Long Distance Calling est un jeune quintet allemand, composé de David Jordan et Florian Füntmann à la guitare, Janosch Rathmer à la batterie, Jan Hoffmann à la basse et enfin de Reimut van Bonn, crédité à l’ « ambiance ». Originaire de la région de Münster (Ouest de l’Allemagne, dans le Land de Rhénanie du Nord - Westphalie ), le groupe a sorti son premier album, Satellite Bay, en 2007 et a récemment signé un deal avec le label indépendant allemand Superball Music, qui compte également dans ses rangs les Britanniques de Oceansize, notamment. C’est sur ce label que
Avoid The Light, second album du groupe, a paru le 24 avril 2009 en Europe, et le 19 mai aux Etats-Unis.
Leur musique, mêlant un post-rock mélancolique instrumental et ambiant avec des touches metal et électro, dans une orientation progressive, rappellera au bon souvenir des amateurs du genre des groupes tels qu’
Isis, Godspeed You ! Black
Emperor, God Is An Astronaut, ou encore
Katatonia. Les membres de
Long Distance Calling ne se cachent d’ailleurs pas de leur goût pour le groupe suédois, dont le chanteur Jonas Renkse est l’invité de marque de cet album, assurant le chant sur le seul morceau non instrumental de cet album, The Nearing
Grave. A noter que sur Satellite Bay, c’est Peter Dolving, chanteur de
The Haunted (encore un Suédois…) qui avait prêté sa voix à une chanson, Built Without Hands.
LDC parvient, sur
Avoid The Light, à alterner avec fluidité et talent des passages psychédéliques à la Pink Floyd avec des passages plus lourds, aux riffs dynamiques, bref plus metal, qui pourront évoquer des groupes comme
Opeth, et on devine aisément un penchant pour des combos adeptes de ce type de fusion, que ce soit
Dream Theater ou
Porcupine Tree. Ainsi, la quatrième chanson de l’album, intitulée I Know You, Stanley Milgram ! (du nom du psychologue social américain, célèbre pour son expérience du « petit monde »), est une parfaite illustration de ce concept musical, où l’on passe en trois minutes d’une nappe psychédélique à un gros riff accrocheur.
Avec une production d’excellente facture et une technique relativement sobre mais des plus maîtrisées, mettant bien en valeur chaque instrument, les Allemands confirment leur statut de groupe de qualité, pratiquant une musique recherchée sans verser dans la démonstration technique ou la prétention, et risquent d’accroître considérablement leur visibilité sur la « scène » post rock/metal européenne. LCD livre ici un album globalement réussi, planant, expérimental tout en étant relativement accessible et agréable à écouter (ce que certains pourront certes considérer comme une critique). Avec six chansons et une durée approximative de 55 minutes, cet album prend le temps d’explorer différentes dimensions et facettes des émotions humaines dans une sorte de voyage planant, c’est du moins l’impression qui peut s’en dégager.
«
Avoid the Light » devrait donc séduire les amateurs de post-rock et metal tout en représentant une bonne entrée en matière pour celles et ceux qui sont moins familiers du genre. Ce n’est certainement pas une surprise si cet album a reçu un bon accueil de la critique, qu’elle soit spécialisée prog, post rock, metal ou les trois à la fois. Reste maintenant au groupe à confirmer, et peut-être à envisager d’intégrer un chanteur à temps plein, car vu la qualité de la chanson The Nearing
Grave, une présence vocale semblerait la bienvenue à certains moments de cet album, dont pourrait se dégager l’impression frustrante qu’il manque un petit quelque chose.