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Chroniques :: Chronique de VII: Sturm und Drang

Chronique de VII: Sturm und Drang

Lamb Of God  - VII: Sturm und Drang (Album)

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Le triomphe dans l'adversité...



En un peu plus d'une décennie, Lamb Of God est devenu, à la force de ses oeuvres et à la sueur de ses tournées, une des têtes de gondole du metal moderne. Les récentes mésaventures de son vocaliste Randy Blythe n'ont fait que braquer un peu plus les projecteurs sur les Américains. Rappelons pour la petite histoire que ce dernier avait été accusé de coups et blessures involontaires suite à la chute d'un fan monté sur scène lors d'un concert en République tchèque. Après 38 jours de prison et un procès très médiatisé, il avait finalement été acquitté. Cet épisode navrant a failli sonner le glas du combo, mais celui-ci est resté debout et revient avec VII : Sturm und drang, septième album au nom énigmatique (le huitième si on compte le tout premier sorti sous le nom de Burn The Priest).

Le Sturm und Drang, littéralement "tempête et passion" est un mouvement intellectuel allemand qui encourageait une grande liberté artistique. Son but était d'émouvoir fortement, d'étonner et de donner le frisson. Une doctrine ambitieuse dont le groupe se fait donc le chantre ici. Mais ne croyez pas pour autant que Lamb Of God se laisse aller à une trop grande prise de risque. Il évite même soigneusement de chambouler la formule bien rodée qui l'a emmené vers les sommets de sa discipline.

On retrouve donc, comme à l'accoutumée, un mur de guitares infranchissable érigé par les stakhanovistes du riff que sont Willie Adler et Mark Morton. La section rythmique ne donne pas non plus part sa part aux chiens et assure les fondations de la maison. Si John Campbell reste un soutier discret et efficace, c'est surtout Chris Adler qui fait le spectacle, démontrant une fois de plus qu'il est des meilleurs batteurs du moment. Dave Mustaine ne s'y est pas trompé en l'engageant dans Megadeth. La prestation de Randy Blythe était bien sûr très attendue et elle ne déçoit pas. Ses vocaux si particuliers susciteront toujours le débat mais, qu'on les aime ou pas, on ne pourra pas lui reprocher de ne pas mettre ses tripes sur la table en chaque occasion, que ce soit sur cd ou en live. Et c'est encore le cas ici. Particulièrement remonté, le bonhomme laisse éclater sa frustration et sa rage à travers des textes forts et sombres, évidemment très marqués par son expérience derrière les barreaux, à l'exemple de "512", qui prend pour titre son numéro de cellule à Prague. "Still echoes", "512", "Footprints" ou encore "Engage the fear machine" sont marqués du sceau Lamb Of God et entretiennent avec brio l'aura des Américains.

Le groupe ne se contente pas d'exploiter son fond de commerce et fait honneur à son fameux concept allemand en se laissant libre cours à un peu plus de créativité. Dès le deuxième titre, "Erase this", on est scotché par un passage de talkbox qui laisse pantois. C'est ensuite Chino Moreno (Deftones pardi !) qui vient électriser l'excellent "Embers" de sa voix unique. Un must. Dernière surprise avec le titre "Overlord". Randy Blythe se frotte à un chant clair qu'on ne lui connaissait que très peu et le gaillard s'en sort avec une étonnante maîtrise. Il y a sans doute là une voie à considérer pour l'avenir du groupe. Le titre fait en outre parfaitement monter la pression jusqu'à une explosion de violence parfaitement jouissive. Les innovations sont certes parcimonieuses mais elles rehaussent franchement un ensemble déjà très solide.

Le tableau serait presque idyllique si deux titres un peu plus faibles ne s'étaient glissés dans cet opus. Le monolithique "Anthropoid" étire une seule idée sur ses trois minutes et se montre rapidement rébarbatif. "Torches", lui, clôt la version courte de l'album sur une note plus mélodique mais ne réitère pas la performance d'"Embers", la contributon de Greg Puciato (The Dillinger Escape Plan) se montrant nettement plus anecdotique que celle de Chino Moreno. Mais il faut dire aussi que l'invité n'est pas avantagé par un morceau beaucoup moins abouti. Les plus avisés d'entre vous auront sans doute choisi d'investir dans la version digipack limitée. Celle-ci contient en effet deux appendices qui valent le détour et prolongent magistralement le plaisir. Notamment "Nightmare seeker", où Chris Adler délivre un dernier récital derrière ses fûts. Un régal. Ces deux titres supplémentaires n'auraient vraiment pas dépareillé dans la track list initiale.

Lamb Of God ne manque pas son retour et signe donc avec VII : Sturm und drang une oeuvre intense et difficile à prendre en défaut. Le groupe a réussit à tenir son programme, à étonner (un peu) et à procurer (beaucoup) de belles sensations. A n'en pas douter, on à entre les mains un des meilleurs albums du groupe mais aussi probablement celui qui l'installera définitivement à la table des plus grands.



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Avis des chroniqueurs :  
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Gandalflegris
 



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Commentaires


Super Gandalf !
Riche en infos, et très bon style.
Je te rejoins sur Embers et Anthropoid (décevante hélas !). Le riff de la suivante, Engage the Fear Machine est monstrueux en revanche.

sam. 3 oct. 15- 07:42  


VII: Sturm und Drang - Infos

Voir la discographie de Lamb Of God
Infos de VII: Sturm und Drang

Sortie : 24 juillet 2015
Genre : Thrash Metal
Label : Nuclear Blast
Playlist :
1. Still echoes (4'22)à écouter en premier
2. Erase this (5'08)culte !culte !
3. 512 (4'44)à écouter en premier
4. Embers (4'56)culte !culte !
5. Footprints (4'24)à écouter en premier
6. Overlord (6'28)culte !culte !
7. Anthropoid (3'38)
8. Engage the fear machine (4'48)à écouter en premier
9. Delusion pandemic (4'22)à écouter en premier
10. Torches (5'17)
11. Wine & piss (Bonus édition limitée) (3'33)à écouter en premier
12. Nightmare seeker (the little red house) (Bonus édition limitée) (4'56)culte !culte !
écouter : Ecouter l'album

Lamb Of God


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