Aorlhac est un de ces jeunes groupes français qui tentent de franchir les échelons de l’underground. Avec ce premier opus officiel, une sorte de best-of, regroupant la démo A La Croisée Des Vents ainsi que deux titres bonus,
Aorlhac nous dévoile son art, mêlant des sonorités Black Traditionnel à des éléments folk très intéressants.
Puisant son inspiration dans ses racines,
Aorlhac nous propose une musique sombre d’une grande qualité. Dès les premières notes, on peut ressentir des influences de grande classe. En effet, on assimile aisément le côté froid, glacial et malsain à des formations comme
Taake, mais on pense aussi à
Ulver pour les ambiances folks raffinées mélangées au côté cru et dévastateur du Black Metal. L’ombre d’un Nattens Madrigal plane en effet sur cet Opus I d’
Aorlhac, mais sans jamais tomber dans le clonage facile. Car
Aorlhac possède une identité qui lui est propre, et on peut déjà le sentir dès ce premier album, ce qui est assez rare en général.
Des morceaux comme La Guillotine Est Forte Expéditive sont réellement bons, les mélodies sont travaillées de manière à créer des ambiances très froides et malsaines. Le côté folk apporte réellement quelque chose d’absorbant et de captivant. Malgré la présence très fréquente des guitares acoustiques, on est pourtant bien loin d’un Pagan Metal à la
Korpiklaani qui est festif. Ici, les guitares acoustiques n’apportent rien de joyeux et restent dans le pur esprit véhiculé par le Black Metal.
Aorlhac a vraiment le don pour nous plonger dans la noirceur médiévale. Le côté sombre de cette période obscurantiste, belliqueuse, et ensorcelée par les contes et légendes, est mise en musique avec tout le savoir-faire de ce jeune groupe qui présente des compositions très travaillées, réfléchies, et de qualité. On peut aussi penser par certains aspects à des valeurs sûres de la scène française comme
Peste Noire.
La présence de chœurs comme sur Le Charroi de Nîmes est de toute beauté, même si ce côté reste cependant à exploiter mais sans en faire trop. Avec une intro très heavy, ce titre montre vraiment que chaque morceau composé par
Aorlhac n’est pas qu’une simple copie du précédent, mais ils sont au contraire tous différents avec leur personnalité propre, tout en conservant une unité forte sur l’album pris dans sa globalité.
On constatera sans peine qu’
Aorlhac est un groupe qui ne manque pas de fureur comme en témoigne la rapidité avec laquelle sont exécutés chaque morceaux, ce qui peut parfois même faire penser à un Drautran, avec le côté symphonique en moins. Mais on sent que le groupe a mis tout ce qui était à sa disposition pour sortir un album de grande classe, aussi froid qu’intense et tumultueux. Du côté de la production, on ne constatera rien qui viendra entacher sévèrement les compositions, le son est fort respectable, conserve avec intégrisme les sonorités et l’esprit d’un Black Metal haineux, violent, déchaîné et trépidant.
Un titre bonus en fin d’album n’est autre qu’une reprise d’
Ulver interprétée avec la haine et la violence qu’il se doit, sans dénaturer un tel chef d’œuvre qu’est Hymn I – Wolf And Fear. J'en connais qui vont aimer...
Avec Opus I,
Aorlhac nous livre là un bien beau disque qui s’écoute sans que l’ennui ne vienne pointer le bout de son nez. Un disque d’une qualité rare lorsqu’il s’agit d’un premier album.
Avec des influences comme
Taake,
Ulver et
Peste Noire, le groupe s’impose comme une valeur sûre de la scène underground hexagonale. Un groupe sur qui il faut désormais compter, avec son Black Metal médiéval au caractère fort, et de grande envergure.
Respect !