The More Things Change n'aura été qu'une mauvaise copie du mythique
Burn My Eyes, un disque en définitive décevant devant le potentiel affiché de
Machine Head. Et face à un pareil gâchis, il convenait de relever la tête et de se remuer les tripes pour proposer du neuf. Et c'est à la base que le groupe connaîtra le premier changement, avec le départ du charismatique
Logan Mader, qui sera remplacé par
Ahrue Luster à la deuxième guitare. Après
Chris Kontos, c'est le deuxième membre ayant officié sur le premier opus qui met les voiles, ce qui ne laisse pas augurer de bonnes choses pour la suite.
Le groupe étant confronté à la critique d'une immobilité artistique malvenue et confronté à la pression de ce fameux troisième album sensé être décisif pour sa carrière, il décide d'orienter sa musique vers des contrés plus modernes, notamment le neo metal qui cartonnait alors. Le résultat est donc ce Burning Red qui aura fait couler beaucoup d'encre et qui aura donné lieu à des critiques acerbes de la part des fans. Les raisons de cette fronde sont aisément compréhensibles, elles sautent aux oreilles dès le véritable premier morceau. Un riff simple, non dénué d'une certaine forme de brutalité, une batterie étrangement saccadée, le chant si typique de Flynn et soudain, des passages rappés, une hérésie pure et simple aux oreilles de beaucoup !
Desire To Fire, excellent au demeurant, ouvre les hostilités et le choix en définitive n'est pas mauvais ;
Machine Head montre d'entrée de jeu que le son a changé, que l'ouverture est plus large et qu'il a opéré là une véritable révolution musicale. Il n'y a pas de tricherie.
Alors l'écoute peut paraitre pénible pour certains. L'aspect mélodique est accentué, l'ensemble est parfois très sautillant, le chant de Flynn est varié, il s'aventure là où on ne l'attend pas. Outre ces fameux passages rappés, d'autres, à la voix claire, tranchent avec l'ensemble.
The Burning Red est moins thrash, moins direct et immédiat que les deux premiers efforts. Il demande un certain temps d'adaptation. Un autre exemple de cette évolution est
The Blood, The Sweat, The Tears, meilleur morceau de la galette avec ses guitares clairement orientées neo metal qui sonnent un peu comme du
Static X sur les couplets laissant place à un refrain puissant, entraînant, facilement mémorisable, bien différent des
Davidan et autres
Ten Ton Hammer d'une époque plus thrash.
Les soli sont également moins intrigants, peut-être même moins efficaces que par le passé, souvent concis, trop rarement bien agencés. On se contentera donc des rythmiques pilonnées, aux lignes mélodiques matraquées, qui permettent à Flynn de varier ses interventions. Le groupe parvient sur les premiers morceaux à être intéressant car il ne sera que rarement aussi éclectique. Une forme d'hétérogénéité qui se tarira sur la longueur, malheureusement et après la sympathique reprise du [i]Message In A Bottle]] de
Police en clair obscur, à la fois calme et étonnament agressive, l'écoute de ce
The Burning Red deviendra doucement ennuyeuse, pour ne pas dire rébarbative.
Machine Head a pris beaucoup de risques avec cet album. Et malheureusement pour lui, ce disque est tout juste bon, il ne parvient pas à faire de l'ombre à
Burn My Eyes. Si ce cas de figure s'était présenté, peut-être que les fans auraient agi autrement avec cet opus, qu'ils lui auraient donné une chance plutôt que de le condamner au pilori sans autre forme de procès. Un échec commercial pour
Machine Head, mais artistiquement parlant, c'était moderne et presque réussi. En tout cas, bien plus intéressant que l'album suivant...