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Chroniques :: Chronique de Lovedrive

Chronique de Lovedrive

Scorpions  - Lovedrive (Album)

 9 
10

Chewing gum story



Peu de personnes misaient sur Scorpions après le départ de Uli Jon Roth qui avait propulsé le groupe vers la gloire. Tokyo Tapes sonnait presque comme le testament scénique du premier groupe allemand à avoir su franchir durablement les frontières germaniques. Le remplacé du guitariste par Matthias Jabs, un illustre inconnu, n'était pas forcément pour rassurer, quand un éventuel retour de Michael Schenker, petit frère de Rudolf, qui avait connu la gloire avec UFO, était évoqué. Si on retrouve le frangin sur quelques titres, il faut bien se dire qu'il n'est pas présent sur la totalité de cet album.

Lovedrive a une pochette pour le moins douteuse. Le coup du chewing gum a quelque chose de grotesque et de pas très fin, mais depuis He's A Woman - She's A Man, qui pour rappel avait provoqué la colère et le départ de Roth, on avait l'habitude. Mais quand on place le disque dans le lecteur, l'impression est toute autre.

Scorpions a modifié son style, le son est différent. Sans Roth, les délires psychédéliques n'ont plus lieu d'être et le groupe devient plus rugueux, plus incisif, il entre dans une optique plus heavy metal. Loving You Sunday Morning(/i] et [i]Another Piece Of Meat donnent le la. C'est plus lourd, plus puissant. Jabs n'a pas le touché magique de son prédécesseur, mais il livre des soli plus simples et plus directs, qui collent parfaitement aux chansons, bien menées par un groupe qui n'a pas sacrifié pour autant la mélodie au profit de l'efficacité. On est plutôt dans le meilleur des deux mondes, les deux faces du groupe savent se marier à la perfection au sein d'un même titre (encore une fois, mention spéciale à Loving You Sunday Morning). Klaus Meine a encore fait des progrès au chant, sa voix est tout simplement magnifique sur les parties les plus posées et il sait faire montre d'une agressivité bienvenue quand le besoin s'en fait sentir.

Album court, mais album foudroyant de bout en bout, il n'est pas qu'une offrande au heavy metal. Les Scorps prennent également quelques risques en se frottant au reggae sur Is There Anybody There ? pour un résultat plutôt convainquant. là encore, ce n'est pas un reggae pu. On y retrouve la rythmique et la guitare qui sait se faire gentiment agaçante, mais derrière, il y a également une seconde guitare qui fait parler la poudre au bon moment, pour donner du relief à un titre risqué. Et que serait un album des Scorpions sans la ballade qui tue ? Ici, c'est Holiday qui assume cette lourde charge et une fois encore, la formation teutonne fait preuve de finesse et de justesse. La guitare, en retrait est bien présente et c'est toujours Meine qui éblouit par sa performance vocale de haut vol.

Compact et racé, Lovedrive prouve qu'il y a une vie après Uli Roth. Les Scorpions livrent là un de leur meilleur album, propulsé par une série de morceaux appelés à devenir des classiques, fréquemment joués et connus de tous sans le matraquage radio que connaîtra Still Loving You quelques années plus tard. Un disque qui montre que le dard de la bête est effilé et qu'elle est prête à s'en servir. Un incontournable du genre et un must have pour tous les fans de heavy metal.



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