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Chronique de G.

Gotthard  - G. (Album)



Ce troisième album des suisses de Gotthard, sobrement intitulé G., dénote d'emblée, et d'une manière assez notoire, d'une volonté évidente de la part des helvètes d'opter pour une expression musicale plus consensuelle. Revenant, en effet, à une rythmique moins virulente, à une musicalité plus douce mais aussi à une expression plus charnelle après un Dial Hard délicieusement énergique, le groupe a choisi ici une sensualité plus communicative, moins directement primitive et minimaliste. Et cette nouvelle carnation, loin de déstabiliser l'âme profonde de ce groupe, va le transcender car, plutôt que de délaisser son incroyable sens de l'à-propos et du riff incisif, les suisses vont le conjuguer à ces nouveau desseins mélodiques en un résultat gardant une efficacité propre aux musique éminemment Rock, pour ne pas dire Hard Rock, que Leo Leoni et ses comparses auront toujours défendus. Ainsi, dès lors, ce G., apparait comme une tentative de compromis entre une envie de douceur accrue et un désir d'ardeur indiscutablement présent.

Ainsi, il n'est donc, par exemple, pas surprenant d'entendre, au sein de cette œuvre, les stigmates de certains genres plus traditionnellement issus du folklore américain tels que le Blues (l'excellent Sister Moon au préambule et à la conclusion délicieusement bleue). Pas plus étonnant, d'ailleurs, que d'entendre ces titres aux sonorités Rock, et même parfois Boogie, très marquées (le remarquable Sweet Little Rock n'Roller aux pianos superbes, Hole in One au swing endiablé...).

Néanmoins si Gotthard manie parfaitement l'art de la nuance, notamment en puisant ailleurs une coloration séduisante, il n'en demeure pas moins, fondamentalement, un groupe de Hard Rock. De telle sorte qu'il ne délaissera jamais ici plus que nécessaire, l'aspect le plus énergique de ce genre (Fist in your Face, Lay Down the Law, Ride On...), et ce même s'il s'égare parfois en des rythmiques nettement moins soutenues que celles dont il usa autrefois ( le magnifique Mighty Quinn, In the Name).

Inutile, selon votre humble serviteur, de préciser que Steve Lee continue, sur cet album, de nous ensorceler de cette voix si charnelle et si prodigieusement habitée. Capable de sublimer parfaitement l'émotion, son chant prends une dimension plus poignante encore en des titres plus intimistes et plus touchants. Tant et si bien que les ballades délicieusement émouvantes telles que Let it Be, ou encore les très jolis moments que constituent les merveilleux Father is that Enough et un One Life, One Soul acoustique, lui offre, et nous offre par la même occasion, un très bel instant de grâce.

Précisons encore qu'en adoucissant quelque peu la musique de Gotthard, l'espace occupé par Leo Leoni s'en retrouve forcément moins marquant et moins caractéristique que sur l'excellentissime Dial Hard. Toutefois cette défection, faisant perdre un peu de son caractère exceptionnelle à ces suisses, est parfaitement modérée par une composition mélodique harmonieuse plus immédiate, notamment dans la construction de bons refrains clairement plus directe s(Make my Day, Mighty Quinn, Sweet Little Rock n'Roller...). Cette imperfection est aussi très largement atténué par les chants de Steve Lee toujours aussi superbement symptomatique.

G. est donc un album clairement plus accessible que ne le fut Dial Hard. Moins agressif, agrémenté de quelques influences plus traditionnelles, moins farouche, et, peut-être, un peu moins surprenant que son prédécesseur, il demeure toutefois un excellent album dans lequel cet équilibre si précaire, entre une douce musicalité et une juste âpreté, est parfaitement respecté.



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