C’est chaud, c’est humide, on y entre comme dans du beurre, qu’est-ce c’est ?
Down, bien sûr.
Mais bon, sept ans après la claque de NOLA, la chaleur et l’humidité ont tendance à se transformer en une putréfaction plus que répugnante. On ne peut pas en vouloir à la bande du charismatique Phil Anselmo, les activités de chacun furent chargées et diversifiées. L’hurleur grincheux de
Pantera faisait le tour du monde avec les frères Abbott et Rex. Kirk Windstein, plus gras et plus barbu qu’en 1995, est également convié à la partie, accompagné de près par Jimmy Bower de
Crowbar et du guitariste de
Corrosion of Conformity, Pepper Keenan. Il ne manque donc que ce valeureux Todd Strange, ayant quitté l’aventure pour être charpentier(et en ayant été éliminé au conseil), mais très vite oublié à l’annonce du nom de Robert « Rex » Brown au poste de bassiste.
Une chose était sûre, succéder, même aussi tard, au premier album ne serait pas chose aisée. Très vite cité par les spécialistes du genre, Nola s’était taillé une réputation de fer, ce qui n'a rendu pas la tâche simple.
Down a affirmé avoir bouclé l’enregistrement de ”
Down II: A Bustle in Your Hedgerow » en 28 jours, dans des conditions éthylico-toxicomaniaques. Un album fait « à la va vite » avec sa dose de surprise et de désespoir. Car il était plus que certain que ce deuxième volet de la nouvelle saga de l’été de
Down n’atteindrait pas la hauteur de son prédécesseur. Le groupe savait que ce serait une erreur artistique de copier le grand frère et c’est pourquoi le ton et la musique ont évolué vers des sonorités plus 70’s. Ne se cachant de ses influences premières comme
Led Zeppelin ou
Black Sabbath, le combo de la Nouvelle-Orléans montre une nouvelle facette de sa personnalité.
Chose qui ne surprend pas dès les premiers instants, « Lysergik Funeral Procession » fait en quelque sorte figure de suite logique au premier opus, mais le morceau n’atteint pas le niveau d’un Eyes Of The South ou d’un Stone The Crow. On s’inquiète un peu, vu la qualité et l’envergure de la bande de Phil. La suite est, quant à elle, plus optimiste avec un titre fort, « There’s Something On My Side », avec un break black sabbathien sauce sudiste.
Down fait quelques expérimentations, comme avec l’apparition du clavier sur « Stained Glass Cross », très loin des morceaux mouvementés dont on était habitués. Les compères varient les plaisirs, mais lèvent le pied, c’est évident.
L’énergie est déployée de manière plus concentrée sur ces riffs stoner à la
Corrosion Of Conformity, où l’on peut saluer le feeling de Pepper Keenan. La ballade « Learn From The Mistake » sonne doucement sous les allures bluesy qu’elle se donne, là où tout l’intérêt est de faire briller la voix du frontman de
Pantera. N’attendez pas de Phil Anselmo qu’il hurle, qu’il s’égosille comme un fou dans le micro, le chanteur parfume ce
Down II de toute sa dextérité dans le registre clair.
Malheureusement, ce second opus rivalise difficilement avec son prédécesseur, on ne comprend pas tellement où va le délire de
Down, s’il s’agit seulement d’un side project transformé en véritable groupe ou un groupe qui veut devenir un side project. Les activités de Phil étaient au plus mal avec
Pantera, il avait d’ailleurs enregistré son dernier album avec l’animal deux ans plus tôt en la présence de
Reinventing the steel. Malgré de bonnes idées, les sudistes s’essayent dans un registre qu’ils maîtrisent anarchiquement. Sans être un album mauvais, on peut être déçus de cette suite qui promettait d’être alléchante.
Un contenu nettement moins fou et efficace que sur Nola, mais qui permet toutefois de voir
Down sous un angle différent, avec ses hauts et ses bas.