Revengia nous vient tout droit de Suède et, à l'instar de Witchery, est un side-project qui finit par prendre de l'importance pour ses musiciens venant de combos tels que The End, Eucharist ou encore Anata. Et pour leur deuxième album, ils mettent les petits plats dans les grands. Déjà, il y a cette pochette, signée Joe Petagno à qui l'on doit quelques jaquettes célèbres de
Motörhead ou de
Pretty Maids, qui marque tout de suite par sa promesse de violence crue. On retrouve également un nom connu au mix puisque Fredrik Nordström s'en est chargé avec Patrick J. Sten. Puis il y a leur musique, un thrash volontaire et efficace, qui se moque bien de sonner old school ou moderne.
Dès les premières notes, on devine que l'on va déguster. Le morceau titre qui ouvre l'album est une promesse, son intro doucereuse n'est là que pour faire diversion. L'entrée dans le sujet est vive, douloureuse, avec une basse ronflante et une double grosse caisse qui vient martyriser nos tympans qui n'en demandaient pas tant. Les guitares sont sèches et s'accouplent frénétiquement à la rythmique salement saccadée. Le chant de
Tobias Gustafsson est volontaire et hargneux. Plus proche d'un Phil Anselmo période
Pantera que d'un James Hetfield ou d'un Dave Mustaine, il vient apporter un surcroit de violence à l'ensemble. On se laisse guider par les musiciens et on est presque étonné du côté mélodique développé par le solo.
Jamais le groupe ne prendra parti pour une approche moderne de sa musique ou au contraire, typiquement old school. Les musiciens ont leurs influences et si par moment elles sont clairement perceptibles (une rythmique proche de
Metallica sur
Pain, morceau étonnant s'il en est vu que l'on se retrouve avec des parties harmoniques qui ne sont pas sans rappeler
Iron Maiden), parfois elles sont habilement dissimulées sous un style nerveux et efficace. Ainsi, on peut se retrouver avec de véritables OVNI musicaux qui ne dépareilleraient pas sur des albums de heavy metal, comme ce
Life écrasant, ponctué par des vocalises féminines sur le refrain, apportant une couleur particulière, sans pour autant rentrer dans la caricature.
Revengia aime évoluer dans les mid tempo sauvages. Mais quand le groupe décide de se payer une pointe de vitesse, c'est pour esquisser une boucherie sonore virulente et jouissive.
Eraser ou encore
Whore sont à consommer avec modération tant ils ont un petit goût de revenez-y. Et justement, le manque de titres speed fait que l'on a affaire à un disque très compact, qui aurait mérité plus d'accélérations pour donner plus de reliefs à un ensemble qui pourra vite paraitre étouffant. Dans un style où il est difficile de se renouveler tout au long d'un album, ce détail peut devenir gênant.
Inutile de bouder son plaisir, Eraser est un disque de thrash plus qu'honnête. Les musiciens ont des idées et se sont donnés les moyens de les mettre en oeuvre. Ce qui leur permet de toujours avoir la tête hors de l'eau, c'est cette faculté d'explorer différents genres et d'en nourrir leur thrash brutal. Une très bonne surprise, dont on attend la confirmation prochainement avec un nouvel album...