Connu pour ses positions politiques plutôt extrêmes,
Ad Hominem, mené par Kaiser Wodhanaz, nous livre ici son dernier album. Et pour continuer sur la voie de la provocation, ce dernier méfait s’intitule sobrement Dictator – A Monument Of Glory.
Dès la première écoute, on découvre un visage nouveau pour
Ad Hominem. Un son résolument plus moderne, comme ce que nous avait annoncé Climax Of Hatred en en 2005, un son qui s’était confirmé dans le EP de 2008, Therory O. Mais ici,
Ad Hominem va encore plus loin en proposant un son bien plus industriel et martial que par le passé. En effet, avec son Nuclear Black des années 2002-2003,
Ad Hominem s’est désormais forgé un son qui s’éloigne un peu du Black Metal froid, malsain et extrêmement violent qui avait caractérisé ses premières réalisations considérées comme cultes.
Ici, le côté indus renforce les aspects martiaux et malsain mais totalement différemment de ce à quoi nous étions habitués. Les ambiances en demeurent donc moins violentes au premier abord, et on a vraiment la sensation qu’
Ad Hominem a perdu toute sa hargne qui planait autrefois sur des albums aussi cruels que Planet Zog : The End où l’utilisation de samples cumulé à des riffs lourds et ultra-rapides renforçaient les aspects incroyablement fous et délurés. Ici, on a juste l’impression d’entendre un bon disque de Black Indus, sans rien de plus exceptionnel, comme si
Ad Hominem avait fait le tour de ce qu’il avait à dire, comme si la haine des débuts n’était plus vraiment là. Des samples par-ci par-là sont toujours présents évidemment , et ils viennent apporter ce côté malsain qui n'est plus créé par les guitares froides et incisives comme ce fût le cas auparavant.
Pourtant, certains morceaux restent intéressants, mais ils ne sont pas assez puissants ou percutants pour que l’on retienne de véritables hymnes.
On pourra noter par moment des ambiances très froides cependant, qui ne sont pas sans rappeler un certain Arditi dans l’approche, comme sur The Encomium Of
Terror par exemple ou encore sur certaines intros. Et pour faire toujours plus dans la provocation, Kaiser Wodhanaz n’hésite pas à intituler certains morceaux Zog Is Dead, ou encore Total Völkermord, Schlachthaus der Gedanken (L’abattoir des pensées), et on ne parle pas du titre de l’album qui, à lui seul peut faire naître les pires polémiques concernant le groupe...
Si la musique a perdu en violence, on pourra quand même faire une ovation spéciale à la batterie incroyablement martiale et frénétique, une batterie presque dirigée par une machine de guerre en action. Les riffs, sont toutefois puissants et "originaux" car ils nous montrent un visage de
Ad Hominem plus perfectionniste, plus minutieux, mais en dépit de la brutalité nucléaire des précédents albums. Le tout est porté par une production évidemment à la hauteur qui renforce clairement les aspects martiaux et froids.
Des chœurs qui rappellent des masses envoûtées ne sont pas là par hasard non plus, ils sont là pour renforcer l’effet dictatorial des compositions dont les paroles, comme toujours traitent de l’élévation de l’individu au rang de Dieu, de l’individualisme poussé à son paroxysme, de la haine des faibles qui se réfugient dans la religion, etc.
Mais ce n’est pas un concept-album pour autant, car ces thèmes sont les thèmes de prédilection de Kaiser Wodhanaz depuis toujours.
Au final, Kaiser Wodhanaz et sa bande nous livrent un album qui s’écoute assez agréablement, mais qui manque quand même de brutalité si on le compare avec les premiers albums. Cependant, en se penchant un peu plus sur les ambiances martiales et froides et sur le son bien plus industriel que par le passé, on se rend compte que ce disque contient son lot de violence, mais celle-ci est plus suggéré que par le passé. L’album perd donc un peu en profondeur. Mais rassurez-vous,
Ad Hominem et son nouveau méfait restent dans le domaine du Black Metal Martial, froid et sans compromis.