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Chronique de Sovran

Draconian  - Sovran (Album)

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Sovran



« Nous sommes tous dans le caniveau, mais certains d’entre nous regardent les étoiles » dit Oscar Wilde. Draconian nous invite à regarder les étoiles, là où notre esprit voyage à l’écoute de Sovran, album pesant et romantique.

1/ une musique pesante qui fait planer
Sovran est l’album le plus lourd et le plus tragique de Draconian depuis Dark Oceans We Cry ! Paradoxalement, les mélodies lourdes de Sovran font rêver ; le growl geint tel un homme épuisé de porter tout le poids du monde sur ses épaules, ressentant la volonté de se débarrasser de ce corps trop lourd emprisonnant son âme, jusqu’à ce que la voix féminine claire, céleste, l’enlace de ses ailes. Ils s’envolent ensemble vers les étoiles sur la fin du superbe Disheaten (dont Heike est l’auteure des paroles).
Les voix de la Belle et de la Bête se mêlent sur le bourdonnement de trois guitares droppées très bas et d’une batterie puissante sur un tempo lent ponctué par quelques interventions de l’orgue et du violon. Draconian reste fidèle à un doom métal gothique basé sur le contraste entre la lourdeur des guitares et les envolées lyriques du violon, la batterie pesante et l’orgue planant, le growl puissant et la voix féminine douce.

Cette voix féminine, est si émouvante, ensorcelante ! J’avais l’impression d’entendre Sharon Den Adel à son apogée avant de mettre le visage et le nom d’Heike Langhans sur cette voix ! « She gave me her voice this angel in my view » La voix angélique d’Heike apporte à la musique l’innocence et la passion que Lisa avait perdues. Ce chant féminin se marie à merveille avec le chant masculin clair interprété par l’invité sur Rivers Between Us, morceau choisi pour la vidéo de promo, un choix judicieux ! (d’ailleurs nous attendons le clip video de Sovran de pied ferme !) Cette ballade, extrêmement émouvante, ne tombe pas dans la niaiserie grâce l’intervention du growl à la fin de la piste et aux paroles torturées « the cuts in my skin and the red in your eyes (…) another deception, I whisper goodbye »

À chaque fin de piste, je suis déçue que ça se termine (d’ailleurs, merci d’avoir mis la piste la plus longue en dernier). Les compositions de Johan Ericson sont toujours d’aussi bonne qualité ! J’ai quelques réserves sur les deux premières pistes, trop linéaires, que le superbe Dishearten me fait vite pardonner.


2/ une musique gothique romantique
L’esthétique de Draconian est romantique au sens originel du terme : la nature est la principale source d’inspiration. La lune est le fil conducteur sur Shades of a Lost Moon, l’océan sur Dark Oceans we Cry , la pluie sur Arcain Rain Fell, le cycle des saisons sur Turning Season Within, la rose sur A Rose for the Apocalypse, et les étoiles sur Sovran. A travers les titres de certains morceaux, la mer et les étoiles se confondent « river, blue, mariner »: tel un miroir, la mer reflète le ciel étoilé, formant une mer d’étoiles ! « a cosmic ocean »

« The lyrics have been a part of a soul-searching journey over the past years. Fans will see the romanticism, the darkness and the beauty » avait promis Anders Jacobsson à la sortie du précédent album. Les paroles, à présent co-écrites avec Heike Langhans, peignent un univers aux couleurs de la mort, de l’amour, et des tourments. Mais cet univers d’une grande beauté est terni par la technicité des termes scientifiques tirés des oeuves de Krauss, A Universe from Nothing, et de Sagan, Cosmos. L’utilisation de métaphores et autres figures de style aurait été d’un bien meilleur effet que « cosmic », « astrospace », ou « nebula » ! Shelley et Byron n’auraient pas fait cette erreur.

Les paroles de No Lonlier Star et Stellar Tombs invitent à observer l’immensité de l’univers, et à se remettre en question : tu n’es qu’un Homme parmi tant d’autres, sur une planète parmi tant d’autres, dans une galaxie parmi tant d’autres ; une poussière au milieu d’un univers infini. Non, tu ne portes pas le poids de tous les malheurs du monde sur tes frêles épaules ! Prenant de la distance, tu réalises que tu n’es qu’un poète écrivant (ou un fan récitant) de sempiternelles lamentations en vers. Tu te plains parce que tu souffres, mais en fin de compte, tu aimes souffrir. Ta souffrance fait ta majesté : tu vois ce à quoi le commun des mortels est aveugle. Mais tu ne détiens pas le monopole de la douleur. Manking is endlessly bleeding ai-je entendu à la place de « mankind aimlessly breeding ».

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par Waifai, le 16 novembre 2015
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Une chro en (9/10)
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