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Chroniques :: Chronique de Faith Divides Us - Death Unites Us

Chronique de Faith Divides Us - Death Unites Us

Paradise Lost  - Faith Divides Us - Death Unites Us (Album)

C'est ce qui s'appelle un grand retour!



Deux ans après le très bon In Requiem, les Anglais de Paradise Lost reviennent avec ce Faith Divides Us - Death Unites Us, l'une des sorties les plus attendues de la fin 2009. Et pendant ces deux années, il s'en est passé des choses dans le clan de Nick Holmes! En effet, puisqu'un léger remaniement de line-up a vu l'arrivée d'un certain Adrian Erlandsson (At The Gates, ex-Cradle Of Filth et ex-The Haunted) derrière les fûts, ce qui laissait présager un retour à un son plus dur (surtout quand on connaît les capacités du bonhomme...).
Et bien sachez que Paradise Lost époque Host, c'est bel et bien terminé. Car à l'image de ce Faith Divides Us - Death Unites Us, nos Anglais préférés ont définitivement bouffé du lion...


C'est simple, la réorientation stylistique du groupe sur Paradise Lost (retour des grosses grattes et vers un son plus brut), qui s'était vue confirmée sur In Requiem est toujours présente, c'en est d'ailleurs la continuité. J'irai même jusqu'à dire que Paradise Lost a retrouvé un mordant digne de ses débuts, avec un son encore plus massif, sûrement le plus puissant que sur toutes leurs sorties d'ailleurs. Résultat: une touche plus violente émane de cet opus: on a même droit à de la double-pédale sur l'excellent et burné "Frailty"!

Et ça commence dès "As Horizons End": débutant par une intro très typée gothique (avec chœurs d'église et compagnie) qu'un son de gratte lourd, mélodique mais surtout puissant vient égayer (ou pas, selon l'humeur!)... Même la voix de Nick Holmes semble avoir pris en puissance! Un refrain imparable, quelques airs de Draconian Times et le tour est joué pour débuter l'album de la plus belle des manières.

Ici, la lourdeur est omniprésente, chaque morceau ayant un impact incroyable, même si de nombreux leads et autres interludes acoustiques vraiment bien foutus viennent aérer le tout ("I Remain", "First Light"...). La paire Greg Mackintosh-Aaron Aedy (guitares) se démène, desservant sans doute l'une de ses meilleures performances, à l'image des nombreux solos et autres actes de bravoure guitaristique ("Faith Divides Us, Death Unites Us", "The Rise Of Denial" ou encore "Universal Dream").
Les tubes s'enchaînent ("First Light", véritable perle de Metal Gothique, "Faith Divides Us, Death Unites Us", "Last Regret" ou le final "The Truth"), chacun possédant son refrain accrocheur, ses multiples détails fouillis, ses innombrables leads et autres solos...
Paradise Lost voit les choses en grand et ça marche!

Faith Divides Us - Death Unites Us est un véritable aperçu de ce que Paradise Lost a toujours su faire, tout en préservant une sorte d'équilibre entre les morceaux. En effet, un morceau "brutal" comme "Frailty" se verra contrebalancé par le plus calme "Faith Divides Us, Death Unites Us", ou un "Living With Scars" flirtant avec le Death Metal old-school (notamment sur les couplets) sera suivi d'un "Last Regret" bien plus lancinant et aérien. Au final, les dix morceaux font preuve d'une cohésion étonnante, dans laquelle on reconnaîtra de sacrées bonnes doses mélancoliques propres à Paradise Lost.

Concrètement, le Paradise Lost 2009 est un excellent cru, bien plus puissant que tout ce qui a été fait par le groupe auparavant. Si je devais situer musicalement cet opus, il se retrouverait aux côtés des monuments Draconian Times ("As Horizons End", "In Truth"), Paradise Lost ("Last Regret") et In Requiem ("I Remain", "The Rise Of Denial"), tout en surpassant chacun de ces opus (si si, je vous assure!). Paradise Lost a retrouvé un mordant d'une lourdeur étonnante, ainsi qu'un impact plus extrême que les dernières sorties (et on en revient au fameux "Frailty"!), qui parvient à donner une dimension inattendue chez Paradise Lost.
La production est dantesque, mettant parfaitement en valeur chaque détail de cet opus. Chacun des musiciens délivre une excellente prestation, particulièrement Nick Holmes (dont la voix est toujours aussi expressive).
Pas grand chose à jeter, la sensation que Paradise Lost vient de nous pondre leur meilleur album ici me prend. Et pourtant, il en faut pour passer après une telle discographie! J'ai beau chercher, je ne vois vraiment pas ce que l'on pourrait reprocher à Faith Divides Us - Death Unites Us


