Comment faire un bon album de reprise ? Avec du piquant, de la saveur, et du caractère ? Invité chez Maïté, RATM se met derrière les fourneaux (à l'époque ce devait être pour se réconcilier, après les prises de tête d'Evil Empire) .Cependant le goût mi figue mi raisin de ce disque m'oblige à vous déconseiller de reproduire ceci chez vous.
Prenez tout d'abord du rap, mais pas du Snoop Dog avarié. Une bonne louche de Zulu engagé, un soupçon de Cypress Hill (dont la recette originale n'est en rien dénaturée), et faites bouillir. Gardez tout cela à feu aussi enragé que possible, et mélangez avec votre batteur, qu'il donne une bonne pêche à tout cela. Vous pouvez rajouter une cuillère de guitare, après y avoir incorporé beaucoup d'effets, si elle a le goût de scratch, ce n'est pas un problème, tant qu'une bonne dose de riff se fait sentir sur le palais.
Ensuite, contrairement aux cuistots Brad, Tom, Zach et Tim, veillez à bien trier les morceaux de ce qui est mangeable et de ce qui ne l'est pas. En effet, vous aurez au fond de votre casserole des reprises trop cuites, où l'on a l'impression que Tom a trop laissé cuire la préparation. Tandis qu'à la surface vous pourrez vous délecter de succulentes bouchées rap metal (bien loin du fast food
Limp Bizkit) où l'on peux apprécier le talent de chef de Zach de La Rocha, soutenu par des marmitons en pleine forme.
Pendant que cela cuit, préparons le plat de reprises rock afin de terminer ce cover album. Préchauffez votre four, termostat 10 pour la distortion. Coupez cinq morceaux de MC, faites les revenir, donnez leur plus de piments, et vous obtiendrez le meilleur de ce Renegades: un plat corsé, une version survitaminé de l'original, sans toutefois en perdre la saveur. C'est dans les plus vieilles marmites qu'on fait les meilleurs confitures, dit le proverbe. Ici nos cuistots le prouvent, enfin sauf lorsqu'ils mélangent Street Fighting Man à une étrange bouillie, on abouti hélas à une grosse galette peu digeste. Là, préférez le plat original du banquet des mendiants.
Prenez ensuite du rock plus engagé, là, ce bon vieux ragoût du Boss. Mettez le au four que vous avez préchauffez, laissez cuire pendant une bonne demi heure, vous aurez sublimé votre chanson originale.
Voilà, c'est prêt. Délectez vous des morceaux délicieux et jetez le reste à la poubelle, car même si les intentions des maîtres queux sont bonnes au départ, force est de constater qu'on a l'impression, pour certaines bouchées, d'avoir affaire à des gâtes sauces.