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Chroniques :: Chronique de Tinnitus Sanctus

Chronique de Tinnitus Sanctus

Edguy  - Tinnitus Sanctus (Album)



Lentement mais sûrement les prémisses d’un certain déclin artistique plongeaient les adeptes les plus critiques et les plus objectifs du travail de Tobias Sammet dans un doute déconcertant. Cette relative décadence fut, notamment, annoncé par les ralentissements, et l'inspiration dissipé, d’un Rocket Ride controversé, mais aussi par certaines orientations moins âpres et plus accessibles prises par Avantasia sur un The Scarecrow moins traditionnel (avec des titres tels queThe Scarecrow, Carry Me Over, What Kind of Love, Cry Just a Little Time, Lost in Space). La véritable interrogation résidait donc dans le fait de savoir si l’ébauche de ce changement constituait un dessein manifeste d’évolution vers des terres plus abordables et plus fédératrices, où s’il n’était rien d’autre qu’un fait ponctuel. S’il ne nous appartient évidement pas de juger de la légitimité de cette nouvelle volonté créative, si nouvelle volonté créative il y avait, ils nous incombent d’en apprécier, ou non, les conséquences.

Alors, Tinnitus Sanctus est-il un témoignage supplémentaire de cette mutation profonde, ou s’inscrit-il dans la continuité, quelques peu perdu de vue, d’œuvres plus originelles ?

Il apparait indéniable que le groupe continue dans la voie de cette progression vers une musique moins véloce, mais aussi moins directement imprégnés de ses stigmates les plus helloweenien (se libérant, de ce fait, d’un certain classicisme à l’allemande). Le résultat demeure donc dangereusement déconcertant. Et, dès lors, après un Ministry of Saint plutôt bon, une embarrassante amertume commence à poindre à l’écoute de titres tels qu’un Sex Fire Religion au riff pénible étonnamment peu aérien et au refrain d’une simplicité et d’une rare faiblesse de la part d’un Tobias au talent, d’habitude, immense dans l’exercice. Le mal devient plus profond encore avec celui enjoué et dégoulinant d’un The Pride of Creation d’une mièvrerie assez consternante. Il se mû en une esquisse de déception avec un 9-2-9 mielleux, d’un ennui achevé où parfois les guitares semblent absentes.

Au-delà de l’authentique désillusion ambiante, certains titres restent intéressant, mais tellement loin de l’excellence créative dont aura su faire preuve le groupe, qu’ils n’arriveront pas à nous sortir du marasme dans lequel cet album nous enfonce Citons, sans grande foi, un Nine Lives, le pourtant très bon Dragonfly, Speedhoven ou encore Dead or Rock.

Epuré de sa face la plus théâtral et grandiloquente, mais aussi de celle la plus heavy et énergique au profit d’une autre essentiellement Rock, Pop, parfois lourde mais plus avenantes en tous les cas, ce Tinnitus Sanctus manque sacrément d’envergure, de puissance, d’efficacité. A la mesure de ses rythmes ralentis, de ses guitares parfois bien trop succinctes, de ses mélodies peu intense, de son propos souvent sans conviction et de ses refrains moins fédérateurs, ce chapitre marque un tournant dans l’œuvre d’Edguy. A l’heure où la mutation d’une scène Heavy/Power traditionnelle agonisante semble inéluctable et salutaire, il n’est pas évident que le chemin pris par Tobias Sammet et ses comparses soit des plus judicieux. Il aura au moins le mérite de ne pas enfermé le groupe dans un stéréotype créatif forcément fatal. Et même si la prise de risque semble périlleuse, et le résultat décevant, elle n’en demeure pas moins éminemment respectable à défaut d’être éminemment réussis.



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