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Chroniques :: Chronique de Hermeticum

Chronique de Hermeticum

Daemonarch  - Hermeticum (Album)

Quand Moonspell joue du black...



Quand les gars de Moonspell décident de revenir à leurs premiers amours, le black-metal, ça donne Daemonarch. Ce groupe, ou plutôt ce projet (puisqu'il n'a pas pour vocation de perdurer) a sorti ce Hermeticum en 1998, la même année que l'étrange Sin Pecado de vous-savez-qui. Et oui, quand Fernando et sa bande s'assagissent avec Moonspell, c'est Daemonarch qui reprend le flambeau d'un black haineux à tendance gothique, non sans rappeler les tout débuts de la formation.
Et quand on connaît les origines musicales du combo, on ne peut que s'attendre à un brulôt efficace et puissant!


Le visuel d'Hermeticum est à l'image de la musique proposée: sombre, inquiétant, l'artwork donne le ton d'emblée. De nombreux symboles étranges parsèment l'artwork, phénomène renforçant ce sentiment d'immersion totale dans l'univers incroyablement froid et haineux des portugais.

"Lex Talionis" s'ouvre sur une intro rappelant Immortal, puis les grattes se font entendre. Immédiatement, le son fait penser à du Moonspell bodybuildé, le chant haineux de Fernando n'étant pas sans rappeler les démos black-metal du groupe... Du blast, des claviers omniprésents et inquiétants, des hurlements damnés... Les musiciens ont bouffé du lion!

La brutalité est bien plus présente que chez Moonspell, "Of A Thousand Young" et "Saniyasa" sont de vraies bombes de black-metal! Et comme pour parfaire le tout déjà si excellent, des nappes de clavier viennent s'ajouter aux compositions, donnant une profondeur non négligeable à des morceaux qui n'en demandaient pas tant. La dimension inquiétante de Daemonarch en devient alors bien plus grande, la superposition des grattes sur les claviers augmentent sensiblement l'impact de titres comme "Corpus Hermeticum" ou encore "The Seventh Daemonarch". Enfin, des solos viennent s'imbriquer logiquement dans les morceaux, qui ne descendent jamais sous la barre des quatre minutes. Evidemment, la patte de Ricardo est absolument reconnaissable: ses solos rappelent fortement l'ambiance propre à Moonspell.

Malsain, brutal et mélodique, voici les dénominateurs communs des neuf morceaux de Hermeticum. "Incubus", "Nine Angels" ou encore "The Seventh Daemonarch" sont autant de titres significatifs de cette constatation. Mais Daemonarch ne se contente pas d'envoyer le boulet sans raison, puisqu'on peut retrouver des morceaux plus "calmes", plus atmosphériques et mélodiques ("Corpus Hermeticum", "Hymn To Lucifer", très proche d'un certain "Vampiria"). La variation entre les morceaux couillus et ceux plus atmosphériques permet d'empêcher ce sentiment de lassitude, si présent dans le style. En guise de cerise sur le gâteau, une petite reprise de Bathory, "Call From The Grave"!
C'est clair, Hermeticum est un vrai petit bijou de black mélodique!


Au final, même si ce penchant black-metal de Moonspell caractérisé par Daemonarch a pu passer inaperçu dans nos contrées, difficile de ne pas reconnaître le talent des portugais! Ces derniers nous étonnent une nouvelle fois avec neuf morceaux parfaitement exécutés, où la puissance côtoie l'occulte dans un déluge de blasts et d'ambiances inquiétantes...
Le plus regrettable dans cette histoire est que Daemonarch ne reverra sûrement jamais le jour, et quand on voit la qualité de ce Hermeticum, on se dit qu'il y a vraiment une injustice en ce bas monde!

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par kumelia, le 16 décembre 2009
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Obscur Portugal



Alors que Moonspell avait sorti son fameux Sin/Pecado en ce début 1998, Fernando Ribeiro et presque tous les siens, exception faite du batteur, revenaient avec un projet annexe qui leur tenait à coeur : Daemonarch. Le but était simple, sortir un disque de black metal qui aurait pu être la continuité du travail produit sur les premiers enregistrements de Moonspell. A priori, cela peut paraitre insensé, mais quand on observe l'évolution stylistique de Moonspell, on comprend mieux le pourquoi de Daemonarch. Les compositions de cet album ne pouvaient plus convenir au Moonspell tel qu'il était en cette fin de XXème siècle, la voie empruntée par le groupe était bien plus calme.

