Retour à l'accueil
Chronique
Chroniques :: Chronique de Seasons in the Abyss

Chronique de Seasons in the Abyss

Slayer  - Seasons in the Abyss (Album)

 9 
10

C'est trente deniers pour le pass ski.



Pour beaucoup de fans, le meilleur album de Slayer se situe forcément entre 1983 et 1990, soit l'âge d'or du thrash. Simple coïncidence ? Peut-être pas car avant que le death ne vienne s'imposer définitivement, le genre issu de la Bay Area était le métronome de la brutalité sur la scène metal. Si Reign In Blood semble toujours avoir la préférence de nombreuses personnes, ce Seasons In The Abyss est loin de laisser indifférent également. Il faut dire, il a les arguments nécessaires pour faire pencher la balance d'un côté comme de l'autre.

Ceux qui ont apprécié la leçon de brutalité que fut Reign In Blood à l'époque y trouveront leur compte à moitié, ceux qui on adhéré au discours plus construit de South Of Heaven accrocheront à l'autre moitié. Seasons In The Abyss, ce pourrait donc être un disque qui divise mais en ai, il tire sa force de ce qu'il prend de meilleur dans les deux mondes pour créer une espèce de synthèse, en totale osmose avec l'esprit Slayer de l'époque.

Encore une fois, c'est un Jeff Hanneman en état de grâce qui étale son talent tout le long de l'album. Le blond guitariste a parfaitement assimilé ses influences, partant du punk et du heavy metal, pour en arriver à un thrash modulé, mais sans concession. Il semble aussi à l'aise sur les tueries faîtes de vélocité, où Dave Lombardo donne une véritable démonstration de violence derrière ses fûts en alimentant les compositions de breaks et de contre-breaks dont lui seul a le secret que sur des mid tempos écrasant et angoissant. Entre War Ensemble et Dead Skin Mask, nous nous retrouvons dans deux univers très différents. Le premier porte la marque d'un radicalisme brutal, sur lequel Tom Araya donne de la voix, hurlant plus que chantant, mais de manière compréhensible. Dans le second univers, on est littéralement pris aux tripes par une ambiance des plus malsaines, qui nous happe pour nous entraîner dans les tréfonds de l'horreur. Deux styles, deux facettes d'un groupe unique qui s'affrontent sur le même disque en parfaite harmonie. Paradoxal ? Pas tant que ça. Slayer a juste progressé, profitant de son expérience et de la capacité d'Hanneman à ne pas camper sur ses positions.

Seasons In The Abyss est une porte ouverte vers les Champs Elysées. Pas ceux de Paris, ceux de la mythologie, sombres et peuplés de morts, avec une vision macabre très proche de ce que l'on retrouve dans Hellblazer : occulte, morbide, anesthésiant. Les compositions rapides et brutales ne se succèdent pas, il y a une intermittence entre la force et le malaise, qui lui est toujours plus posé. Un contraste puissant, qui ne fatigue jamais tant il met l'auditeur en condition. La fin de Dead Skin Mask est lugubre à souhait, l'étrange Skeletons Of Society ne l'est pas moins avec ses refrains discordants.

C'est à force d'écoutes répétés que l'on comprend toutes les subtilités d'un tel disque et surtout, tout le travail nécessaire pour en arriver là. Terminer la ligne directrice, Slayer s'émancipe de son passé. Entre la brutalité sans faille de Reign In Blood et l'aspect plus policé de South Of Heaven, Slayer a tranché et ce sera le juste milieu pour proposer un album sans les quelques ailles des deux précédents. Et c'est peut-être pour cette raison que certains pensent qu'il s'agit du meilleur opus e la bande de Kerry King.

A l'époque où Megadeth inventait le thrash commercial, où Testament, Exodus et Anthrax s'enlisaient doucement et où Metallica s'apprêtait à faire du heavy metal, Slayer revient avec son disque le plus aboutit et offre là la gifle la plus concrète qu'il pouvait infliger à ses fans. En Europe, seul Kreator semblait encore en mesure de pouvoir rivaliser avec les américains. Une question reste sans réponse : comment Slayer a-t-il pu laisser s'échapper un trône qui lui était quasiment promis ?

