Un max de groupes se font remarquer par l’appellation Metalcore, pour s’éloigner des préjugés du terme Néo-Metal… Mais derrière certains de ces groupes, c’est pourtant bien ce qui demeure, à savoir une hybridation entre un Metal aux sonorités issues du Hard-core et un chant qui puise ses racines dans un rap qui aurait évolué un peu plus violent pour coller avec la musique.
Le cas
Exilia semble intéressant puisqu’il est mené par une chanteuse…
Après une intro assez inutile, voilà qu’
Exilia nous envoie à la gueule sa musique proche du Death Melodique à la mode ces derniers temps. Vient ensuite se rajouter le chant, celui d’une fille rappelons-le, même si en fait on arrive à percevoir facilement la féminité du chant, contrairement à une Angela Gossow par exemple. Mais ce chant trop typique du Hardcore ou ce genre de trucs est trop peu personnel. Il est en revanche assez varié, ce qui apporte un petit côté « pro » quand même, mais c’est là qu’on sent l’arnaque… On peut par exemple entendre une sorte de chant à la Lemmy, version femme sur The Hunter qui est assez peu réussi, pour ne pas dire risible… Surtout si on ajoute tous les « Motherfucker » que l’on entend par-ci par-là qui ne font que donner un côté pseudo-rebelle de la vie relativement peu crédible…
Niveau musique, on peut déjà mettre l’accent sur la production impeccable qui met bien en valeur chaque instrument au moment où il doit être percutant. On entend assez bien la basse qui accompagne cette horde de rebelles terriblement evil. Les guitares sont cependant très efficaces, ce qui trahit un côté trop commercial et trop peu sincère. Par exemple, Across The Sky est tout simplement formaté pour la radio avec son chant clair, ses mélodies pompeuses et proprement soignées, ses rythmiques passe-partout et le côté « violence atténuée » et pseudo-rebelle. On a même un semblant de solo, pas trop rapide pour ne pas brusquer le petit jeune de base quand même… Et le morceau se termine comme un bon vieux morceau de Hard Rock dans un simple solo qui disparaît en même temps que le son se baisse…
Exilia a pensé à tout puisque, comme
Evanescence, on a droit à la petite ballade discrète avec Far From The Dark, un titre qui pourrait rappeler les vieux
Warlock ou
Doro s’il était exécuté avec une sincérité plus authentique. Car placée en milieu d’album, on sent clairement que ce titre ne résulte que de la volonté d’accrocher le public. Montrer sa capacité à toucher à tous, le violent, les ballades, etc. Le titre pourrait même passer à la radio sans déranger les oreilles sensibles.
Ce qu’il faudra retenir d’un groupe comme
Exilia, c’est un combo qui pourrait aller loin s’il développait une musique plus personnelle, et plus sincère. Parce que là, avec ses relents commerciaux, on semble conclure, peut-être trop hâtivement, que la motivation première du groupe est le fric. Cet effet est renforcé par une production très carrée, presque trop… Mais
Exilia n’est qu’un groupe de Néo-Metal sans âme de plus, avec toutefois des touches plus heavy qui le rend écoutable par moments…