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Chroniques :: Chronique de Dance And Laugh Amongst The Rotten

Chronique de Dance And Laugh Amongst The Rotten

Carach Angren  - Dance And Laugh Amongst The Rotten (Album)

Réelle Mauvaise idée, Charlie et Ouija



Comment ne pas céder à la tentation de redécouvrir l'horreur et de s’approfondir sur le sujet pendant une soirée... Vous détestez ou appréciez le genre, c'est votre choix. Et bien, pour nous, c'est un choix vite fait bien fait ! Tartine de carcasses de porcs et bol de gerbe à partager à la Bad Taste... On retourne dans l'univers dérangé, effrayant et mémorable de l'horreur fantastique et paranormal... Enfin, qui sait si ça l'est réellement ? Mais non t'inquiète pas, y'a pas l'enfant sombre mystérieusement décédé en 1895 peint sur le tableau accroché dans un manoir (Dans lequel tu passes tes vacances... Pas de bol !) qui va disparaître de son cadre, ni une statue d'ange pleureur du Doctor Who qui viendra te briser la nuque une fois le dos tourné AHAHAHA... Pardon pour la minute "briseur de rêves"!

Avoue-le... L'horreur, son univers et ses émotions... Ça te dérange ! Mais tu aimes ce sentiment de pression constante, ça te change un peu trop les idées quand t'en a besoin et tu en désire toujours plus pour ta dose d'adrénaline mensuelle ! Alors si c'est comme ça pour le cinéma ou la littérature... Pourquoi ça ne le serait pas pour la musique non plus ? CARACH ANGREN est le roi sur le plateau d'échiquier du sous-genre Black/Metal/Symphonique basé sur le thème de l'horreur depuis 2003. On ne sait pas vraiment qui a créé le sous-genre à vrai dire... Mais ce trio légendaire et renommé l'a réellement mis en avant avec des albums diversifiés et uniques... Lammendam, sorti en 2008, se base sur l'histoire d'un château hanté par une "Dame Blanche" et démontre un avant goût de l'incroyable talent du groupe à mêler du Symphonique avec du Black/Metal. Death Came through a Phantom Ship, sorti en 2010, donne au groupe une grande pointure de plus sur la scène internationale avec cet album incroyable parlant d'un vaisseau fantôme. Where the Corpses Sink Forever, en 2012, parlant des horreurs des guerres mondiales, montre le talent d'écriture lyric poignant avec des morceaux magnifiques... Notamment "The Funerary Dirge Of A Violonist", qui est un must-listen absolu et un régal à traduire ! Pour l'avant-dernier, This Is No Fairytale, sorti en 2015, on a le droit à un conte Hansel & Gretel glauquifié au summum du possible.

Et bien on dirait que ce n'est pas fini... Dans quelques jours, le groupe dévoilera son nouveau tourment et sa manière de conter la (Très !) mauvaise idée qu'une petite fille a eu à jouer avec une tablette de Ouija dans une durée un peu trop provocatrice pour les esprits avec leur nouvel album, Dance And Laugh Amongst The Rotten, qui sortira le 16 juin chez Season of Mist. NANAR ANGREN ou CARACH ANGREN ?

Artwork toujours dans la patte du groupe, logo Black du groupe toujours présent et, comme Where The Corpses Sink Forever ainsi que Death Came Through A Phantom Ship... Le trio est une fois de plus sur la couverture, mais cette fois-ci dans l'univers graphique du groupe. Ce style est représentatif par le clip vidéo du morceau "Two Flies Flew Into A Black Sugar Cobweb" (2015), avec le même jeu de couleur bleu-gris sous la pleine lune et des ronces-racines un peu partout (Rappelant la forêt de merde de La Belle Au Bois Dormant évidemment... Références en la matière, n'est ce pas ?). Le trio est représenté dessiné sous stade de putréfaction avec des esprits, si ça en est vraiment... Le survolant.



