Après de nombreux revirements de line up, un changement de label (le groupe étant passé de Listenable à Century Media) et une tournée, les Belges d’
Aborted nous reviennent plus forts et solides que jamais avec un Slaughter and Apparatus qui va faire tomber un bon nombre de tête !
La formation nous sert ici un bon death metal comme on les aime : clair, net et surtout efficace. Slaughter and Apparatus est le digne descendant de
The Archaic Abattoir , toujours dans la lignée du précédent, bien que l'on puisse remarquer une très nette évolution dans la musique que nous sert ici
Aborted. En effet, les morceaux sont beaucoup plus soignés que dans les albums précédents, moins brouillons, on sent que la technique est réellement présente. Notons par exemple le morceau "A Methodical Overture" qui nous livre toute une tripoté de pull of donnant ainsi beaucoup de relief et de démence au morceau. Les belges ont clairement évolué : le groupe sévit toujours dans la même branche de death lourd, soupoudré d'une touche de gore mais on ne peut plus carré : la sauce prend et a décidé de tout détruire sur son passage. Un intoxication de ce genre, on ne crache pas dans la soupe !
On sort ici des sentiers battus du death. La batterie est menée d’une main de maître par Dave Haley, qui est autre que le batteur de
Psycroptic. On comprend bizarrement d'un coup d'un seul le fait que la batterie soit maîtrisée. La double pédale fuse de tous les côtés à une vitesse furieuse, les roulements se font brutaux et agressifs, la batterie est belle est bien présente et veut se faire entendre, extrêmement précise, ce qui est préférable dans le genre de death qu'
Aborted nous livre fidèlement sur un plateau d'argent. Peter Goemaere et Sébastien Tuvi entament un furieux combat composé de riffs dérangeants et pesants visant la destruction de toute forme de vie. Quant à la basse, elle officie dignement et sournoisement sous les doigts de Sven Janssens, sachant rendre ses parties on ne peut plus efficaces et percutantes.
Toutefois, c'est avec le morceau "Avenious" que le groupe nous montre qu'il peut également faire preuve d'un peu plus de profondeur. En effet, ce morceau entêtant fait preuve d’un crescendo irréprochable, une montée de plus en plus intense, comme si
Aborted voulait nous faire imploser avec ce morceau enivrant, nous faire perdre pied au sein de cette ambiance malsaine propre au groupe. L'atmosphère de l'album en ressort plus torturée que jamais. C'est à ce moment précis que l'on prend conscience qu'on ne sortira pas tout à fait indemne de Slaughter And Apparatus.
La voix de Svencho a, quant à elle, acquit une profondeur démesurée, alternant de bon growls death bien graves comme on les aime, tantôt une voix tendant beaucoup plus vers le thrash, plus "criée". Il est clair qu' une nette amélioration dans la technique a été mise en œuvre, on est bien loin du death « gruik gruik » que l’on entend habituellement. Très loin même... La maturité vocale prise par Svencho est dorénavant mise en avant dans Slaughter and apparatus, contrairement à Purity Of Perversion, qui se veut beaucoup plus confus, voir même complétement à l'arrache.
Avec Slaughter and Apparatus : A Methodical Overture,
Aborted semble avoir enfin acquérit sa maturité musicale, le groupe ressort de Slaughter And Apparatus grandit et plus sûr de lui. En effet, dans cet album ce sont des morceaux beaucoup plus soignés et précis qui nous sont apportés. Qu’
Aborted continue sur cette lancée, que les chevelus continuent à nous balancer son death à la figure à coup de blast, de riffs ultra lourds et de growls caverneux, on ne peut rien demander de mieux !