Retour à l'accueil
Chronique
Chroniques :: Chronique de The glorious burden

Chronique de The glorious burden

Iced Earth  - The glorious burden (Album)

 6 
10

Fardeau ? Pas vraiment. Glorieux ? Faut pas pousser...



Le départ de Matthew Barlow de Iced Earth aura sonné le glas pour de nombreux fans de la formation américaine. Le chant particulier du bonhomme plaisait ou rebutait, mais laissait rarement indifférent. Souvent geignard sur les ballades, il apportait en fait une certaine dose d'émotion, même si on pouvait lui reprocher d'en faire un peu trop. Touché par les attentats du onze septembre 2001, il a décidé de faire quelque chose d'autre de sa vie, en offrant sa protection aux citoyens. Comprenez par là qu'il a décidé de devenir flic. Ce qui est son choix après tout. Pendant ce temps, Jon Schaffer est tout de même bien embêté. Sans chanteur, il est un peu coincé et passer son temps à sortir des albums de Demons & Wizards avec son ami Hansi Kürsch de Blind Guardian peut prendre du temps en fonction de l'emploi du temps de l'Allemand. Aussi, il va clairement profiter du jeu des chaises musicales. En effet, Rob Halford ayant rejoint à nouveau les rangs de Judas Priest, Tim Owens se retrouve libre de tout engagement, aussi Schaffer s'empresse de lui faire une offre qu'il ne peut refuser. Et le jeune homme, vexé et dégoûté, ne la refuse pas, en toute logique.

Cependant, on peut voir là le malheur de ce pauvre Owens. Le chanteur en revient toujours à succéder à une espèce d'icône. Matthew Barlow n'était pas le meilleur chanteur de sa génération, mais son arrivée coïncidait avec l'âge d'or d'Iced Earth et sur scène, il s'était dévoilé être un grand frontman, charismatique à souhait et imposant de sa masse. Déjà que succéder à Halford se révélait être plus une malédiction qu'une bénédiction, on ne peut pas dire qu'il soit particulièrement verni sur ce coup-ci également. Aussi, il se la joue humble, il n'a plus cette belle arrogance d'avant Jugulator avec le Priest. Mais une fois de plus, on ne peut pas vraiment lui faire de reproche. Il se débrouille très bien, sur un album initialement grandement composé pour Barlow. Il apporte son plus en pratiquant par moment un chant agressif et aigu qui lui sied à merveille, même si le bougre peine parfois à véhiculer des émotions sur les ballades. Non, on ne peut pas lui faire de remontrances, il assure parfaitement son rôle de chanteur, avec une certaine classe qui n'est pas due à la chance d'ailleurs.

Jusque là, ça se présente bien. Le disque jouit également d'une jaquette saissisante, très bien illustrée, qui met bien en avant la trilogie conceptuelle sur Gettysburg imaginée par Schaffer. Le guitariste, non seulement est fan de films d'horreurs (cf Horror Show) mais en plus, il aime l'histoire, qui est une de ses grandes passions; Et quoi de mieux pour toucher la fibre patriotique des américains en mettant en avant la Guerre de Sécession et tout ce qu'elle a engendrée ? Poussant un peu plus loin le concept, il décide aussi de parler d'autres grandes batailles à travers le temps (Red Baron/Blue Max, Waterloo - Grouchy ? Y a mieux, mais c'est Blücher !) ainsi que d'autres petites choses, dont un Hollow Man qui est à la base une chute de studio de l'opus précédent.

Cependant, ce disque ambitieux ne tient pas toutes ses promesses, suite à un style de composition qui ne bouge pas d'un iota. Il est est terriblement prévisible du coup. En effet, si l'on se base sur la trame d'albums comme The Dark Saga ou de Something Wicked This Way Comes, on constate qu'une ballade figure à la seconde place. Ici, c'est à nouveau le cas, avec When The Eagle Cries qui bien sûr évoque la tragédie du World Trade Center. Bref, pour l'effet de surprise, on repassera, pour le coup Iced Earth avance avec une canne blanche. On peut également reprocher des refrains répétés à outrance, comme on peut faire le même reproche à Iron Maiden sur Dance Of Death. Cela passe sur certains morceaux, mais cela devient très vite agaçant (Hollow Man, qui aurait mieux fait de rester dans les tiroirs en fin de compte...). Et bien sûr, l'arrivée de Owens n'aura rien changé là où il aurait pu apporter une touche personnelle (il est toutefois crédité sur un titre). Iced Earth n'évolue pas. On retrouve ce heavy metal thrashy sur les bords, fortement inspiré par la Vierge de Fer, pour en revenir à eux. Limite, on pourrait croire que la formation se recycle sur cet album, en perdant quelques qualités essentielles qui ont fait le succès des précédents skeuds. Autre problème, une production un peu faiblarde, indigne d'un groupe de cette envergure, vient plomber un peu l'ensemble.

