Projet d’un seul homme,
Wolfsblut s’est toujours fait relativement discret dans la scène extrême. Et pourtant, ce one-man-band ne manque pas d’inspiration puisque, formé en 2004, la discographie du groupe compte déjà 7 réalisations. N’hésitant pas à sortir deux albums dans la même année, on peut dire que
Wolfsblut est encore plus productif que certains finlandais comme
Horna ou Impious Havoc.
Mais avec son Raw Black, Wendul est prêt à tout annihiler sur son passage. Avec un son bien crade comme on les aime, ce nouvel opus n’est autre que la réédition de Seelenqual (paru initialement en 2006) auquel la première démo de 2005, Legion
Wolfsblut, a été rajoutée.
Avec cette réédition, voici un bon moyen pour (re)découvrir ce combo allemand assez discret par nos contrées mais qui n’en est pas moins intéressant.
En proposant un Black Metal cru, malsain et haineux, il est facile de faire la comparaison avec nos français de
Nordum ou encore avec certains groupes des Légions Noires comme éventuellement le cultissime
Vlad Tepes. La comparaison avec
Mütiilation peut également être faite avec certains passages issus du Black/Doom, comme sur le titre éponyme Seelenqual par exemple, sur lequel le tempo est ralenti, avec un son vraiment underground qui vient directement des abysses sombres du cœur de Wendul. Des cris à déchirer la nuit sont ce qui est censé être un « chant », ce qui ne fait qu’apporter horreur et peur à l’ensemble de l’album.
Ce chant, très sombre, haineux et malsain vient donner tout ce que Wendul a de folie en lui.
Du côté des compositions, le travail fourni n’est pas seulement du bruit, puisque ce son raw est quand même gratifié de quelques petites mélodies qui forment le noyau dur de certains morceaux. Ainsi, on ne tombe pas dans une caricature inutile d’un True Black comme tant le groupes font de nos jours. On penserait plutôt ici à une volonté pour
Wolfsblut de réinventer son propre style tout en conservant son identité propre et son intégrisme et tout en restant dans la pure tradition d’un art simple mais efficace, haineux mais réfléchi, dans la veine d’un
Judas Iscariot ou encore d’un
Satanic Warmaster.
Avec des riffs efficaces et froids,
Wolfsblut nous plonge en plein cœur d’un monde stérile et dévasté dans lequel on sent que le groupe veut rendre hommage à la grande scène Underground des années ’90.
La production, bien que d’une extrême noirceur fait très brouillon, comme sur les premiers
DarkThrone, ce qui vient ajouter terriblement à la sordidité et à la turpitude de ce méfait qui porte le nom de Seelenqual – Legion
Wolfsblut. Notons également une petite cover de Deathcrush de
Mayhem qui n'est pas désagréable du tout et qui nous propose ici une interprétation intéressante.
Avec cette réédition,
Wolfsblut sera peut-être plus visible par chez nous, avec la signature sur un label Français, et cet opus saura satisfaire les puristes comme les autres blackeux en tous genres.
Car sans être transcendant, et sans apporter quelque chose de réellement nouveau au Black Metal,
Wolfsblut a au moins le mérite de nous livrer une œuvre noire, sincère, cru et terriblement malsaine avec la personnalité bien palpable de ses compositions d’une noirceur maladive.
A suivre…