ne sont pas vraiment mis en avant, mais les riffs sont là pour envoyer le boulet...