Seulement une année après l'excellent Hope, les finlandais de
Swallow the Sun investissent les studios pour nous pondre Plague of Butterflies, premier EP comprenant quatre titres issus de la démo Out of this Gloomy Light. Même si la gestation dudit EP semble bien courte, il n'en reste pas moins que nous tenons là une sortie vraiment surprenante, qui fait figure de pièce à la fois incontournable et anecdotique dans la discographie de nos finlandais...
Comme d'habitude, c'est un artwork sombre et intriguant qui ouvre cette sortie, avant que ne résonnent les premières notes de "Losing the Sunsets / Plague of Butterflies / Evael", véritable pièce maîtresse de l'EP, avec ses 34 minutes au compteur! Composé à la base pour un ballet mêlant Metal et horreur, ce titre se voit finalement inscrit ici, et quelle réussite!
Avec une telle durée, il est tout à fait normal de craindre une certaine redondance, des longueurs ou autres éléments indigestes. Mais
Swallow the Sun est parvenu à éviter soigneusement ces écueils, et a par la même occasion inventé un style peu répandu: le Doom-Death Progressif! En effet, les mélodies évoluent au fil de la composition, laissant tour à tour leur place à des instants déchaînés, que des claviers inquiétants viendront aérer au fur et à mesure que l'on découvre cette pièce. Pourtant, le combo conserve cette patte qui est la sienne, et c'est avec grand étonnement que l'on découvre que 35 minutes peuvent finalement passer très vite...
Un premier pavé à l'allure pachydermique, qui remplit cependant parfaitement son rôle: envelopper l'auditeur dans un drap sombre et désespéré, pour le rendre prisonnier de ses songes les plus noirs, sans toutefois omettre de lui suggérer un certain espoir guidé par le chant clair de ce Mikko en grande forme.
La suite, bien que moins surprenante en comparaison à cette première piste, possède aussi cette aura sombre et classieuse qui caractérise le groupe depuis ses débuts. Des fines notes de claviers de "Through Her Silvery Body" au riff accrocheur du tube "Swallow", on tient là des compositions plus directes (forcément!), d'une durée plus conventionnelle. Le réenregistrement de ces quatre morceaux les rend bien plus pesants que les originaux, mais également plus puissants. L'effet est pour ainsi dire décuplé, et c'est avec un réel plaisir que l'on redécouvre ces titres.
Là encore, le hurleur dégage un charisme qu'il a acquis avec le temps, et c'est avec une certaine aisance qu'il s'exécute le long de ces 25 minutes restantes.
Une nouvelle fois,
Swallow the Sun embarque son auditoire, le mène au gré de ses structures pesantes et de ses guitares tantôt lourdes, tantôt aériennes, et le tout avec un brio que peu peuvent se targuer d'avoir. La production, nettement à la hauteur, n'est pas étrangère à la puissance dégagée ici, et il y a fort à parier que malgré ses structures alambiquées, Plague of Butterflies saura convaincre les fans de Doom, tout en réjouissant ceux du combo finlandais.
Un véritable défi éprouvant a été relevé ici, et c'est sans doute cette audace qui fait la marque des grands!