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Chronique de Winterheart's Guild

Sonata Arctica  - Winterheart's Guild (Album)

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La guilde des faussaires



Le paradoxe avec Sonata Arctica réside dans le fait qu'en proposant des albums plus faibles que Ecliptica, sa côte de popularité ne fait que grimper. Successor a été couvert d'éloges, Silence a enfoncé le clou et le disque live Songs Of Silence n'a pas émoussé l'enthousiasme des fans. Et pourtant, certains grognent leur mécontentement et il semblerait que la formation finlandaise elle-même cherche un retour aux sources.

Le claviériste Mikko Härkin a quitté le navire après la tournée mondiale de Silence, sans animosité, et Tony Kakko a récupéré bon gré/mal gré les synthés. Cela n'explique pas franchement pourquoi Winterheart's Guild est plus direct, même si certains verront en cette configuration proche de Ecliptica une raison des plus valables. Toujours est-il que l'approche est franche, avec des titres plus courts, qui étonnent parfois par leur côté abrupt dû à des absences d'introduction.

Et le groupe appuie sur l'accélérateur d'entrée de jeu, avec un Abandonned, Pleased, Brainswashed, Exploited virulent, rapide et efficace même si la batterie manque toujours significativement d'imagination. Le chant de Kakko est rageur ; jamais il ne se sera montré aussi agressif. Gravenimage fait un clin d'oeil à la période de Silence : composition plus ambitieuse, qui monte tranquillement en puissance avant d'exploser littéralement, elle n'aurait pas dépareillé sur l'opus précédent et aurait même pu en devenir un des titres phares, comme elle le fait ici. Le chant de Kakko est alors plus posé, il ne pousse pas sur la voix, ce qui deviendra une constante. Après réflexion, il a estimé que de partir à la recherche des aigus n'était pas une option satisfaisante vu les problèmes que cela lui posait durant les concerts. Aussi, on commence à apprécier son style, même sur les morceaux les plus rapides.

Cette fois-ci, la guitare a un espace plus développé. Le clavier est en retrait et même si Jens Johansson (Stratovarius) est invité sur quelques titres, ses interventions se font surtout remarquer lors de soli enfiévrés dont lui seul à le secret. De ce point de vue, Winterheart's Guild est un album équilibré, l'un des plus équilibrés de Sonata Arctica. Et pourtant, il a du mal à mettre ses auditeurs à terre. Peut-être parce que l'ensemble est en définitive trop classique, qu'il n'y a aucune surprise. Autant Silence avait intrigué, plu ou déplu avec sa grande variété, autant celui-ci est prévisible, à part Gravenimage. Il est possible de prévoir quand interviendront les ballades, quand le groupe va faire une pause avec un mid tempo séduisant mais déjà entendu, quand il va envoyer la sauce avec conviction. Là où la formation prend tout le monde à contre-pied, c'est en n'achevant pas l'album sur un long morceau aventureux à l'image d'un Destruction Preventer ou d'un Power Of One. La grosse innovation étant de mettre quarante secondes de ghost track inutile avant quatre minutes de silence...

Bien sûr, pour certains, ce ne sont que de menus détails et cela ne les empêchera pas d'adorer ce disque. C'est compréhensible. Les déçus de Silence rentreront également plus facilement dans ce disque et le savoureront. Les amateurs de toute la scène speed mélo à la finlandaise y trouveront largement leur compte. Les plus exigeants en revanche resteront un peu sur leur faim : Sonata Arctica joue la carte de la sécurité et n'ose pas s'exprimer franchement. Dommage, ils ont pourtant toutes les cartes en main pour changer la donne.



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