 9 
10

Slaytanic



Seasons In The Abyss... Comment faire une chronique sur cet album sans évoquer ses illustres prédécesseurs, South Of Heaven et surtout Reign In Blood? On ne peut pas vraiment, vu que ce nouvel opus de Slayer est à mi chemin entre les deux, que ce soit dans le degré de violence ou dans la qualité des compos : le rythme s'accélère sans pour autant atteindre la frénésie de Reign, l'inspiration est au rendez vous, King et Hannemann savent toujours trouver ces espères de déchirements sonores qu'il faut utiliser pour faire un solo efficace et Araya hurle toute sa haine (bon, pseudo haine, mais c'est pas grave) contre la chrétienté. C'est donc du Slayer pur et dur. Pur et dur est un slogan qui va bien à Slayer d'ailleurs.

Bref, qu'en est-il plus explicitement des nouvelles tueries de l'un des groupe de Thrash les plus intenses qui soit? Et bien d'abord, je vais vous surprendre en disant que Lombardo martèle ses futs comme un fou. Ce gars a vraiment le coup pour coller des rythmes aux riff, faisant ainsi remuer notre cher petit cou qui ne demande que ça. Lombardo se retrouvait dans le top 3 de quasiment tous les sondages des meilleurs batteurs de Metal de l'époque, et sur cet album, il est à la hauteur de sa réputation, vraiment. Ça sonne très mécanique, mais quoi de mieux pour un groupe aussi carré que Slayer?

Les gratteux, bien sur, continuent dans leurs styles, et même si on a plus l'impression (propre à Slayer) d'écouter un bruit de tronconneuse qui découpe un morceau de Metal, ça reste incisif et ça tape à en faire saigner là ou ça fait mal. Pareille pour les riff bourrés de feeling et de rythmiques bétons. Quant à Araya, il n'a pas perdu sa voix de démon, c'est une voix de Thrasheur très classique mais ça suffit pour ce qu'il y a à faire : gueuler, et parfois, se concentrer sur les mélodies agressives et presque sarcastique (même si les mélodies "sarcastiques" restent la spécialité de Megadeth, Slayer n'est pas mauvais dans le genre quand il s'agit de descendre la religion). Quand à la basse, elle fait ce qu'elle a à faire.

Globalement, l'album est plus posé, comme je le disais plus haut, que Reign In Blood. Plus mature. Quelques morceaux mis à part, la qualité de cet album repose plus sur le mélange entre rythmiques frénétiques et ambiances malsaines (à la South Of Heaven donc) que sur le coté jusqu'au boutiste et extrême de Reign In Blood. (Parce que Reign In Blood était violent, vraiment violent, bien plus violent que n'importe quel Panzer Division Marduk). Ici, il y a des mélodies, sur Seasons In The Abyss par exemple ou sur Dead Skin Mask et son refrain chanté par un enfant (bien malsain ça aussi, on dirait un rituel ou une prière), et rien que la présence de ces mélodies et passages plus posés enlèvent de la violence à l'album, en comparaison avec Reign In Blood (encore et toujours) qui envoyait sévère du début à la fin sans temps mort.

Slayer reste malgré tout au top avec cet album, il a trouvé son style, réussit à installer des passages noirs entre des morceaux violents, et reste terriblement headbangant et inspiré. Pas grand chose à dire de plus donc, Slayer est un très grand groupe, même si il se cassera très grandement la gueule par la suite, et Seasons In The Abyss représente un sommet dans sa discographie. Pas étonnant que les Slaytanic soient bargeots de leur groupes favoris, et puis honnêtement, on l'est tous un peu quand on entend autant de pureté (et de dureté) dans le Metal...