Un nouvel album très attendu donc, mais l'attente n'aura certainement pas été vaine, puisque Paradise Lost revient au sommet de sa forme, pour reprendre son titre de Roi incontesté du Metal Gothique. Un album plus puissant, plus brut que ses prédécesseurs tout en restant très mélodique et accrocheur, Paradise Lost vient sûrement de nous sortir son meilleur opus! En effet, chaque morceau possède son atmosphère, son identité propre qui mène à un tout vraiment massif.

Vraiment, un opus à ne pas rater, qui sera incontestablement cité en exemple dans le petit monde du Metal Gothique!

Danse macabre



Après un In Requiem réussi qui montrait une envie de revenir à un son plus doom, Paradise Lost était forcément attendu au tournant. Le retour aux sources est espéré depuis des années par les fans et des albums comme l'éponyme de 2005 ou In Requiem justement tendent dans cette direction... pour ceux qui aiment interpréter les signes, ce sont des indices plus que prometteurs. Mais ne serait-ce pas en définitive une solution de facilité ? Faire un Draconian Times Part II comme beaucoup le réclament depuis plus de dix ans, blasés par l'orientation plus gothique, teintée d'électronique, des Anglais d'Halifax ?

Le groupe subit entre les deux sorties un nouveau changement de personnel. Décidément, cette place de batteur est maudite. C'est le seul poste qui aura connu des changements de line-up, mais cette fois-ci, c'est un grand nom qui signe : Adrian Erlandsson, connu pour avoir joué en compagnie de Arch Enemy ou Cradle Of Filth, des combos plus extrêmes que Paradise Lost. De quoi faire saliver, sauf quand on sait que c'est Peter Damin, batteur de session, qui sera crédité principalement. Serait-ce un nouvel indice quant à l'évolution de Paradise Lost ?

Un autre coup d'oeil aux crédits nous apprend que Rhys Fulber n'est plus de la partie. Le producteur a laissé sa place à Jens Bogren (que l'on a déjà croisé derrières les manettes avec Opeth). Bref, difficile de savoir de quel bois ce douzième album studio sera fait tant le groupe se complait à brouiller les pistes.

Mais Nick Holmes est un poète et Greg Mackintosh mieux que quiconque sait mettre ses vers en musique. Partant de ce principe simple, universel pourrait-on avancer, Paradise Lost fait du Paradise Lost. Bref, il ne faut pas s'attendre à une folle sarabande, mais plutôt à une danse macabre pesante, qui laisse son côté moqueur de côté pour s'enfoncer dans ses tendances les plus noires. Ce n'est pas pour rien que les musiciens ont choisi des gravures de la fin du Moyen Âge et du début de la Renaissance pour illustrer leur nouvelle oeuvre. Le titre de l'album en lui-même résume parfaitement cette idée : quelque soit ce qui nous divise, nous sommes tous égaux face à la mort.

Partant de ce constat simple, on a déjà une bonne partie de la ligne directrice de cet opus. Et musicalement, cela se trouve retranscrit par une lourdeur prenante, très doom dans l'esprit. Alors, tient-on ce fameux retour aux sources évoqué au début de cette chronique ? On parlera plutôt de boucle en fait. Le travail effectué avec Fulber n'est pas renié, loin de là. Ce disque est dans la parfaite continuité de In Requiem et fait remarquable, Paradise Lost n'imprime pas une large marge d'évolution entre ses deux derniers méfaits. Bien sûr, le son est différent. les guitares sont bien plus massives et incisives. Le chant de Holmes est admirable, toujours entre rage et mélancolie, les vocaux caverneux se marient à merveille avec son timbre clair, très agréable. Et là encore, ce n'est pas une nouveauté.

