Faut quand même être sacrément gonfler pour sortir un live après un album et demi. Et encore ! Hauting The Chapel ne contient que quatre petits titres (mais quels putains de titres, je vous l'accorde). Disons que la matière tend encore à manquer, que les classiques sont encore en train d'être définis, que
Kerry King apprend encore à tenir sa guitare... Pourtant,
Slayer franchit allègrement le pas avec ce Live Undead à la pochette qui fleure bon le cinéma gore du début des '80. Bref, un disque qui s'inscrit indiscutablement dans son époque.
En écoutant Live Undead, on se dit immédiatement que
Slayer jouait à cette époque devant 50 personnes et qu'il se donnait vraiment à fond devant ce public disparate. L'interprétation de morceaux, issus pour la plupart de
Show No Mercy, en toute logique. Plusieurs histoires circulent quant à la véracité de ce live, beaucoup tendent à définir l'arnaque d'un tel produit. Bref, entre les prises studio devant des amis complètement acquis à leurs cause et des prise live pour une radio avec des bruits de public savamment ajoutés par la suite, les sources et les opinions diverges. Un détail marrant concerne le fait que Kerry King soit un grand fan de
Judas Priest et que
Unleashed In The East se trimballe toujours la réputation de live de studio. De là à faire un lien de causalité... l'envie est trop tentante !
Slayer, on le sait, c'est une machine de guerre. Enfin, à cette époque. Un véritable rouleau compresseur qui allait marquer au fer rouge les années 80 avec son thrash incisif et violent. Pour l'instant, il n'est qu'un solide espoir, qui s'est vu ravir la place de leader du mouvement par un
Metallica plus fin dans sa démarche. Mais sur scène (ou dans cette impression d'ambiance live, au choix),
Slayer est meurtrier : morceaux speedés à l'extrême, ambiance et matraquage punk de circonstance, violence musicale palpable, chant rageur de la part d'un
Tom Araya qui savait se montrer inquiétant en chantant des paroles complètement débiles. Ce n'est pas puisqu'il s'agit de
Slayer qu'on peut tout leur pardonner...
D'ailleurs, le côté "douteux" du produit n'est pas le seul défaut de la galette. Celui, là, on pourrait s'en moquer complètement, à la limite; Mais comme dirait Joséphine, pardon, Kerry King, la prod est nulle. Les deux guitares ne sont pas au même niveau, le son est brouillon au possible, il manque parfois de puissance. Cela fait un petit peu bouillie sonore par moment, les soli sont souvent noyés dans la masse et deviennent franchement anecdotiques.
Mais bon, on n'a pas franchement envie d'être méchant avec
Slayer. Pas à cette époque, pas encore. Le produit est passable, il est même complètement inutile vu que Decade Of Agression l'a depuis largement remplacé et plongé dans l'oubli presque total. Pour le fan, donc et c'est encore mieux quand on trouve la version couplé à l'EP Haunting The Chapel, qui lui est essentiel, pour quatre malheureux titres. Bref, quitte à investir, autant investir de façon logique et pragmatique.