Du haut de ses 15 ans d’existence, un des combos les plus underground de Grèce,
Naer Mataron, remet le couvert avec Praetorians, son nouvel album, et surtout, une bonne surprise en la personne de Vicotnik au chant.
Avec ce membre de Dødheimsgard, Ved Buend Ende,
Code, etc. derrière le micro, on s’attend à quelque chose de grande qualité par un groupe qui a déjà montré de quoi il était capable !
Et pourtant, l’écoute de ce disque ne se fait pas si agréablement que ça.
Dès les premières notes, on se sent largué dans un Black Metal assez conventionnel et sans grande surprise, avec un son beaucoup trop propre, surtout au niveau de la batterie trigguée à mort et qui donne un côté très explosif mais dérangeant à l’ensemble.
Et c’est sans compter le chant de Vicotnik qui ne colle pas vraiment à ce genre de Black trop prévisible. Le Norvégien a pourtant fait ses preuves au niveau du chant dans un groupe aussi bon que Dødheimsgard ou
Ved Buens Ende mais ces derniers sont assez expérimentaux et donc Vicotnik peut laisser exploser tout un potentiel, et cette explosion est ici assez limitée car le Black Metal cru et froid d’antan de
Naer Mataron est devenu basique et presque moderne. Moderne est en effet un grand mot, mais on sent très bien au niveau de la production que tous les moyens ont étés mis en œuvre pour avoir un disque puissant et soigné à la fois et donc si le côté moderne est palpable, il est aussi en grande partie responsable du manque d’intérêt que porte cet album.
Et si
Naer Mataron a toujours plus ou moins souffert du choix de son chanteur, la personne de Vicotnik était un grand luxe, mais il fallait un personnage moins ‘classieux’ pour cette horde hideuse et surtout pour son travail qui n’est pas exceptionnel sur ce nouveau disque car il est vite limité.
Après, tout n’est pas à jeter dans Praetorians, comme certaines parties de guitares intéressantes, alternants passages plus mélodiques avec riffs bourrins et destructeurs le groupe s’en sort pas trop mal, même si le rendu reste assez thrashisant dans l’approche, tandis que sur les disques précédents, une éthique True est plus présente, et disons qu’elle colle mieux à la peau du groupe si l’on s’attache à son imagerie et à la musique qu'il développait précédemment.
Mais pour un style Black se rapprochant petit à petit du Thrash, il manque beaucoup de petits solos pour faire décoller l’auditeur, au lieu de cela, on stagne dans un Black Metal, toujours avec cette batterie vraiment horrible (sérieusement, ils se sont pas rendu compte que ça gâche tout ?!), et une basse quasiment absente. Bref, on se fait vite chier sur ce nouveau
Naer Mataron, et le buzz qui plane autour de la sortie de ce disque ne fait que renforcer la déception, comme bien souvent d’ailleurs.
Mais le côté trop ‘surfait’ de ce Praetorians ne laisse pas présager le meilleur pour la suite du groupe et on sent même un certain essoufflement d’intégrisme au profit d’une musique plus propre, plus riche en effets, un Black Metal qui s’éloigne de ses racines et qui se tourne du côté du vent, en somme.
Et si le chant de Vicotnik ne colle pas vraiment à la musique du groupe, on notera toutefois son importance pour donner du crédit au disque mais aussi au groupe.
Au final, le
Naer Mataron nouveau cru ne sera pas celui que l’on retiendra en premier lieu de la discographie du groupe.
On passera rapidement sa soif de Black Metal sur un des milliers d’autres CD qui traînent sans avoir la sensation d’avoir loupé l’album de l’année ! Et nous ne parlerons pas le d'artwork assez moche pour ne pas dire ridicule...