Ah !
Scorpions et ses pochettes admirablement suggestive. Derrière cette ironie à peine déguisée se cache une certaine critique, aussi bien envers le groupe que pour ceux qui fustigent les rappeurs pour le côté sexiste des clips.
Scorpions, dans la suggestion, était pas mal, quand ils n'allaient pas plus loin comme le prouve l'original de Virgin Killer, carrément tendancieuse et limite gerbante. Bref, c'est encore une jaquette d'un goût exquis que nous propose les Scorps qui feront heureusement bien mieux par la suite, mais ça, c'est une autre histoire.
Lovedrive, qui introduisait le guitariste
Matthias Jabs, était tout simplement remarquable, ce qui n'était pas gagné d'avance après le départ de
Uli Jon Roth qui était une espèce de maestro pour
Scorpions. En changeant de ton, limite de direction musicale, les musiciens ont pris un risque qui a fini par payer. Sur Animal Magnetism, le groupe essaye de répéter la même recette, malheureusement sans le même succès. Ce n'est pas franchement de leur faute, même si se reposer sur ses lauriers peut être une erreur grave à ce niveau. Mais cette fois-ci, ça leur réussit moins. On retrouve cette même volonté de bien faire, mais les morceaux sont plus faibles, à de rares exceptions près.
Pourtant, cela commence plutôt bien, avec un
Make It Real de bon aloi, agressif juste ce qu'il faut, bien mené d'un point de vue vocal par un
Klaus Meine en verve. Ce morceau allie le sens de la mélodie cher à
Scorpions et ce talent pour apporter la puissance tout azimut, et l'ouverture est tout simplement idéal. Hélas, la suite ne parvient pas à atteindre ce niveau. Comme si les musiciens y allaient à tâtons. Il n'y a pas cette sérénité que l'on trouve sur Lovedrive. Le groupe est conscient que la barre a été placée haute et que simplement espérer réussir à faire presque aussi bien allait s'avérer être difficile. Ils se mettent une pression et le résultat est logique : timoré,
Scorpions peine à trouver la bonne formule, celle qui a su séduire un an auparavant. Aussi, l'album se traîne un peu en longueur, il manque de panache, la longue ballade
Lady Starlight est bien mignonne, mais elle n'a pas le cachet habituel, comme un chef qui à force de répéter inlassablement la même recette s'est perdu dans sa suffisance.
On ne se trouve pas forcément face à un mauvais album. Il manque jusque cruellement de panache et ne parvient ps à accrocher tout à fait l'auditeur qui passe un bon moment sans pour autant prendre son pied. Distrait, il ne se remémorera pas les titres, assez banals et sans de vrai profondeur, jusqu'au final somptueux conclut par
The Zoo et le morceau titre qui deviennent d'un coup flamboyant, qui apportent une espèce de bouquet inattendu, une saveur nouvelle qui ne vient pas caresser les papilles, mais les tympans des auditeurs. Et on se dit que les
Scorpions deviennent menaçants, qu'ils braquent enfin le dard, mais bien trop tard. S'ils avaient été tout du long ainsi, imaginer la teneur de l'album laisse un goût amer.
Animal Magnetism est un disque sur lequel le groupe se montre timide, où il n'ose pas et c'est assez affligeant quand on sait de quoi les Allemands sont capables. Comme s'ils se prenaient deux ans plus tard le retour de bâton du départ de Roth des rangs. Ce n'est pas évident à gérer, et cela mêlé au succès, ce n'est pas évident à gérer. Sans être un coup dans l'eau, ce n'est pas un coup d'éclat. Mais les
Scorpions sont des insectes remarquables, il ne faut surtout pas les sous-estimer.