Cet album est sans doute l’un des albums les plus complexes et les plus ambitieux que je n’ai jamais écouté. Un concept album basé autour de l’humain, de la terre et de la vie,
The Corpse of Rebirth est une entité musicale à part entière, issue de l’esprit fécond d’un groupe au devenir déjà tout tracé.
A Forest of Stars, groupe anglais avec un membre de
My Dying Bride, pond ici un premier album remarquable, tellement surprenant qu’il est impossible de lui donner un style précis : folk metal, black metal, tous les styles semblent passer entre les mains de ces musiciens talentueux.
Dès le début, on est embarqué dans un voyage extraordinaire : l’entrée très folk metal de « God » fait immédiatement penser à du
Moonsorrow avant qu’une voix black metal possédée ne s’empare du titre pour le plonger vers l’étape ultime, s’en suit alors un terrifiant voyage où le black metal vient accompagner une rengaine au violon. Le final est quant à lui éblouissant avec une guitare black répétitive et entêtante. Sans conteste le meilleur morceau de cette pièce de choix.
Cependant, les musiciens ne font pas que jouer de la musique, on a le sentiment qu’ils vivent cette musique : ainsi certains passages sont sublimés comme sur l’intro de « Female » où piano et violon entament avec toute l’énergie du désespoir un cérémonial ô combien sublime (et qui rappelle
Virgin Black) ou encore ce passage black à la voix robotique proche d’un
Cynic sur l’excellent « Male ». Des innovations qui apportent beaucoup au travail d’
A Forest of Stars.
Alors bien sûr, on pourra reprocher au combo une œuvre désordonnée, des approximations et une certaine longueur de la production (cinq titres pour environ 65 minutes de musique). Néanmoins, il faut saluer le témoignage musical du groupe qui fait preuve ici d’un justesse remarquable, car en plus de s’inspirer de bons nombres de groupes issus du milieu,
A Forest of Stars parvient également à proposer sa propre analyse de la musique metal et produit ici une œuvre mystique, époustouflante et avant-gardiste qui rappelle ce qu’a pu faire
Ved Buens Ende en son temps.
Vous l’aurez compris,
The Corpse of Rebirth surprend et dérange. Il surprend dans le sens où il est riche, puisant dans tous les styles pour n’en ressortir que le meilleur ; il dérange dans la mesure où il ne présente pas réellement de barrières, d’où un certain désordre. A trop vouloir en faire, le groupe s’engouffre dans un monde où la cohérence semble avoir disparu, ce qui nuit à la structure musicale même de l’album. Reste cette saveur d’inachevé et d’imparfait.
Avec ce Corpse of Rebirth,
A Forest of Stars livre un témoignage poignant. Très avant-gardiste, cet album propose une vision globale du metal actuel. S’il reste des zones d’ombre à éclaircir, il faut au moins féliciter les anglais pour le travail accompli ici, et attendre mieux pour le prochain essai. Pour une première, c’est déjà bien.