Retour à l'accueil
Chronique
Chroniques :: Chronique de Salisbury

Chronique de Salisbury

Uriah Heep  - Salisbury (Album)

La machine de guerre se met en marche



Après un premier album prometteur mais incompris de la critique de l'époque (à l'instar d'un Black Sabbath), Uriah Heep remet vite le couvert avec un nouvel album, Salisbury, paru en 1971.

Le char de la pochette n'est pas qu'une allusion au camp d'entraînement militaire de Salisbury, Angleterre, il peut également s'apparenter à une métaphore, comme quoi Uriah Heep a décidé de se blinder pour s'imposer. Avec l'éclosion du hard rock au début de la décennie, le marché était pratiquement vierge et l'explorer s'apparentait à une aventure passionnante, écrire les premières pages du livre du hard rock. Pour cela, il ne fallait pas se tromper. Les groupes "concurrents" avaient déjà une imagerie forte, Led Zeppelin avec le dirigeable en feu, Black Sabbath présentait un visage plus obscur, ésotérique, tandis que Deep Purple gravait sa supériorité dans la pierre.

Et sur album, Uriah Heep commence à trouver sa voie, faisant volontiers dans la subtilité. Sur les six titres qui constituent ce disque, il n'y en a pas à jeter. On peut en remarquer un plus faible que les autres, et on se montre alors indulgent tant les progrès réalisés en un an sont flagrants. On ne va même pas chipoter. Pas pour si peu.

Arrivé en cours de route sur l'opus précédent, Ken Hensley prend une part active dans la composition et les titres deviennent plus élaborés, parfois plus touffus, de temps en temps réduits à leur plus simple expression, en prenant garde à ne pas oublier les mélodies. Uriah Heep pratique une musique modeste dans le sens où aucun ne va chercher à imposer son instrument. Du coup, pas de solo à rallonge qui sombre dans la piètre démonstration, tous les musiciens restent concentrés sur le plus important : la chanson. Au chant, David Byron est impressionnant. Sa capacité à monter dans les aigus est affolante et s'il parait un peu maniéré, il colle toujours à l'esprit épique et trouvère de la formation. Ainsi, sur Bird Of Prey son chant monte haut, contrebalançant adroitement avec le côté heavy de la chanson. Les guitares sont très présentes, le clavier s'insère parfaitement à l'ensemble. Et malgré un petit côté Deep Purple, ce titre est parfait pour l'ouverture ; le reste se veut en effet plus posé.

Lady In Black est l'autre grand classique de l'album, une ballade aux accents folks séduisants, où la guitare acoustique est reine. Byron, une fois de plus, est impérial et sa diction est parfaite. Un plaisir pour les oreilles, émotionnellement parlante et tout simplement magnifique, cette composition restera un classique du genre.

Mais on ne peut décemment pas évoquer ce Salisbury sans parler de la chanson-titre. Véritable morceau fleuve de seize minutes, il imprime les volontés progressives de Uriah Heep. Les cuivres s'invitent à la danse, donnant une couleur un peu exotique à l'ensemble et les longues plages instrumentales sont empreintes d'une léger psychédélisme. On appréciera également les choeurs qui viennent littéralement porter le chant de Byron. Il est probable que ce titre et par extension ce disque aient eu une certaine influence sur des combos comme Queen. On retrouve déjà ces refrains plaisants et cette complémentarité entre la guitare et le clavier pour dessiner un univers musical baroque et varié.

Avec Salisbury, Uriah Heep frappe très fort. Le groupe prouve que le premier album n'avait pas usurpé son succès et qu'il allait falloir compter sur eux à l'avenir. En affinant son style, la formation va s'ouvrir les portes du succès et elle va bien vite récidiver. Pour certains, cet album est le meilleur que le Heep ait proposé, bien qu'un peu court. Il en est, tout au moins, l'un des essentiels de ce groupe un peu oublié.

(0) Modifier l'article
par Elric des Dragons, le 21 septembre 2009
Voir toutes les chroniques de Elric des Dragons
195 lectures


Chroniquer cet album

Avis des chroniqueurs :
 



Chronique précédente

Tout

Chronique suivante


Commentaires


Salisbury - Infos

Voir la discographie de Uriah Heep
Infos de Salisbury

Sortie : février 1971
Genre : Hard Rock
Playlist :
1. Bird Of Prey (4:13)à écouter en premier
2. The Park (5:41)
3. Time To Live (4:01)
4. Lady In Black (4:44)culte !culte !
5. High Priestess (3:42)
6. Salisbury (16:20)culte !culte !
écouter : Ecouter l'album



Uriah Heep

Albums chroniqués :
Chronique de Into The Wild
Into The Wild
2011

Chronique de Equator
Equator
1985

Chronique de Fallen Angel
Fallen Angel
1978

Chronique de Firefly
Firefly
1977

Uriah Heep
Uriah Heep
Voir la page du groupe
Création : 1967
Genre : Hard Rock
Origine : Royaume-Uni




Groupes en rapport


Deep Purple
Deep Purple
Voir la page du groupe
Création : 1968
Genre : Hard Rock
Origine : Royaume-Uni

Concerts:
Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Dehumanizer
Dehumanizer
1992

Chronique de Tyr
Tyr
1990

Chronique de The Eternal Idol
The Eternal Idol
1987

Chronique de Seventh Star
Seventh Star
1986

Black Sabbath
Black Sabbath
Voir la page du groupe
Création : 1969
Genre : Heavy Metal
Origine : Royaume-Uni

Concerts:

Led Zeppelin
Led Zeppelin
Voir la page du groupe
Création : 1968
Genre : Hard Rock
Origine : Royaume-Uni


Queen
Queen
Voir la page du groupe
Création : 1970
Genre : Hard Rock
Origine : Royaume-Uni