Quand Kirk Windstein entra au sein d’Exhorder pour laisser The Slugs à l’abandon, il ne savait pas à quel point le groupe lui manquerait. Il ne lui fallut pas très longtemps pour comprendre cela et reformer la bande entourée de Todd Strange, de Craig Nunenmacher et de Kevin Noonan … Pour ce nouveau départ, The Slugs prend le nom de
Crowbar en 1991 et sort une première galette la même année, Obedience Through Suffering …
Tout droit venu des terres humides de la Louisiane, le groupe s’imprègne de cette culture garage qu’on retrouve dans cet état, souvent délaissé des Etats-Unis … ce même endroit où le jazz brillait grâce à des artistes de talents, comme Louis Armstrong entre autre.
Un talent qu’on retrouve chez
Crowbar, mais pas du tout dans le même domaine. Pour la plupart issue de combo hardcore/punk, le son que propose le groupe est gras, teinté d’une touche timide de hardcore. L’intensité des chansons se fait remarquer par cette lourdeur, comme si vous passiez dans une broyeuse, très lentement … une sensation qu’on retrouve également dans cette voix rocailleuse bourrée d’émotion sur Waiting In Silence et poussée à l’extrême sur I Despise.
Les guitares ne sont pas en reste, des riffs affûtés et transpirant, tout en groove mid-tempo. Très caractéristique de ce premier album, jouant sur l’intensité et la résistance de l’auditeur. Puisque oui,
Crowbar n’est pas très facile d’accès dès les premières notes. Il faut que vos oreilles s’habituent à cette ambiance mouillée et enfumée, avec cet
Obedience Thru Suffering venant tout droit d’un entrepôt dégueulasse où ça sent la putréfaction et la gerbe de rat. Le côté hardcore se retrouve dans cette production sale et dégueulasse, donnant un charme supplémentaire à cette musique agonisante où les contretemps se font naturellement, sans pression, mais avec beaucoup de retenue et de maitrise.
Car oui, les membres de
Crowbar savent utiliser leurs instruments, sans en faire trop, jouant sur l’efficacité des titres et sur une atmosphère grasse. Voilà les origines du sludge … une pincée de riffs grassouillets, d’une batterie plombant et présente de bout en bout, une basse résonante et d’une voix engouffré et caverneuse.
Malheureusement, cet opus n’aura pas l’accueil qui lui est dû. Ne représentant qu’une vile partie historique de ce nouveau genre. Obedience Through Suffering est bien plus que cela et si
Crowbar n’avait pas fait mieux par la suite, il aurait sans doute eu le titre de culte. Fort heureusement pour les fans,
Crowbar continuera sa petite vie, rencontrant Phil Anselmo pour bosser sur le deuxième album. Le début d’une grande amitié entre le leadeur de
Pantera et Kirk Windstein que l’on retrouvera peu de temps après dans
Down ...