Les Plus :

- Du Slayer à l'état pur (et du Metal à l'état pur d'ailleurs)
- Concis
- Des passages assez malsains
- Headbangant à souhait

Les Moins :

- On aurait préféré encore plus de folie

(0) Modifier l'article
par Int, le 29 mai 2008
Voir toutes les chroniques de Int
561 lectures


Chroniquer cet album

Avis des chroniqueurs :    
Prométhée NanoRoux  



Chronique précédente

Tout

Chronique suivante


Commentaires


Mon préféré de Slayer, reprenant le meilleur de Reign et de South. Très complet, une oeuvre d'art. Dommage que le double live qui suit a un son de chiottes en revanche...
mar. 26 août 08- 21:58  
Oh joie à sa sortie ! Mon préféré également. Note tout à fait méritée à mon sens mon cher.
mer. 17 nov. 10- 22:17  

Seasons in the Abyss - Infos

Voir la discographie de Slayer
Infos de Seasons in the Abyss
acheter sur Amazon
Sortie : 9 octobre 1990
Genre : Thrash Metal
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. War Ensemble (04:52)culte !culte !listenparoles de War Ensemble
2. Blood Red (02:50)à écouter en premierparoles de Blood Red
3. Spirit in Black (04:07)culte !culte !paroles de Spirit in Black
4. Expendable Youth (04:10)à écouter en premierparoles de Expendable Youth
5. Dead Skin Mask (05:17)culte !culte !listenparoles de Dead Skin Mask
6. Hallowed Point (03:24)à écouter en premierparoles de Hallowed Point
7. Skeletons of Society (04:41)listenparoles de Skeletons of Society
8. Temptation (03:26)paroles de Temptation
9. Born of Fire (03:08)paroles de Born of Fire
10. Seasons in the Abyss (06:32)culte !culte !écouterlistenparoles de Seasons in the Abyss
écouter : Ecouter l'album



Slayer

Slayer
Slayer
Voir la page du groupe
Création : 1981
Genre : Thrash Metal
Origine : États-Unis

Concerts:
Rapports de concerts:



Groupes en rapport


Albums chroniqués :
Chronique de Stomp 442
Stomp 442
1995

Chronique de Stomp 442
Stomp 442
1995

Chronique de Persistence of Time
Persistence of Time
1990

Chronique de State of Euphoria
State of Euphoria
1988

Anthrax
Anthrax
Voir la page du groupe
Création : 1981
Genre : Speed Metal
Origine : États-Unis

Concerts:
Rapports de concerts:

Megadeth
Megadeth
Voir la page du groupe
Création : 1983
Genre : Thrash Metal
Origine : États-Unis

Concerts:
Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Death Magnetic
Death Magnetic
2008

Chronique de The Day That Never Comes
The Day That Never Comes
2008

Chronique de St Anger
St Anger
2003

Chronique de St Anger
St Anger
2003

Metallica
Metallica
Voir la page du groupe
Création : 1981
Genre : Thrash Metal
Origine : États-Unis

Concerts:
Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Bonded by Blood
Bonded by Blood
1985

Exodus
Exodus
Voir la page du groupe
Création : 1980
Genre : Thrash Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Grim Scary Tales
Grim Scary Tales
2011

Macabre
Macabre
Voir la page du groupe
Création : 1984
Genre : Death Metal
Origine : États-Unis

Concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de The Gathering
The Gathering
1999

Chronique de Demonic
Demonic
1997

Chronique de Low
Low
1994

Chronique de Return to the Apocalyptic City
Return to the Apocalyptic City
1993

Testament
Testament
Voir la page du groupe
Création : 1983
Genre : Thrash Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:

Albums chroniqués :
Chronique de Hordes Of Chaos
Hordes Of Chaos
2009

Chronique de Violent Revolution
Violent Revolution
2001

Chronique de Endorama
Endorama
1999

Chronique de Outcast
Outcast
1997

Kreator
Kreator
Voir la page du groupe
Création : 1982
Genre : Thrash Metal
Origine : Allemagne

Rapports de concerts:

Marduk
Marduk
Voir la page du groupe
Création : 1990
Genre : Black Metal
Origine : Suède

Rapports de concerts: