J'ai pas trop d'explications pour le titre de la chronique, n'en cherchez pas, et essayez de passer directement à la chronique comme si je n'avais pas eu un manque d'inspiration pour intituler cette nouvelle analyse.
Manque d'inspiration que
Slayer n'a pas eu au moment de la composition de ce "
South Of Heaven".
D'abord, prenons en considération l'album précédent,
Reign In Blood, adulé quasiment partout, dans le cœur des Metalleux, dans leurs oreilles, dans les forums ou ça parle Metal, dans les magazines, dans les webzines, et même dans les chroniques des autres albums de
Slayer.
South Of Heaven succède à cet album culte, et le fait avec classe, car on est ni dans la panne d'inspiration, ni dans l'autoplagiat bête et méchant. On va dire que le style est le même, sauf qu'il s'est considérablement ralenti, et que les ambiances malsaines sont bien plus présentes. Le changement s'avère efficace, puisque
South Of Heaven est quasiment aussi headbangant que son prédécesseur. Et puis après s'être brisé le cou sur les rythmes endiablés de
Reign In Blood, c'est agréable de remuer la tête à un rythme inférieur à 350 BPM.
Dave Lombardo transcende le disque qui n'aurait jamais été aussi bon avec un batteur humain. Le tempo se ralenti et c'est l'occasion de voir ce que ce tueur est capable de faire lorsqu'il ne tape pas des rythmes frénétiques bourrinement. Et ce qu'il arrive à faire, c'est faire se basculer d'arrière en avant la tête de l'auditeur à lui seul, comme ça, même sans instruments. Impressionnant de maitrise, vraiment, Lombardo est au sommet de son art. Il sait quoi utiliser, quand l'utiliser, et nous prouve qu'avec seulement une batterie, on peut distinguer les morceaux les uns des autres. Sans négliger, bien sur, les grosses accélérations frénétiques et Thrash propre à
Slayer.
Toutefois, n'écouter que la batterie dans
South Of Heaven serait une faute car les riff restent très inspiré et très Slayerien. Et bien sur, on a toujours notre Tom Araya, qu'il ne faut pas oublier, qui dégueule toujours ses vocaux rauques et haineux. Du coup, l'alliance des riff inspirés, des vocaux et de la batterie, c'est encore à des grosses séances de air guitar, de air drums et de jeux capillaires auxquels l'auditeur est convié. En live de préférence. Et si il ne peut pas en live, dans sa cuisine, dans son auto, quand il mange, quand il pisse, peu importe, mais toujours, exprimer sa fièvre Metallique en hommage à
Slayer, et, en l'occurrence, à
South Of Heaven.
Bon, ça c'est pour les effets secondaires (auxquels je subis apparamment toujours les symptômes). Maintenant, parlons quand même du fond de l'album. La musique est toujours antireligieuse (pas grave, c'est ça qui motive la rage de
Slayer) et globalement, c'est plus malsain que sanglant, plus froid que frénétique, plus posé que taré, mais toujours aussi incisif et précis. Les riff sont, comme on l'a dit, inspirés, c'est du
Slayer grande époque, pas de changement de ce coté la. En fait on peut juste noter ce ralentissement de rythme (réussi) et ces quelques ambiances malsaines (qui seront toujours exploitées avec
Seasons In The Abyss) très réussies également.
Notons une reprise de
Judas Priest, ma foi pas inintéressante, mais moins bonne que l'originale (Dissident Aggressor)
Achetez le donc. Après
Seasons In The Abyss, peut être (je parle pas de
Reign In Blood que vous avez déjà obligatoirement, au risque de vous faire expulser de n'importe quelle communauté Metal à grand coup de pied au cul), mais achetez le.
Les Plus :
-
Slayer réussi son ralentissement de rythme
- Lombardo a le rôle le plus important de sa carrière dans
Slayer avec cet album
- Quelques morceaux bien malsains
- Toujours des gros passages Thrash
Les Moins :
- La reprise de Priest transcende pas le morceau, c'est juste un hommage sympa
- C'est quand même moins taré que sur Reign In Blood