Fernando Ribeiro devient ici Langsuyar. On ne peut dire qu'il ait fait cela pour rester dans l'anonymat, on reconnait parfaitement son visage sur la pochette et mieux encore, sa voix assez unique, chaude et grave. Et pourtant, si certains passages sont déclamés avec hargne, d'autres se retrouvent avec un débit haché, malsain et agressif, proche des standards du genre. Encore une fois, les textes sont quelques-uns de ses poèmes, obscurs, mis en valeur par une musique puissante et variée.

Entre lenteur et vitesse, Daemonarch varie ses tempos. S'il glisse volontiers dans la débauche la plus primaire qui soit, avec quelques blast beats de rigueur, il sait également prendre son temps et créer une ambiance gothique du meilleur effet, quand un synthé vient s'inviter à l'orgie, discrètement, et en donnant une réelle plus value aux morceaux. Ainsi, si on se laisse écarteler par la basse impatiente et la noirceur générale de Of A Thousand Young, on est crucifié par le lent et emblématique Corpus Hermeticum. Deux titres, deux visions différentes du black metal. Le premier se veut primaire, le deuxième prend une direction qui évoque bien plus le Moonspell des débuts. Et chaque approche est légitime et tout aussi réussie. Fernando Ribeiro est impérial, entre la constatation froide et une vindicte envers les bien-pensants angoissante. Et quand Daemonarch se risque sur une reprise, il choisit Call From The Grave de Bathory, à laquelle il parvient à insuffler sa touche personnelle. Une autre réussite sur ce disque.

On peut être étonné par la chaleur que dégage le groupe. On est loin de la froideur d'un album de black nordique et les Portugais développent un son qui leur est propre. Les guitares sont pleines, délivrant des soli travaillés, les bases rythmiques ne sont pas tout à fait les mêmes, le travail sur le fond fait que ce disque sonne de façon très agréable, aidé il est vrai par une très bonne production qui évite le côté "bouillie sonore" qu'affectionnent de nombreux combos du genre.

Si le fait que la batterie soit en réalité une programmation ne s'entend pas franchement, on peut en revanche déplorer l'absence d'une réelle ambiance. L'album ne sombre jamais dans le nihilisme, il ne cherche jamais à devenir étouffant et glauque. Ceux qui recherchent avant tout des effets de ce genre dans le black risquent fort d'être déçus : Daemonarch ne raconte pas une histoire, il se contente de faire un disque. Mais quel disque !

Unique album de ce projet, Hermeticum est dangereux, une alchimie osée entre le black metal et une musique plus gothique, touchée par le style lusitanien des musiciens. Un disque de black metal étrangement chaud à l'écoute, mais c'est en partie cela qui fait son charme : le plaisir d'écouter un opus qui sonne de façon unique, sans se soucier de la mode qui vient du froid. A découvrir d'urgence.



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Hermeticum - Infos

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Infos de Hermeticum

Sortie : août 1998
Genre : Black Metal
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Lex Talionis (5:32)culte !culte !paroles de Lex Talionis
2. Of A Thousand Young (4:27)à écouter en premierparoles de Of A Thousand Young
3. Corpus Hermeticum (4:51)à écouter en premierparoles de Corpus Hermeticum
4. Call From The Grave (4:37)paroles de Call From The Grave
5. Samyaza (4:27)paroles de Samyaza
6. Nine Angles (5:38)paroles de Nine Angles
7. Incubus (4:44)à écouter en premierlistenparoles de Incubus
8. The Seventh Daemonarch (6:17)culte !culte !listenparoles de The Seventh Daemonarch
9. Hymn To Lucifer (4:11)paroles de Hymn To Lucifer
écouter : Ecouter l'album



Daemonarch

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Hermeticum
1998

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Hermeticum
1998

Daemonarch
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Voir la page du groupe
Création : 1998
Genre : Black Metal
Origine : Portugal




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