Hellveto est un groupe qui erre et a toujours errer dans les méandres de l’underground, n’acquièrant une renommée qu’auprès de quelques initiés qui auront pris la peine de se pencher sur ce projet pagan épique froid et sincère. Et pourtant le groupe ne manque pas d’inspiration puisque chaque année quasiment, nous avons droit à une nouvelle réalisation. C’est en 2007 avec son album 916 qu’
Hellveto a pu s’exposer à un public plus large, avec un disque d’une ampleur impressionnante de grandiloquence. Avec Neoheresy en 2008,
Hellveto va plus loin en proposant tout simplement un chef d’œuvre. En cette année 2009, il revient avec un disque qui s’annonce comme la suite logique de cette pièce épique entreprise avec Neoheresy.
Cette nouvelle pièce se nomme Od Poludnia Na Polnoc, un disque époustouflant de sincérité et emplit de tristesse et de nostalgie, le tout porté par des éléments folk relativement discrets, mais qui viennent donner une certaine ampleur à la qualité de ce disque. Ces mêmes éléments folks viennent accentuer le sentiment de nostalgie des temps anciens qui pèsent sur ce disque.
On pourra noter que par rapport à Neoheresy, Od Poludnia Na Polnoc sonne un peu plus brut, avec des guitares plus thrashisantes dans l’approche, le son est plus direct et l’auditeur se sent plus concerné dans ce voyage d’une autre époque. Mais évidemment, aucune influence Thrash ne se fait réellement sentir, mais peut être une approche plus old school d’un Black Metal, le tout agrémenté d’instruments traditionnels discrets fort judicieusement utilisés.
Les plus rêveurs d’entre vous pourront se prendre à s’é
vader sur des titres comme Znak do Bitwy qui ont une réelle portée qui incite au voyage spirituel ou introspectif. La présence de chœurs vient apporter une touche grandiloquente à la dimension épique évidente de l’album, ce qui vient sublimer le travail de L.O.N., seul maître à penser de ce projet envoûtant.
Car oui,
Hellveto nous transporte,
Hellveto nous fait rêver,
Hellveto nous embarque au pays de ses ancêtres valeureux, dans un monde où les valeurs ancestrales étaient bien différentes, une pointe de réminiscence plane indéniablement sur ce nouvel album, comme elle planait sur les réalisations précédentes également, mais la sincérité et l’intégrisme de L.O.N. en font quelque chose de prenant, qui concerne l’auditeur qui saura être sensible à l’art sombre et épique d’un groupe resté trop longtemps dans l’underground. On pourrait éventuellement rapprocher cette démarche de celle entreprise par
Arckanum dans un registre différent, mais les points communs affluent : qualité, froideur,
ataraxie, recherche personnelle et intimiste... On peut éventuellement rapprocher
Hellveto de
Primordial pour le côté épique et teinté de tristesse et de nostalgie…
En somme ce disque ne s’adresse pas vraiment aux fans de pagan folk à la mode comme
Ensiferum ou
Korpiklaani, mais à un public qui sera d’autant plus sensible aux ambiances sombres, épiques et relativement mélancoliques. Cependant, bien que la qualité de l’album soit irréprochable, on peut peut-être reprocher un contenu assez prévisible pour les inconditionnels de Neoheresy puisque ce nouvel album s’inscrit dans sa droite lignée, mais comment s’en plaindre ?