Primal Fear revient début 2001 avec un nouvel album, Nuclear Fire et un nouveau guitariste en la personne de
Henry Wolter en lieu et place de
Tom Naumann. Et une autre nouveauté, le chanteur
Ralf Scheepers annonce , preuve à l'appui, sa candidature au titre de clone officiel de Mr Propre. C'est donc à un
Primal Fear new look auquel nous avons à faire et il ne reste plus qu'à glisser le disque dans la platine pour savoir à quelle sauce on va être mangé.
D'entrée de jeu, on constate que le groupe appuie sur l'accélérateur sans garde-fou pour éviter la sortie de piste. Là où
Jaws Of Death se voulait un album plus réfléchi, qui prenait le temps de se développer au gré de mid tempos classiques mais efficaces, Nuclear Fire en est l'antithèse. Le mot d'ordre est "vitesse". Les riffs de guitares déboulent à cent à l'heure, guidés par une batterie métronomique et parfois agaçante en cela qu'elle manque totalement de finesse. Du bourrin, donc, qui donne lieu à de furieuses séances de headbanging à mesure que se déroule le disque.
Dès
Angel In Black il apparait clairement que
Primal Fear s'est dopé. Sans même une intro de mise en bouche, les musiciens tranchent dans le lard avec une férocité nouvelle et pas franchement désagréable. Ralf Scheepers, allégé de ses cheveux (enfin, avec tous ses muscles, ça ne devrait pas faire une grande différence...), emprunte des tonalités proches de celles de Rob Halford de l'époque de Painkiller, un chant aigu et haché, virulent, qui sait s'effacer pour laisser place à une filet de voix plus posé et agréable, grâce à des intonations assez particulières dont Scheepers a le secret.
Kiss Of Death, le second morceau, pose d'ailleurs rapidement un cas de conscience : l'intro ressemble un peu trop à un copié-collé de celle de
Hell Patrol du Priest pour être foncièrement honnête. Ce cas de figure se répète,
Primal Fear singe à la perfection
Gamma Ray sur le morceau-titre par exemple. Le groupe n'était déjà pas bien original, s'il se met à pasticher ses ainés...
Heureusement,
Primal Fear sait quand il faut donner un coup de pouce au destin. Si
Back From Hell over speedé a tout du morceau coup de poing destiné à faire très mal sur scène, un titre comme
Bleed For Me en étonnera plus d'un. Ballade musclée (ben oui, Scheepers au chant...), où les guitares ne sont jamais loin, avec un groupe navigant sur la corde raide, prêt à se livrer à un déluge d'agressivité mais parvenant à se maîtriser tout du long. Surprenant, dans le bon sens du terme. On ne peut pas dire la même chose de
Living For Metal, qui se veut un hymne du genre pour le genre, et qui en définitive fait grincer des dents. C'est limite fadasse et peut-être que ça arrivera à stimuler un fan de
Manowar en manque de testostérone. Une mauvaise conclusion pour un disque qui navigue entre des hauts qui s'affirment et des bas à oublier.
Avec Nuclear Fire,
Primal Fear aurait pu frôler la correctionnelle, mais le groupe s'en sort bien. Même si on a la désagréable impression d'écouter un combo sans grande identité, le savoir-faire des musiciens réussit à leur faire éviter les écueils. Plus rapide qu'un
Jaws Of Death donc, mais également moins jouissif au bout du compte.