L'opening, aussi stressante et flippante que la célèbre bande son du film Dead Silence et, dans le même principe que l'ouverture de l'album "Where The Corpse Sink Forever" ... Ouvre Dance And Laugh Amongst The Rotten sur une mélodie au piano alliée d'un symphonique crescendo très atmosphérique/Horreur. On est réellement plongé dans l'univers du groupe et dans des pensées du genre "Putain, ça me rappelle un morceau d'un film d'horreur mais lequel ?". Vous découvrirez très vite ce à quoi cela vous fait penser. On a l'impression de débuter un film d'horreur, d'avoir un décor forestier typiquement joli mais glauque de par son histoire et la vision de l'arrivée d'un groupe d'ados Américains en vacances dans un chalet paumé au milieu de nul part... Comme d'habitude, ils ne retiendront jamais la leçon !

Et là, l'horreur commence réellement... "Charlie" dévoile l'esprit paranormal et flippant de l'album avec une courte introduction très originale dans son ambiance et un cri d'apparition fantomatique... Des Chœurs en arrière plan donnent le ton grave et ajoutent un décor invocateur en prononcant tout le temps "Charlie". La symphonie de l'horreur explose amenant avec elle toute l'énergie du groupe et des instruments... Cette ambiance sonore en arrière plan est divine, le chorus est magnifique et le jeu de CARACH ANGREN est toujours bel et bien présent... Nul doute à se faire ! Rah ce bruit fantomatique est vraiment parfait pour démarrer et clôturer le morceau. Si vous avez joué au jeu d'horreur indépendant Eyes, vous retrouverez ce genre d'effet sonore quand la tête coupée arrive... Spoiler !

"Blood Queen", étrangement, démarre plutôt dans un style Death/Symphonique... Pas de panique ! Ça repart en cacahuètes rapidement et ça tabasse, symphonie encore plus puissante qu'auparavant, les violons virevoltent dans tous les sens et miroitent un souffle d'ambiance apocalyptique. On arrive au moment où le chant devient une narration, racontant ce qu'il se passe... Un bébé qui pleure et un miroir qui explose ? Ah non, pitié ! Le narrateur s'énerve en suivant bien le thème des paroles, exactement de la même manière que le morceau "Al Betekent Het Mijn Dood" (2010). C'est pas jojo pour ce qui arrive donc... Le rythme est plus lent mais très puissant soutenu par ce bébé en larmes en fond... Mais faut l'entendre, la symphonie et les coups de crash étant bien mis en avant.

Putain, on aurait bien besoin de plus de violence ! Oui bon, tu donnes une main on te demande un bras c'est bien connu... On veut voir tout le monde mourir dans un film d'horreur ! Ah, pas vous ? Pourtant c'est rigolo hmm hmm... Pardon. "The Possession Process" est la complète Oeuf miroir-Jambon-Fromage qu'il fallait... Là où tout est explosif à souhait et, avec un goût très prononcé dans la gestion du Symphonique/Black, qui n'est pas facile à équilibrer pour rappel. Les rythmes sont variés et très rapides...Les chœurs agrémentent ce petit quelque chose qui rendent le morceau parfait et, encore une fois... Les effets fantomatiques à la Scooby Doo (Oh c'est mignon de placer ça dans du CA ! Âme de gosse, que veux-tu.). Le final s'enrichit d'un synthétiseur amenant bon nombre d'effets plutôt penchés dans le SciFi/Horror/OldSchool.

"Pitch Black Box" balance l'orage en introduction et un miaulement de chat (Pas comme The Grudge hein, plutôt comme celui qui réclame sa pâté en étant presque crevé sur le bord de la route.). On découvre un jeu de piano impressionnant tout au long du morceau, des notes très graves s'accompagnent avec une symphonie générale monstrueuse, une fois n'est pas coutume. Les rythmes sont très aguicheurs et le narrateur resurgit pour notre plus grand bien l'espace d'un court instant ! Pour ce qui est des instruments on est pas dans la rapidité du tout ni dans la technique... Comme dit auparavant, le gros travail sur la symphonie et l'ambiance fait tout le morceau. si le scream n'était pas présent, on ne serait pas du tout dans du Black/Symphonique mais plutôt dans du Doom/Symphonique.

