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Chronique de Digital Love

Vitja  - Digital Love (Album)

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Nouvelle orientation



Dans le flot constant des nouveaux groupes et des nouvelles sorties, il n'est pas facile de se distinguer de la masse. C'est pourtant ce qu'ont réussi à faire les Allemands de VITJA avec leur premier album Echoes, paru en 2013. Dans un style djent / Metalcore progresif évoquant VEIL OF MAYA ou VOLUMES, avec des compositions aux structures mouvantes, le groupe a su faire preuve d'audace. Il suffit d'écouter "Sleeping in snow" et son break oriental pour en être convaincu ! En 2015, le EP Your Kingdom a continué à creuser le même sillon. Mais les deux titres inédits du disque ont laissé entrevoir une légère évolution : architecture moins complexe, apparition discrète de la voix claire, claviers plus présents. Ce bon début de carrière a attiré l'attention de Century Media, qui sort en ce mois de mars Digital Love, la nouvelle galette du groupe.

Qu'allait-elle nous réserver ? Et bien comme le dit le vocaliste David Beule dans ses interviews : "Quelque chose de différent !". Des sonorités électros apparaissent dès le premier titre "Scum", écrit en collaboration avec le groupe ESKIMO CALLBOY. Sur "D(e)ad" c'est la voix claire du chanteur qui s'invite à la fête. Le mid tempo "No one as master, no one as slaves" enfonce définitivement le clou du changement. VITJA poursuit la mutation entrevue sur Your Kingdom et se rapproche désormais plus des Anglais de BRING ME THE HORIZON et de ses compatriotes de WE BUTTER THE BREAD WITH BUTTER, mais sans le côté délirant et farfelu. Les fans de la première heure seront sont doute déçus par cette rapide évolution. Ils recycleront sans hésiter le cd en dessous de verre, crameront le livret dans la cheminée et jetteront l'opprobre sur un groupe, prestement accusé d'avoir vendu son âme au diable (en l'occurrence le grand Satan Century Media). Pourtant, si déconcertant soit-il, cette nouvelle offrande n'est pas dénuée de qualités.



Sans surprise, les titres les plus vigoureux sont les plus réussis. Les excellents "Scum", "Roses" l'éponyme "Digital love" et "The golden shot" débordent d'énergie et affichent une belle maîtrise technique. VITJA recouvre sa musique d'une sorte de patine cold wave des années 80 pas désagréable, bien au contraire, surtout pour les anciens qui ont bien connu cette période ! Le chant clair de David Beule, omniprésent, n'y est pas étranger. On est parfois pas si éloigné d'un Robert Smith et de THE CURE. Le magnifique "Find what you love and kil lit" tire la quintessence de ce mélange hybride. Intro électro, groove imparable, vocalises bien équilibrées, refrain entêtant ! Du bon boulot, bien mis en valeur par une production impeccable.

Tout n'est malheureusement pas de ce niveau. Car s'ils se défendent d'appartenir au metalcore (c'est pourtant le cas sur cet opus), les Allemands n'évitent pas les scories récurrentes du genre, dont finalement bien peu de groupes parviennent à s'affranchir. Les refrains en voix claire sont systématiques et ne sont tous réussis, loin de là, comme en témoigne "Dea(d)" ou "The flood". Les lignes mélodiques sont parfois un peu trop simplistes et on a ainsi l'impression que VITJA n'exploite pas vraiment les qualités et le potentiel technique démontrés sur le premier album. En ralentissant le rythme jusqu'à l'excès, VITJA s'égare et propose des morceaux fades et ennuyeux. Si le bien construit "No one as master, no one as slaves" échappe aux reproches, l'horripilant "D(e)ad", "Heavy rain" (curieux mais révélateur choix de single !) ou "In pieces", n'incitent pas à ma même mansuétude et ne montrent pas le meilleur visage de la formation d'outre-Rhin.

Digital Love est donc un album en demi-teinte. VITJA se montre assez génial sur certaines séquences, et pas du tout inspiré sur d'autres. Notons au passage que les deux bonus tracks de l'édition limitée ("I'm sorry" et "New breed"), toutes deux excellentes, ajoutent une réelle plus value à l'ensemble. La volonté de se renouveler et de ne pas proposer un copié-collé du premier album est louable. Mais la direction empruntée, avec l'intention claire de séduire un plus large public, n'est pas forcément la meilleure. Et vu les possibilités de ces jeunes gens, c'est un peu rageant !




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Avis des chroniqueurs :  
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Digital Love - Infos

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Infos de Digital Love

Sortie : 3 mars 2017
Genre : Metalcore
Label : Century Media Records
Playlist :
1. SCUM (02:46)à écouter en premier
2. D(e)ad (03:56)
3. No One As Master No One As Slave (04:24)à écouter en premier
4. Roses (03:10)
5. Digital Love (02:47)à écouter en premier
6. Six Six Sick (03:13)
7. The Golden Shot (03:53)à écouter en premier
8. Heavy Rain (03:36)
9. Find What You Love And Kill It (04:04)à écouter en premier
10. In Pieces (04:20)
11. The Flood (03:25)
12. I'm Sorry (03:35)à écouter en premier
13. New Breed (03:23)à écouter en premier
écouter : Ecouter l'album

Vitja

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Digital Love
2017

Vitja
Vitja
Voir la page du groupe
Création : 2013
Genre : Metalcore
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