The Day Will Come est le premier album du groupe francilien
Falkirk, paru en 2001. Le nom du combo ainsi que la pochette du disque indiquent clairement que l'on va avoir affaire à ce que l'on appelait à cette époque du "true metal". Bref, ceux qui ont adoré voir la paire de fesses de Mel Gibson dans Braveheart auront tout de suite tilté face à ce patronyme qui fait évidemment référence à cette bataille qui opposa les Ecossais aux Anglais, et non à la ville ou à son club de football. Les autres auront compris que ça allait lorgner dans la direction du revival heavy metal en lorgnant la bougie et le dragon sur la jaquette.
Et effectivement,
Falkirk ne trompe pas son monde en s'ingéniant à livrer une prestation hors contexte. Les amateurs de
Iron Maiden et de
Hammerfall avanceront du coup en terrain connu, un grand sourire aux lèvres, à l'écoute de cet album fait de deux parties distinctes.
La première jouit d'une production à peu près potable. Pas de quoi pavoiser, ça sent le manque de moyens et l'artisanal. Heureusement, les musiciens sont assez talentueux pour ne pas être coupés dans leur élan par ce détail d'importance. Le heavy développé par les Parisiens ne se contente pas de rester terre à terre, il prend des intonations épiques. Un soin particulier a été apporté aux choeurs, nombreux, qui dynamisent l'ensemble durant des refrains à scander à tue-tête. Avec une batterie carrée, une basse galopante et une paire de guitaristes qui affichent des qualités évidentes entre les passages rythmiques ou solo,
Falkirk a une base saine et se lance dans des compositions longues, ambitieuses, avec quelques changements de rythme bienvenus. Le chanteur, s'il n'est pas mauvais, rentre en revanche dans le moule de tous ces hurleurs de heavy metal moderne, à la
Joacim Cans, sans avoir ce petit plus qui le ferait sortir du lot. Et si on peut s'endormir un peu sur le morceau-titre et ses neuf minutes, des compos comme
Mighty Jewel,
Stormmaker ou encore
Fell Ashamed sauront capter l'attention.
La seconde partie ne concerne que deux titres,
No Place To Run et
From Stirling To Falkirk, tiré de la première démo du groupe en 1999. Même si le verso de la jaquette indique que les morceaux sont remasterisés, impossible de ne pas grincer des dents face à ce son brouillon, incroyablement faible, qui tranche avec les tentatives du groupe sur la première partie pour avoir un résultat convenable. Là, oui, ça frise l'amateurisme et le fait d'avoir proposé ces titres sans les avoir réenregistrés (budget, budget...) est malheureusement préjudiciable à l'avis général, surtout quand on se rend compte que malgré quelques imperfections,
From Stirling To Falkirk avait de quoi devenir un hymne épique par excellence. Or il est juste assez difficile de réellement se plonger dedans.
Avec
The Day Will Come,
Falkirk était présenté comme l'avenir du heavy metal français. Et il est écoeurant de se dire que tel aurait pu être le cas avec une maison de disque capable de faire son boulot correctement et de miser sur les Parisiens. A présent, il est trop tard, le groupe a splitté en 2008. Et ce premier disque, qui sera suivi de deux autres, résonne de promesses fabuleuses. Mais la bataille a tourné court. Vae Victis.