C’est avec un onzième album sombrement intitulé «
To Those Who Walk Behind Us » que les danois d’
Illdisposed nous reviennent Après avoir frappé là ou ça fait mal avec un « The Prestige » on ne peut plus percutant,
Illdisposed tente le tout pour le tout en nous servant ici leur dernier bébé bien corsé.
La première chose que l’ on peut remarquer c’est que l’artwork a été soigné, arborant une représentation particulière d’un espèce d’ange noir regardant au loin. Peut être est-ce que la représentation de cet ange peut, à sa façon, caractériser le groupe ? Une sorte d'ange hors du commun mais tellement brutal à la fois.
Il est vrai que «
To Those Who Walk Behind Us » peut toutefois nous laisser un goût de déjà vu (entendu plutôt). En effet, l’album peut paraître quelque peu répétitif voir même beaucoup trop linéaire, ne serait ce que par la ressemblance avec les précédents albums du groupe : «The Prestige» sorti en 2008. Il est également important de noter une similarité entre certains morceaux de l'album, avec par exemple « Johnny » et «
To Those Who Walk Behind Us » qui possèdent la même structure, débutant doucement pour enfin accéder à un son lourd et puissant comme les danois savent très bien le faire. Or le chant de Bo Summer ne fait pas assez preuve de variations (même s’il tente de varier avec un chant tantôt à la
Kataklysm tantôt avec les scream spécifiques du deathcore) et c’est justement à cause de cette dimension manquante qu’on pourrait alors qualifier cet album de beaucoup trop linéaire, dénué de nuance et sans surprise. Ce qui nous pousse donc à regretter l’original et conséquent
Burn Me Wicked, paru en 2006.
Cependant l’instrumental reste un des points forts d’
Illdisposed. L’instrumental se veut incisant, entêtant et voir même terriblement puissant. Les guitares sont menées d’une main de maître par Jakob Hansen et Franz Gottschalk qui n’hésitent pas à nous servir ici des riffs cinglants et brutaux comme on les aime. De plus la basse se fraie un chemin au travers de ces deux manches à cordes furieux afin de parfaire le morceau d’une « lourdeur » inimitable, une lourdeur nous prenant définitivement aux tripes. De son côté, la batterie, avec derrière les futs Thomas Jensen, nous sert des roulements à n’en plus finir et une double pédale on ne peut mieux dosée. Bien qu’
Illdisposed ait subit un bon nombre de changements de line-up, on a l’impression que le groupe s’est enfin posé, et c’est ça qui est bon !
La sauce a prit, on sait alors de quelle manière nous allons être mangé.
Or tout cela n’aurait pas été possible sans une bonne production menée par le sérieux Fredrik Nordström (qui a également produit des groupes tels que
Children Of Bodom ou encore
Arch Enemy). Les morceaux sont justement dosés et le son est reparti équitablement, autrement dit, les instruments sont sur un pied d’égalité ce qui nous donne comme résultat des morceaux qui se complètent parfaitement.
Bien que cet album soit quelque peu semblable aux précédents, et malgré le fait que l’on remarque certaines similitudes entre les morceaux, on ne peut évidemment pas nier qu’
Illdisposed a trouvé la formule gagnante, et il faut le dire, ça marche ! Les morceaux sont montés de manière irréprochable et nous laissent correctement sur les fesses (pour rester polie). Bref, on attend tout de même avec une certaine impatience, toutefois teintée d’appréhension, le prochain rejeton de nos danois d’
Illdisposed.