Faith Divides Us - Death Unites Us n'est qu'une version améliorée de In Requiem, le résumé semble tout tracé. Cela transpire aussi dans l'artwork très travaillé et évocateur même si la manière n'est pas la même. On remarquera toutefois que les photos du groupe sont restées dans le même style, comme si les musiciens étaient des fantômes et que ces corps éthérés hantaient une Angleterre somme toute victorienne. Un résumé qui est un raccourci un peu dangereux tout de même.

Paradise Lost suit une logique. Depuis Symbol Of Life en 2002, le combo n'a eu de cesse de proposer des disques plus heavy. Et c'est encore le cas ici. Les rythmiques sont lourdes, la guitare se fait plomb et laisse place à des parties d'une finesse insoupçonnée quand Mackintosh décide de se fendre d'un court solo. Holmes est en pleine grâce. Il est l'une des forces vives de ce disque, on retrouve, mieux, on reconnait tout de suite un phrasé typique, qui lui est vraiment propre (I Remain est l'exemple le plus flagrant). Puis on se trouve face à des morceaux qui laissent apparaitre un sourire de satisfaction tant la forme est familière. Un riff qui thrashise gentiment comme celui de Universal Dream et qui fait plaisir. Mais quand on se repasse le disque, ce que l'on ne manquera pas de faire, on se rend compte que dans sa forme la plus classique, Paradise Lost est juste bon, tandis qu'il est tout simplement époustouflant quand il se montre plus ambitieux et qu'il construit des morceaux plus complexes, comme le puissant Frailty, qui promet d'être une boucherie sur scène. Et c'est à travers de tels morceaux que l'on comprend quel sera l'héritage laissé par l'ère Rhys Fulber.

Avec cet album, Paradise Lost ne fait pas que s'approcher de sa gloire passée, il la touche du doigt et il fusionne avec. Faith Divides Us - Death Unites Us mettra tout le monde d'accord : le groupe va se réconcilier avec les derniers fans réfractaires à leur carrière récente. Ce disque n'est pas inespéré, il arrive même très logiquement. Paradise Lost trouve le parfait compromis entre la musique doom et le metal gothique qu'il a largement contribué à populariser et cette synthèse est très réussie. Peut-être un ou deux titres plus faibles. Mais qu'est-ce quand on ressort de cette écoute non pas déprimé, mais heureux, parfaitement heureux ?


P.S : il est rare qu'il en soit fait mention, mais l'édition limitée est tout simplement magnifique. Pas un simple digipack, mais une jaquette au format DVD avec fourreau, des illustrations qui gagnent en impact, puis un disque bonus qui vous permettra d'entendre la voix de Nick Holmes avec comme soutien, le City Of Prague Philharmonic Orchestra. Deux titres seulement, mais la relecture colle parfaitement à l'esprit du groupe. On passe même à une autre dimension de sensibilité, les grandes envolées sont splendides. Faut-il y voir les prémices d'une future collaboration sur un album entier ? La question est posée mais avant de fantasmer, il y a ces deux morceaux pour rêver.



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NanoRoux  



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Faith Divides Us - Death Unites Us - Infos

Voir la discographie de Paradise Lost
Infos de Faith Divides Us - Death Unites Us

Sortie : 28 septembre 2009
Genre : Rock Metal / Doom Metal / Gothic Metal
Label : Century Media Records
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. As Horizons End (5:27)à écouter en premierparoles de As Horizons End
2. I Remain (4:09)paroles de I Remain
3. First Light (5:01)paroles de First Light
4. Frailty (4:25)culte !culte !paroles de Frailty
5. Faith Divides Us - Death Unites Us (4:22)à écouter en premierlistenparoles de Faith Divides Us - Death Unites Us
6. The Rise Of Denial (4:48)à écouter en premierparoles de The Rise Of Denial
7. Living With Scars (4:23)paroles de Living With Scars
8. Last Regret (4:24)à écouter en premierparoles de Last Regret
9. Universal Dream (4:18)paroles de Universal Dream
10. In Truth (4:51)paroles de In Truth
écouter : Ecouter l'album

Paradise Lost

Paradise Lost
Paradise Lost
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Création : 1988
Genre : Metal
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