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Chroniques :: Chronique de The Sign Of Faith

Chronique de The Sign Of Faith

Ignea  - The Sign Of Faith (Album)

Attention chef-d'oeuvre !



Les Tunisiens de PERSONA nous avaient administré une claque mémorable l'année dernière avec leur fantastique premier album Elusive Reflections, un must have absolu dans le registre metal symphonique oriental. Nos petites fesses s'en remettent à peine que…bim…une deuxième baffe monumentale ! Et cette fois-ci, ce sont les Ukrainiens d'IGNEA qui s'y collent pour nous la filer avec leur premier album The Sign Of Faith ! Fondé en 2011 sous le patronyme de PARALLAX et auteur d'un EP Sputnik en 2013, le combo a changé de nom fin 2015 pour devenir IGNEA. En latin, ignea veut dire enflammé, empli d'ardeur et de passion. Une définition qui s'applique parfaitement à la musique du groupe.

Dès le premier titre "Seytanu akbat", on est emporté dans un tourbillon d'émotions aux vertus euphorisantes. Le son concocté par Max Morton, producteur incontournable de la scène ukrainienne, n'a rien à envier aux grosses productions actuelles. Les guitares sont agressives, les rythmiques sont lourdes. Les riffs sont particulièrement accrocheurs et inspirés. Le synthé vient appuyer tout cela de manière décisive, sans toutefois être envahissant. IGNEA trouve ainsi le parfait équilibre ente mélodie et puissance. Les vocaux répondent aux mêmes aspirations. Helle Bogdanova alterne entre chant clair d'une douceur ensorcelante et chant écorché habité. Sur d'autres titres, elle est ponctuellement soutenue par le claviériste Evgeny Zhytnyuk dont le registre plus guttural apporte une variation supplémentaire.

Habile mix entre ARCH ENEMY et MYRATH, "Alexandria" est un hit instantané. Le solo de guitare de Dmitri Vinninchenko couplé ave le bouzouki traditionnel est une pure merveille. Au fur et à mesure des titres, on se rend compte que le poids d'ORPHANED LAND n'est pas non plus négligeable dans la musique d'IGNEA. Plusieurs titres nous ramènent aux grandes heures de Sahara et d' El Norra Alila, premiers chef d'œuvres d'une longue liste. Les Ukrainiens en retrouvent sans aucun doute la fraîcheur et le souffle épique. Le fabuleux "Petrichor" symbolise à lui seul cette relation étroite, quasi filiale, puisqu'elle enregistre la participation de Yossi Sassi, guitariste emblématique des pionniers Israëliens jusqu'en 2014. Loin de pomper son maître sans discernement, IGNEA en capture l'essence et restitue la richesse avec une grande subtilité et une troublante maturité. Sans oublier d'y apporter une touche personnelle indéniable. Très impressionnant ! Car il ne faut pas perdre de vue que nous sommes en présence d'un premier album !



Autre gros point fort : l'absence de déchet. Tous les morceaux marquent les esprits, sans exception, et arrivent toujours à nous surprendre d'une manière ou d'une autre : que ce soit les ballades symphoniques comme "Theater of denial" et "How I hate the night", "Jahi" et son final étourdissant, ou "Last chosen by you" et ses percussions. L'entame d' "Alga", titre enregistré avec un orchestre symphonique d'une quarantaine de musiciens, nous emmène dans l'univers d'un Tim Burton et de son compositeur attitré Danny Elfman. Le clip de ce titre majestueux a été vu près de 1,5 millions de fois sur YouTube et a constitué une vitrine de choix pour le groupe, et par extension pour le metal ukrainien. Le disque se termine par "Leviathan", une reprise du trio électro norvégien ULTRA SHERIFF. Un choix qi peut paraître incongru, mais les membres d' IGNEA s'approprient si bien cette chanson qu'on jurerait qu'ils en sont les auteurs. Pour ne rien gâcher, les textes sont intelligents et n'hésitent pas à aborder des sujets sensibles. "Seytanu akbat" parle du terrorisme. "Alga" évoque de la déportation des Tatares de Crimée ordonnée par Joseph Staline en 1944 (tout comme la chanson "1944" de Jamala, la gagnante ukrainienne de l’Eurovision 2016).

IGNEA vient de frapper très fort et on espère qu'il ne s'arrêtera pas en si bon chemin. Jouer du metal en Ukraine n'est pas une sinécure. Tout comme pour PERSONA en Tunisie en 2016, les conditions ne sont pas toujours optimales pour vivre pleinement de sa passion, ente le désintérêt des médias et du public et des situations politiques tendues. Mais cela oblige ces groupes à travailler d'arrache-pied. Et engendre ainsi des chefs-d'œuvre de la trempe de The Sign Of Faith !




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The Sign Of Faith - Infos

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Infos de The Sign Of Faith

Sortie : 16 février 2017
Genre : Metal Symphonique
Label : Independent Release
Playlist :
1. Şeytanu akbar (04:40)à écouter en premier
2. Alexandria (03:57)à écouter en premier
3. Petrichor (03:32)culte !culte !
4. Theatre of denial (04:18)à écouter en premier
5. Jahi (07:36)culte !culte !
6. Halves rupture (04:04)à écouter en premier
7. Last chosen by you (02:57)à écouter en premier
8. Alga (06:17)culte !culte !
9. How I hate the night (03:22)à écouter en premier
10. Leviathan (Reprise d' Ultra Sheriff) (04:53)à écouter en premier
écouter : Ecouter l'album

Ignea

Albums chroniqués :
Chronique de The Sign Of Faith
The Sign Of Faith
2017

Ignea
Ignea
Voir la page du groupe
Création : 2011
Genre : Metal symphonique
Origine : Ukraine




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