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Chroniques :: Chronique de Machine Messiah

Chronique de Machine Messiah

Sepultura  - Machine Messiah (Album)

Sepultura Thrash XXHELL !



SEPULTURA, pionniers de la musique violente, a participé à la création du Thrash grâce à la sortie d'albums exceptionnels, d'une violence encore jamais vue à cette époque, mais surtout en proposant des titres parfaits sur le plan technique, des enchaînements, et l'utilisation d'effets spéciaux... Puis plus tard en étant les premiers à intégrer, entre autre, de nombreux passages de pures percussions au sein de leurs titres, et autres rythmes ou passages insufflant ainsi au monde entier la culture de leur formidable pays qu'est le Brésil. Ils font partie des racines de notre musique adorée.


On ne va pas revenir sur la longue carrière de ce groupe qui affiche 14 LP dont certains d'anthologie, on ne va pas revenir sur les déboires et changements de Line up que tout le monde connais, ni leur capacité à tenir bon quand tous pronostiquent une fin de carrière douloureuse, mais plutôt se concentrer sur l'analyse de leur dernier bébé mécanique, le Messie. Voyons si après tant d'années, la créativité est de mise ou si la mise en sépulture est requise ?


"Machine Messiah", titre éponyme de l'album, débute tout en douceur. Il est introduit par des harmoniques, puis c'est avec une voix claire et un ton grave que le chant est lancé. C'est très surprenant mais cet album de SEPULTURA commence par un slow. Au bout de quelques minutes le titre devient de plus en plus puissant mais toujours avec des intonations plutôt tristes. Début des hostilités calme mais intensif.

L'album se poursuit avec "I Am The Enemy", une chanson lourde et très puissante, dans un style classique à SEPULTURA . Et bien que le titre soit un peu court, la construction est quand même plus élaborée que certains morceaux des albums précédents où le refrain consistait à répéter en boucle trois ou quatre fois le même mot. Ici pas question d’effet "Kairos" par exemple, pas une seule fois de tout l’album d’ailleurs, architecture oblige.

"Phantom Self" débute par des percussions, effet habituel pour le groupe Brésilien. Par contre grosse surprise !! Ils nous délivrent un riff aux intonations orientales, réalisé, attention c'est une première dans ce groupe de Thrash violent, aux claviers. Et franchement ça le fait !! Là, maintenant, tu peux baisser la tête et, regardes bien : ça t'étonne ? Effet et surprise assurés ! Le plus incroyable c'est que SEPULTURA utilise ce riff à plusieurs reprises durant la chanson et on a même une Battle de soli entre la guitare et les claviers toujours en gardant des sonorités orientales, excellent ! Donc pour l'instant le début de Machine Messiah est très prometteur et varié. Arriveront ils à tenir ce rythme et capter l'attention sur tout l'album ?



Entame calme avec une grosse ambiance, plus lourde et oppressante que les chansons précédentes. Le riff principal d'"Alethea" est plutôt lancinant. Les grosses caisses de la batterie font résonner les basses de façon très intensive. Les couplets et le refrain son joués sur un rythme moyen, gagnant de plus en plus en intensité jusqu'à obtenir un rythme bien saccadé et plus rapide. On a des petits passages de percussions agréables entre les soli.

Le début d´"Iceberg Dances" est hyper progressif. Et qu'elle surprise, voilà les claviers qui ressurgissent et nous proposent un excellent solo. Puis enchaînement de soli, de percutions et même d'arpèges !!!! Ce titre instrumental propose une grosse variété d'effets et c'est très bluffant.

C'est au tour de "Sworn Oath". Début calme pour ce titre avec devinez... devinez quoi en fond musical ? Un ensemble de touches qui, sous la pression des doigts, actionnent un mécanisme servant à la production du son !! (Qu'est-ce qu'il ne faut pas inventer pour éviter la répétition du mot clavier dans la chronique, ha merde je l'ai encore dit !!) Nous avons ici encore un rythme assez calme avec un refrain bien plus intensif. Puis des enchaînements sur une partie instrumentale qui débute par des petites notes à la guitare, sur une basse énorme, puis les claviers, le tout donnant un effet triste à mourir et pouvant faire frissonner. Décidément nous allons de surprise en surprise avec ce nouvel album de SEPULTURA. Que nous réservent-t-ils pour la suite ?

"Resistant Parasite". Début de titre plus courant, par contre la basse ne nous lâche pas et c'est très agréable. On a une bonne ambiance bien lourde sur ce titre jusqu'à ce que... Retour des synthés pour un riff qui présente également quelques sonorités orientales envoûtantes. Mais pas d'inquiétude il est placé intelligemment, et il est suivi d'un matraquage qui nous écrase littéralement, pour ensuite nous délivrer des soli qui finissent par s'"orientaliser" mais qui restent bien intégrés au Thrash de SEPULTURA. Belle cohérence et surtout belles variations.

Suite des hostilités sur deux titres assez classiques "Silent Violence" qui présente un rythme un peu plus rapide que les autres. On a un gros break au milieu avec des effets de réverb sur le chant, sur lequel s'enchaînent les soli et autres effets. Puis c'est au tour de "Vandals Nest", titre puissant au tempo dévastateur.

Fermeture du bal avec "Cyber God", titre d'ambiance beaucoup plus sombre, rythme fracassant par la batterie avec plusieurs passages de chant à la voix claire sur un ton grave, qui se termine sur un supersolo fondu. Grosse sensation finale.


Si on compare cet album avec le dernier qui a été produit en 2013 on se rend compte que le son et les arrangements de 2017 sont vraiment exceptionnels, principalement au niveau de la voix du chanteur ! La grosse différence avec les albums récents est la variété des titres proposés. Cette année, SEPULTURA s'est littéralement lâché sur des effets de toute sortes, abandonnant le pilonnage bourrin et répétitif qu'ils ont pu produire depuis quelques années. C'est très intelligent de leur part car au bout de tant d'albums, la difficulté est là et une réaction de leur part était indispensable pour ne pas lasser tout le monde ! Comment proposer une œuvre différente des autres ? Comment ne pas décevoir les uns ou les autres ? Ne pas être répétitif ? Il faut innover bien sûr, varier et proposer quelque chose de différent.


Défi relevé car Machine Messiah garde l'âme de SEPULTURA, la base est bien la, solide, efficace, mais en plus ils nous offrent de nombreux passages vraiment différents de ce qu'ils ont pu faire. Imposer les petites touches noires et blanches à un publique qui, en 1984 et peut être encore depuis ce temps considérait l'utilisation des claviers réservés aux "glammeurs", bons pour les filles alors que moi j'écoute de la musique d'homme, de vrai, était un pari difficilement envisageable. Hé bien c'est fait, aussi incroyable que cela puisse paraître, cet album est une vraie réussite multiculturelle, une vraie ouverture extrêmement appréciable et utile en cette période où la peur de l'autre peut amener certains à vouloir construire des murs aux frontières.



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par yhol, le 7 février 2017
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Machine Messiah - Infos

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Infos de Machine Messiah

Sortie : 13 janvier 2017
Genre : Thrash Metal
Label : Nuclear Blast
Playlist :
1. Machine Messiah 05:54
2. I Am the Enemy 02:27
3. Phantom Self 05:30
4. Alethea 04:31
5. Iceberg Dances 04:41 instrumental
6. Sworn Oath 06:09
7. Resistant Parasites 04:58
8. Silent Violence 03:46
9. Vandals Nest 02:47
10. 10. Cyber God 05:22
écouter : Ecouter l'album

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