Ketah est un groupe qui nous vient tout droit de Bergerac, à côté de Bordeaux, fief des champions de France 2008-2009. Et ce premier album vient clore un chapitre d'une douzaine d'années où le groupe aura forgé son style et fait ses armes sur scène. Et si
Ketah n'hésite pas à mettre en avant ses influences (à savoir
Tool,
Alice In Chains, Pearl Jam ou encore
Led Zeppelin), c'est pour mieux nous faire comprendre qu'il a su se trouver un son qui lui est propre.
En effet, même si au détour d'un riff ou d'une rythmique on peut penser aux groupe précités, ce n'est pas permanent et
Ketah imprime sa personnalité aux compositions. Une personnalité chaleureuse, mais qui n'oublie pas d'être humble. Souvent, les intros se veulent douces, agréables à l'oreille. Une facette rock parfaitement exploitée, qui permet ensuite au groupe de se lâcher sur les guitares, d'adopter une approche plus heavy, vindicative. La cassure n'est jamais loin, la mélodie est tapie dans l'ombre, prête à reprendre ses droits. Une personnalité schizophrénique, moitié ange, moitié démon, se dispute la teneur de ce court album. L'équilibre est bien là et impossible de s'ennuyer en écoutant les morceaux, riches et très bien exécutés.
Le savoir-faire de Keath saute aux oreilles. Les musiciens ont parfaitement su digérer leurs influences et en moderniser certaines. Le chant, partagé entre français et anglais, donne une couleur particulière à l'ensemble.
Alexandre Casado a une jolie voix claire, qu'il sait moduler pour faire passer ses sentiments, se montrant à l'aise dans un registre sec, agressif (
A Corps et à Cris)... Mais la production ne rend pas franchement hommage à son travail tant le pauvre semble en retrait, un peu noyé dans les guitares. Et c'est dommage parce qu'il s'agit d'un point important et que
Ketah semble passer à côté alors que le reste met la barre très haut : groove carnassier, lignes mélodiques inspirés, riffs plus rudes venant faire contraste, quelques courts soli sympathiques... Le chant, sans incriminer Casado, n'est du coup pas à la hauteur.
Un détail donc, mais de taille. Que cela ne vous empêche pas de soutenir ce représentant de la scène française dont la musique rafraîchissante prend toute son ampleur sur scène. D'ailleurs, les morceaux sont clairement taillés pour cet exercice : headbanging effréné assuré !
Ketah a franchi une étape importante pour sa carrière et clôt donc un chapitre. Nul doute que le prochain essai enfoncera le clou. Pour le moment,
La Folie des Hommes est une très belle carte de visite.