Trois années après le très bon
Dance Of December Souls,
Katatonia refrappe un grand coup avec
Brave Murder Day, qui voit alors le duo Renkse-Nyström (fini les pseudos black!) épaulé par l'arrivée de Fredrik Norrman à la gratte.
Au fil du temps,
Brave Murder Day est devenu un album à part dans la discographie de
Katatonia. Tout d'abord parce qu'il s'agit du seul enregistrement effectué avec Mikael Åkerfeldt d'
Opeth, puis parce que c'est le dernier à exploiter l'orientation doom-death du groupe. En ce qui concerne Åkerfeldt, sachez que son intégration n'était qu'éphémère, Jonas Renkse ayant eu quelques problèmes vocaux lors de l'enregistrement de cet opus,
Katatonia a donc décidé de faire cet ami de longue date. Voilà pour la petite explication.
Globalement, l'intégration "d'urgence" de Monsieur Åkerfeldt ne change en rien les structures établies sur l'opus précédent.
Katatonia évolue toujours dans un doom-death mélancolique et mélodique qui a fait le bonheur de plus d'un sur
Dance Of December Souls. Ainsi, les six morceaux de ce
Brave Murder Day sont de longues pièces évolutives aux atmosphères variées ("Brave", "Murder", "Rainroom"...) mais toujours autant épris de ce sentiment mélancolique si cher au groupe. Le hurleur d'
Opeth remplit parfaitement son rôle, les compositions prennent une dimension plus "extrême" grâce au timbre puissant d'Åkerfeldt. Mais Jonas Renkse n'en est pas oublié pour autant, comme le prouvent ses différentes incursions au chant clair: "Rainroom" ou encore "Day", entièrement chanté en clair. D'ailleurs, ce morceau figure dans cet album en tant que véritable ovni, le concept "chant clair" n'avait jusqu'alors pas été utilisé chez
Katatonia (on connaît la suite...).
Revenons à ce cher Renkse. Outre le fait de pousser la chansonnette sur certains titres, il assure toujours la section rythmique. Celle-ci est, comme sur l'opus précédent, principalement orientée vers un mid-tempo qui appuie la mélancolie dégagée par les six compositions. Anders Nyström est quant à lui une nouvelle fois inspiré, ses riffs si fins ("Brave" et son magnifique tapping, "Murder", "Rainroom"...) laissent une grande place aux songes les plus tristes, pour ainsi dévoiler la "patte Nyström". Le nouveau venu Frederik Norrman renforce l'impact du mur de son créé par la paire guitaristique, fait essentiel pour élaborer les ambiances mélancoliques distillées par
Katatonia.
Au final, six longs morceaux inspirés, variant autant au niveau des riffs que du tempo, qui éloignent tout sentiment de lassitude. Chaque pièce prouve que le
Katatonia de 1996 savait déjà savamment manipuler les émotions de son auditeur, pour le toucher au plus profond de son âme.
Katatonia est et a toujours été un groupe passionnant, sa musique s'apprécie autant avec la tête qu'avec le coeur grâce à des notes sinçères qui suscitent l'émotion chez quiconque ose poser une oreille dessus. Les riffs inspirés et si expressifs s'allient parfaitement aux hurlements d'Åkerfeldt, pour révéler un album mature et vraiment très bien construit. Enfin, les incursions de Renkse au chant clair donnent un côté planant à la musique de
Katatonia, jusque-là jamais utilisées.
Un très bon album, tout simplement.