En ce qui concerne justement ces rythmes moins agressifs, "Song For The Dead", premier morceau de Dance And Laugh Amongst The Rotten à avoir été révélé... Est justement LE morceau qui a fait un peu parler de lui de par sa lenteur MAIS...Aussi de par une très très très jolie mélodie, douce et calme en arrière plan, des grosses intonations symphoniques résonnants aux coups de caisses claires et de belles paroles exprimées de différentes manières... C'est encore un nouvel essai de CARACH ANGREN intéressant mais, qui peut décevoir si l'on est pas poussé dans l'univers du groupe c'est certain... Et pourtant ça s'écoute avec plaisir et c'est très poétique n'en déplaise aux puristes.

Allez, on parle un peu joie et histoire pas banale réelle ? Et c'est pour nous, petits Français râleurs ! "Charles Francis Coghlan", parle d'un acteur né à Paris en 1842... L'histoire et le voyage de son cadavre à travers l'Océan Atlantique est incroyable, allez vous renseigner sur ce qu'il s'est passé. Étrangement, la composition du morceau est plutôt dans l'Epic/Symphonique... Est-ce une chose voulue par le groupe pour conter cette histoire cocasse ? Peut-être, en tout cas c'est vraiment épique. Les Blackix vont pas l'aimer celui-là ! Encore un peu de narration ? Hmmm ça ne devient plus original maintenant... Non pas que c'est dérangeant mais ça nous déboussole un peu sur le déroulement de l'album... Idem pour la composition suintante de tonalités tristes, immersives et violentes du morceau "In De Naam Van De Duivel"... On retrouve encore une narration, plus soutenue que la plupart des morceaux et surement la meilleure par contre.

Ouija, es-tu là ? Y'a t-il une présence en ces lieux ? Totalement, CARACH ANGREN est de nouveau plus créatif que jamais... Chaque album a son thème, ses différences sonores et, évidemment, le trio ne manque pas à sa tache principale et ressort une frayeur auditive assez impressionnante. On peut juste reprocher les quelques structures de compositions répétitives sur certains morceaux, mais attention !!! Ces structures peuvent se répéter mais n'empêchent pas à cet album d'être excellent... Chaque morceau a son ambiance propre et son style. De plus, cet album est une véritable bibliothèque musicale et sonore à découvrir de fond en combles. Le final de l'album, "Three Times Thunder Strikes" malgré son texte clôturant réellement l'histoire et la thématique de l'album, aurait pu par contre être un morceau moins symphonique, plus agressif dans les sensations et beaucoup plus horrifique, autant que l'introduction de l'album qui était réellement flippante et immersive. Si ce n'est ces quelques défauts mineurs, Dance And Laugh Amongst The Rotten est un excellent album conceptuel encore mené d'une main de maître mais, en comparaison à ses prédécesseurs, se doit d'être écouté d'une oreille beaucoup plus attentive et plus patiente pour pouvoir être apprécié pleinement.

"Charlie n'est pas ton ami."




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Dance And Laugh Amongst The Rotten - Infos

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Infos de Dance And Laugh Amongst The Rotten

Sortie : 16 juin 2017
Genre : Symphonique/Black/Horror/Metal
Label : Season of Mist
Playlist :
1. Opening (02:19)culte !culte !
2. Charlie (04:07)culte !culte !
3. Blood Queen (04:54)à écouter en premier
4. Charles Francis Coghlan (06:06)à écouter en premier
5. Song For The Dead (04:16)à écouter en premier
6. In De Naam Van De Duivel (06:29)
7. Pitch Black Box (03:17)à écouter en premier
8. The Possession Process (04:27)culte !culte !
9. Three Times Thunder Strikes (05:18)
écouter : Ecouter l'album

Carach Angren

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