Saxon, c'est un groupe qui adore avancer en dent de scie. Unleash The Beast avait montré que la formation britannique en avait encore sous le capot et qu'il pouvait sans problème rivaliser avec toute la nouvelle scène "true metal" qui s'organisait autour de
Hammerfall et ce, sans rougir. Puis Metlhead est passé par là et le soufflé est vite retombé. Un disque convenu, qui en devenait morne à force d'écoutes, indigne de son grand frère, qui n'aura été qu'un coup d'éclat dans une carrière qui est déjà derrière les musiciens, semble-t-il. Une fois de plus,
Saxon n'avait su se succéder à lui-même en rentrant dans une routine monotone qui marque par le manque d'inspiration un essoufflement certain.
Puis arrive ce
Killing Ground à la pochette épurée. Pas de grande illustration, juste un casque affublé d'un masque. Pas forcément le plus engageant, mais ils avaient déjà fait pire fut une époque. On passera rapidement l'intro qui n'apporte pas grand chose, sinon la quasi certitude que le groupe va enchaîner avec de l'épique. Difficile de passer outre ces sons de batailles doublées d'une petite mélodie lancinante qui annonce quelque chose comme du
Crussader bis. Ce n'est pas vraiment le cas. La bande à
Biff Byford préfère faire dans la tuerie avec le morceau éponyme, avec une approche plutôt rapide. riff sec, batterie martelée sans état d'âme mais sans grande finesse (n'est pas
Nigel Glockler qui veut et
Fritz Randow peine vraiment à faire oublier son ainé). Byford, quant à lui est dans son élément. A la fois rageur et nuancé, il reste le dépositaire du style lyrique de
Saxon, avec sa voix particulière, immédiatement identifiable. Une très bonne composition qui accompli parfaitement son rôle : mettre en de bonnes dispositions quant à la suite.
Parce que la suite, elle se gâte et ce dès le troisième passage, une reprise du mythique
ICourt Of The Crimson King de King Crimson et là, ça fait mal.
Saxon s'attaquant à ce monument du rock progressif, ça allait forcément laisser des séquelles et c'est balafrés que repartiront les fans du père
Robert Fripp. Cover plutôt insipide et peu crédible malgré des efforts de la part de Byford pour se donner une consistance théâtrale, une grosse déception vu le titre annoncé. Et après cela, redresser la barre ne sera pas chose aisée.
Aussi
Saxon revient à une forme de heavy rock de biker qui lui va bien, entrecoupé de morceaux plus speed, une formule peu originale mais qui a déjà fait ses preuves par le passé. Après tout, les compères de
Iron Maiden continuent de produire qui évoluent sur le même schéma depuis des années, cela ne les a pas empêchés de conserver leur fans. Et pour
Saxon, il en va de même.
Killing Ground ne regorgera donc pas de surprises, mais de titres sympathiques qui font passer un bon moment, histoire de faire passer le temps, quoiqu'il manque cette touche de génie que l'on pouvait percevoir sur Unleash The Beast justement, ce qui rendait ce disque imparable.
Dragons Lair,
Deeds Of Glory ou encore
Shadows On The Wall font parti des bonnes pioches de ce disque. Le reste n'est pas mauvais, juste bien plus convenu et un peu lassant à la longue. Sans que l'on crie au génie, on constate que
Saxon a rectifié quelque peu le tir après Metalhead et en soi, c'est déjà satisfaisant. Mais on aurait aimé des prises de risques, des envolées plus épiques.
mais inutile de chercher plus loin :
Killing Ground est un album de
Saxon de plus, tout simplement. Ce n'est pas celui qui tournera le plus fréquemment sur vos platines, ce n'est pas celui qui jouera le moins non plus. Un disque un peu quelconque qui s'en tire plutôt bien mine de rien, et qui permet au groupe d'enchaîner sur une nouvelle tournée, quand on sait que la scène reste leur élément principal (combien de Wacken ont-ils assurés depuis Unleash The Beast ? Beaucoup...). Bref, une pioche intéressante pour le néophyte, le fan, lui, se sera déjà fait une raison.