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Chroniques :: Chronique de Honor Is Dead

Chronique de Honor Is Dead

Wovenwar  - Honor Is Dead (Album)

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L'honneur est sauf...



WOVENWAR s'est formé en 2013 sur les cendres encore fumants d'AS I LAY DYING. Le quintet de San Diego s'était fait une place de choix dans le metalcore, mais ses efforts sont partis en fumée, quand son vocaliste Tim Lambesis, qui avait sans doute trop fumé, à décider de fumer sa femme. Pour effectuer la sale besogne, il a engagé un tueur à gages, qui s'est révélé être un flic ! Un coup pas vraiment fumant, mais plutôt une histoire fumante (et sordide) qui s'est terminée par une sentence irrévocable de six ans de prison et une extinction de flambleau pour le sieur Lambesis. Fin de l'aventure AS I LAY DYING, et début de l'ère WOVENWAR pour ses infortunés compagnons, restés à quai bien malgré eux. Avec le renfort de Shane Blay (OH, SLEEPER), un premier album a vu le jour en août 2014. Dans un registre plus accessible, plus metal et moins core, il n'avait pas totalement convaincu, nous laissant un peu sur notre faim. Honor Is Dead, le deuxième opus, arrive donc à point nommé pour relancer la machine.

Et les rouages apparaissent cette fois-ci beaucoup mieux huilés. Le groupe a fourbi ses armes et se montre d'emblée beaucoup plus tranchant. "Confessions" nous met direct un bon taquet derrière la nuque avec ses chœurs virils et ses guitares acérées. WOVENWAR a musclé son jeu. Les compositions sont plus agressives. "Censorship", "Stones Thrown" ou "Cascade" démontrent un nouvel état d'esprit, résolument tourné vers l'offensive. Shane Blay le reflète bien. Il se montre moins timide et donne enfin sa pleine mesure. Le vécu commun et le fait d'avoir participé pleinement à l'écriture n'y sont sans doute pas étrangers. Il ne chante plus uniquement en voix claire (excellente au demeurant), mais nous gratifie de growls maîtrisés et judicieusement pas surexploités. Il efface ainsi le principal reproche fait au premier album et donne un bon coup de fouet aux compositions. Les musiciens renouent également avec une certaine pugnacité. Et ils sont surtout mieux servis par une production bien meilleure, ou en tout cas plus adaptée, que sur l'œuvre éponyme, pourtant mixée par Colin Richardson. Le travail de Chris Gehringer donne une résonnance plus moderne à la musique de WOVENWAR. Seul bémol : elle lisse un peu la partition de l'excellent batteur Jordan Mancino (définitivement fâché avec son barbier !).

Cet élan belliciste ne pousse pas pour autant le combo à abandonner toute velléité de séduction d'un plus large public. Le petit côté accessible et "commercial" n'a pas totalement disparu. "Compass" et "Silhouette" flirtent plus avec le rock qu'avec le metal et hérisseront sans doute les poils des plus velus d'entre nous. Leur aspect électro-rock est pourtant loin d'être désagréable et offre une variété de registre intéressante à WOVENWAR. Le groupe ne résiste pas non plus à un certain formatage. Les titres sont tous calibrés radio et n'excèdent pas les 4 minutes. La durée totale atteint les 38 minutes, ce qui reste finalement court. Le groupe s'était un peu éparpillé sur sa réalisation précédente (15 titres – 54 minutes) et a décidé ici de réduire un peu le débit. On peut donc difficilement lui en tenir rigueur car on y gagne incontestablement en efficacité et en intensité.

Mais cela reste quand même frustrant car l'album est bon et on aurait bien prolongé un peu le plaisir. WOVENWAR s'est lâché et a trouvé la bonne formule. Ce beau travail d'ensemble est un peu terni par le départ surprise du guitariste Phil Sgrosso, juste après la sortie de l'album. L'avenir nous dira si la marche en avant du groupe s'en trouvera altérée. En attendant, profitons de l'instant présent avec Honor Is Dead.




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Avis des chroniqueurs :  
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