Après le superbe DVD Night Of Veles qui montrait un groupe au plus haut de sa forme et passionné par sa musique,
Arkona revient peu de temps après pour nous présenter son nouveau bébé, Goi, Rode, Goi !
Venu des contrées russes, le groupe ne jouit pas encore vraiment d’une renommée très populaire pour qui ne s’intéresse que de loin au Pagan/Folk. Mais avec un contrat chez Napalm en poche, le groupe pourra sans aucun doute rayonner sur l’Europe, et peut-être même jusqu’à faire de l’ombre à des groupes comme
Korpiklaani qui ne se renouvellent jamais.
Et ce contrat est une bien bonne aubaine car en plus de bénéficier d’une visibilité plus vaste dans le monde, la Miss Masha nous présente sans aucun doute un de ses meilleurs disques.
C’est au son des vagues agitées que commence ce nouvel album. Très vite, des tempos plus Death voire Thrash viennent se greffer et se mêler à des éléments folkloriques. Des guitares incisives et puissantes forment la base Metal de la musique d’
Arkona. Des instruments folkloriques riches et variés viennent donner cet aspect Pagan/Folk très agréable. Lorsque les aspects Metal et Folk sont combinés avec l’alchimie dont
Arkona a le secret, on obtient une musique émotionnelle qui nous transporte dans un monde où les valeurs ancestrales régissent une vie proche de la nature et où les croyances mystiques ont tout leur charme. Un monde loin de toute technologie abusive, un monde loin de la modernité corruptrice tout simplement.
C’est en tout cas dans les paroles que se manifeste ce néo-paganisme intègre et sincère auquel se livre la horde russe. Et quand il est mis en musique, il en ressort une essence à la fois festive et dansante comme sur Yarilo, mais on peut aussi avoir droit à des passages aux ambiances plus posées et introspectives, des ambiances que l’on retrouve avec joie chez des groupes comme
Hellveto ou Kroda par exemple.
Des morceaux plus progressifs comme Na Moey Zemle viennent s’imposer comme de véritables pièces épiques, longues et qui peuvent faire penser à certains disques de
Graveland ou de
Drudkh. Et quand on sait que des musiciens de Manegarm, Obtest, Menhir, Skyforger et
Heidevolk y ont participé, on sent toute la cohésion qui unit cette scène Pagan, avec des groupes de l’Est qui plus est. Et c’est justement cette cohésion qui se fait ressentir entre les musiciens sur les différents titres qui parsèment ce nouvel album. Une cohésion qui nous amène à une production précise et très professionnelle.
Au final, il en ressort un son très compact et efficace dans lequel les instruments folkloriques et les instruments typiquement Metal viennent donner le meilleur d’eux même pour ne former plus qu’un tout. Et c’est sans parler de la richesse du chant qui est à la fois varié et puissant, brutal et émotionnel quand il le faut, bref, un véritable travail est fait à ce niveau-là pour donner à l’album tout l’impact qu’il mérite.
Avec Goi, Rode, Goi,
Arkona signe là un album qui devrait rapidement s’imposer comme la pierre angulaire d’une discographie déjà imposante pour un groupe qui n'a que 7 ans d'existence, mais en devenir.
Arkona est un groupe avec qui il faudra désormais compter. Même si l’ensemble reste un peu trop linéaire par moment, on trouve vraiment de belles surprises dans ce disque intègre et ambitieux.