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Chronique de Cosmovision

Nightmare  - Cosmovision (Album)

 6 
10

Rêve d'étoiles



Nightmare a été l'un des combos représentatifs du metal français dans la première moitié des années 80. Peut-être pas aussi populaire qu'un Warning ou qu'un Sortilège, mais accumulant assez de capital nostalgie pour faire monter les larmes aux yeux des plus nostalgiques d'entre vous. Aussi, la reformation de 1999, pour des raisons tragiques, aura ramené des sourires. Une série de concerts salués par la foule plus tard, Nightmare pouvait constater que la foule se déplaçait encore pour eux, et pas que la vieille génération : les fans de l'époque amenaient leurs gosses voir le groupe on stage et transmettaient ainsi symboliquement le flambeau. Un beau signe de reconnaissance.

Nightmare rentre alors en studio, accompagné de Terje Refsnes (Tristania, Sirenia) pour mettre en boîte son nouvel album studio. Et la force de Nightmare réside alors dans le fait que les musiciens sont parfaitement en phase avec le metal moderne, représenté à cette époque par des combos comme Angra ou plus simplement Rhapsody Of Fire.

Parce que sortir un album de vieux aurait été facile, mais également une grossière erreur. Ce serait faire chuter toute la pression, gâcher la fête de façon irrémédiable. Aussi, inutile de chercher une saveur proche du heavy des années 80, il n'en est pas question ici. Penchez-vous plutôt sur un metal puissant et racé, agrémenté de passages symphoniques traduits par de nombreux choeurs venant donner une couleur particulière à l'ensemble (différent du violet étrange de la pochette, rassurez-vous !).

L'album en lui-même tourne autour d'une civilisation sud-américaine, les Nazcas, lesquels sont liés dans l'idée à une forme de vie extra-terrestre. De quoi exciter les amoureux des Mystérieuses Cités d'Or. Et si la musique n'emprunte aucun code tribal que l'on aurait pu rapprocher de Sepultura ou Soulfly dans la démarche, elle déploie ses ailes avantageusement. Un heavy metal musclé, solide rythmiquement (David Amore est le digne frère de Jo !), qui met en avant un chant charismatique. Jo Amore avait déjà prouvé qu'il possédait une belle voix, il confirme ici tout le bien qu'on en pensait et de quelle façon ! Il est tout simplement magistral et s'impose comme l'un des meilleurs du genre en France, voire dans le monde, avec une voix au timbre très particulier, agréable à l'oreille. Les choeurs viennent gonfler des refrains bien amenés ou permettent à une introduction de se développer de belle manière. Et Nightmare prouve qu'il vit dans son époque, sans avoir à en rougir.

Cependant, le disque n'évite pas franchement le piège de la redondance. Les riffs ont tendance à être très proches stylistiquement parlant, les soli sont encore un peu timides, trop quelconques pour vraiment briller. Le fait que les morceaux les plus longs s'agglomèrent sur la fin de l'album provoque également un déséquilibre : les pièces les plus ambitieuses peinent à séduire l'auditeur qui n'a eu que des brulots efficaces à se mettre sous la dent juste avant. Une cassure donc, qui fait que le dernier quart d'heure semble durer plus longtemps et risque de provoquer un certain ennui.

Cosmovision, plus que Astral Deliverance, est l'album du come-back. Celui qui pose les prétentions de Nightmare. Encore maladroit par moment, pas toujours au même niveau qualitativement (le titre éponyme a placé la barre très haut, le solo de Patrick Rondat sur Spirits Of The Sunset a tendance à éclipser ceux des gratteux du groupe...), la formation montre toutefois qu'il va falloir compter avec elle, que le heavy metal français pouvait encore briller. Un coup de semonce, donc, avant la déferlante que sera Silent Room.



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