Très actif sur la scène hardcore depuis 1994,
Hatebreed n'a cessé de se faire connaitre grâce à ses prestations énergiques et des sorties souvent saluées par le public. Suivis d'un succès plus que considérable dans le monde suite à la sortie de
Rise Of Brutality (2003) et
Supremacy (2006), les coreux en ont profités pour sortir un DVD ainsi qu'un album de reprises.
Jamey Jasta nous a ensuite prévenu que ce serait un retour à la période
Perseverence (2002), suite au retour de
Wayne Lozinak qui remplace le colosse
Sean Martin à la guitare. On ne peut pas dire que Martin et ses chœurs gutturaux ne manqueront pas aux fans, puisqu'il figurait parmis les piliers du groupe. Mais le grand gaillard, respecté par ses camarades, a décidé de faire son chemin tout en restant proche du combo.
Hatebreed, un groupe présent donc, mais ne serait-il pas trop présent d'ailleurs ?
Il faut dire que
Hatebreed soigne son image, ses sorties et surtout sa production: une nouvelle fois assurée par Zeuss (non pas le vieux grec) ...
Passons directement la question de l'originalité; Jasta et sa bande font ce qu'ils font de mieux depuis plus de 15 ans, casser, briser, piétiner et livre un brulot typiquement dans la veine des prédécesseurs.
La néo-arrivée de
Lozinak est bénéfique, apportant soli et riffs pouvant trancher les dents d'un castor en érection.
Jamey Jasta gueule, s'égosille, on pourrait trouver des milliers de synonymes pour dire à quel point le ricain se casse la voix tel un
Patrick Bruel des grandes soirées '80s au Zénith.
A noter que le groupe a trouvé judicieux d'envoyer une chanson instrumentale au front, calmant les plus énervés pouvant se ressourcer et ainsi continuer la bataille.
Rien n'y fait,
Hatebreed est un monstre épais, gras et dégoulinant (sincère ?) de puissance, mélangeant son hardcore épicé à un mur de son retentissant. Avec une batterie toujours aussi énergique tel un
Usain Bolt au 100m ou un lapin Duracell, cette galette ne déborde pas de surprises en nombres.
Ce n'est pas la longueur du disque qui changera le statut de "bourrin" des bœufs du Connecticut (39 minutes seulement) qui voit le groupe jouer la sécurité avec cet album éponyme.
Un manque flagrant d'originalité, tout de même, pour un
Hatebreed qui commence à s'essouffler et qui devrait penser à son avenir.
Malgré tout, il plaira au moins exigeant, décevra à moitié les plus voués et dégoutera les fans de la période pré-Perseverence qui voit l'un des plus brillant avenir du hardcore choisir le côté obscur ...
Ce qui est sûr: le lion n'est pas mort ce soir ... malgré tout.