Ce monde funèbre et sans retour, c’est celui de
Pantheist, c’est aussi celui de cette première démo 1000 Years, qui est parfaite pour démarcher les labels en quête de groupes sombres et talentueux.
C’est avec un titre sobrement intitulé Intro que s’ouvre ce plongeon dans les ténèbres, un voyage au cœur d’un cercueil qui est le nôtre, immobile, devant le chœur d’une église qui ne cesse de pleurer au doux son apaisant et calme mais ô combien funèbre de cet orgue tentant d’accompagner notre âme auprès du Divin.
Pour pénétrer dans la musique de
Pantheist, rien de tel que de s’allonger sur un lit, apaisé par les douces fumées d’un encens fruité ou ambré.
Ainsi, dès Time, on entend faiblement notre voyage vers l’au-delà s’accomplir, accompagné par des chœurs plaintifs et lointains, presque religieux, la surface du cercueil faisant obstacle au son qui ne parvient pas directement à nos oreilles qui sont déjà mortes.
Des guitares d’une lourdeur et d’une lenteur pachydermique viennent tant bien que mal animer cette messe mortuaire, mais en toute quiétude, en toute discrétion, avec un son relativement étouffé et caverneux.
Le chant est lui aussi très lent et déshumanisé, comme pour signifier que l’on s’approche du royaume des ténèbres, car dans notre voyage, enfermé dans ce cercueil, on ne voit pas où l’on va, la seule sensation qui nous est encore donnée est celle d’entendre. Entendre ces musiques funèbres perdues entre Ciel et Terre, entre église et Paradis, (ou Enfer…) n’est que la dernière faveur à laquelle on peut prétendre.
Toujours dans ce cercueil qui est le nôtre, le voyage de la Terre vers l’au-delà continu, bercé par des claviers, des orgues funèbres et des chants ténébreux et des ambiances morbides, parfois agrémentés de violons discrets, sublimés par une musique maîtrisée et inspirée, mais ô combien douloureuse… Une douleur inexplicable, une douleur qui n’est autre que la sensation d’être mort, impuissant face à toute cette mise en scène pour accompagner notre âme une dernière fois.
Et pourtant les titres s’enchaînent, sans se soucier une seconde que l’être qui les écoute est en train de se demander lui-même s’il est encore en vie.
Une mention toute particulière peut être accordée à Liefde Voor Niemand, qui n’est pas sans rappeler un certain
Dark Sanctuary ou Elend, dans un registre légèrement différent, basé sur un dialogue entre un orgue funèbre et un chant clair, parlé et très « rituel ».
Ce long voyage, qui n’aura pourtant duré qu’une trentaine de minutes, s’achève avec le titre éponyme 1000 Years. On en arrive à vouloir sortir de ce cercueil, à vouloir leur crier à tous que l’on n’est pas mort, mais une agréable sensation de laisser-aller nous incite plus à suivre le chemin tout tracé par
Pantheist. Ce n’est que quand le dernière note prend fin que l’on se rend compte que l’on est arrivé à destination, transformé par cette expérience. On ouvre les yeux, et ce lieu où
Pantheist nous a transporté n’est autre que l’Enfer, celui du quotidien, celui d’où l’on venait, mais sommes nous morts et destinés à errer dans ce monde ?
La sensation d’assister à son propre enterrement n’aura jamais été si bien retranscrite que grâce aux morceaux de cette démo qui annonce un potentiel à exploiter de la part de
Pantheist. Avec son doom mélancolique et funèbre, aux touches importantes qui donnent une dimension religieuse à sa musique,
Pantheist est prêt pour nous assaillir avec d’autres hymnes funéraires.
A conseiller à tous les dépressifs… Car ce monde funèbre et sans retour n’est pas seulement celui de
Pantheist, c’est aussi celui de l’auditeur…