Bon gré mal gré, on arrive à la trilogie finale qui elle, est tout simplement remarquable. Durant plus d'une demi-heure, on entre dans le feu de la bataille. On est immédiatement mis dans l'ambiance, avec les tambours qui avancent tandis que les canons résonnent. Inutile de faire dans le heavy pour commencer, il faut laisser le temps de poser le tout, d'amener l'histoire. Ensuite, tout prend naturellement de l'ampleur, devenant même épique. Sur ce coup, Schaffer ne fait pas dans la demi-mesure et s'est appliqué à pondre une trilogie qui laisse sur place, tout simplement grandiose, où Owens s'illustre magnifiquement derrière le micro. Le résultat avec Barlow aurait-il été aussi prenant ? Pas certain, n'en déplaise aux puristes. Les changements de rythme et d'harmonie sont bien pensées, toute linéarité est coupée. Le temps passe, mais on l'apprécie, on ne s'ennuie pas tant c'est prenant, habilement construit et mine de rien, riche émotionnellement. Trois titres, trois raisons suffisantes pour se ruer sur cet album, surtout que l'édition limitée double digipack permet de s'enfiler que ces trois titres si on le souhaite...

The Glorious Burden est un album au fort potentiel, mais irrémédiablement gâché par huit titres pas forcément dispensables, mais déjà entendus et entendus encore. Ce n'est pas lassant, pas forcément, mais cela s'écoute d'une oreille un peu distraite, là où la trilogie finale met simplement sur le cul, pour annoncer crûment la couleur. C'est dommage, franchement dommage, parce que Iced Earth passe à côté du hold-up du siècle en coiffant au poteau un Judas Priest qui ne sortira pas un album des plus réjouissant avec Angel Of Retribution. C'est parfois moche la vie...



Chroniquer cet album

Avis des chroniqueurs :
 



Chronique précédente

Tout

Chronique suivante


Commentaires




The glorious burden - Infos

Voir la discographie de Iced Earth
Infos de The glorious burden

Sortie : 12 janvier 2004
Genre : Heavy Metal
Label : Century Media Records
Playlist :
voir paroles : Voir les paroles
1. Declaration Day (4:54)listenparoles de Declaration Day
2. When the Eagle Cries (4:06)listenparoles de When the Eagle Cries
3. The Reckoning (Don't Tread on Me) (4:57)listenparoles de The Reckoning (Don't Tread on Me)
4. Attila (5:37)paroles de Attila
5. Red Baron/Blue Max (4:05)paroles de Red Baron/Blue Max
6. Hollow Man (4:25)paroles de Hollow Man
7. Waterloo (5:44)paroles de Waterloo
8. Valley Forge (4:47)paroles de Valley Forge
9. The Devil To Pay (12:12)paroles de The Devil To Pay
10. Hold At All Costs (7:05)paroles de Hold At All Costs
11. High Water Mark (12:35)paroles de High Water Mark
écouter : Ecouter l'album

Iced Earth

Iced Earth
Iced Earth
Voir la page du groupe
Création : 1988
Genre : Power Metal
Origine : États-Unis

Rapports de concerts:



Groupes en rapport


Blind Guardian
Blind Guardian
Voir la page du groupe
Création : 1984
Genre : Heavy Metal
Origine : Allemagne


Judas Priest
Judas Priest
Voir la page du groupe
Création : 1967
Genre : Heavy Metal
Origine : Royaume-Uni

Rapports de concerts:

Iron Maiden
Iron Maiden
Voir la page du groupe
Création : 1975
Genre : Heavy Metal
Origine : Royaume-Uni

Rapports de concerts:

Angel
Angel
Voir la page du groupe
Création : 1975
Genre : Hard Rock
Origine : États-Unis