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Chronique de Space Police - Defenders Of The Crown

Edguy  - Space Police - Defenders Of The Crown (Album)

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L'album de la réconciliation?

Cet article n'a pas été écrit par un membre de l'équipe officielle de Metalship, et n'engage donc que son auteur, pas la rédaction du webzine.


Le véritable avènement d'Edguy au son d'un Vain Glory Opera qui eut le mérite, fort d'une production enfin digne du talent de ces Allemands, d'illustrer formidablement leurs aptitudes alors méconnues, eut des conséquences bénéfiques considérables sur la scène Power Metal. Il démontra notamment de manière cinglante qu'il y avait une autre voie que cet académisme dont certains, et notamment teutons, se contentaient. Les cinq disques qui suivirent furent autant d'odes consacrées à cette créativité enfantée par les Helloween, Gamma Ray et autres Blind Guardian. Et quand bien même certains de ces cantiques pouvaient laisser entrevoir quelques légers défauts embarrassants (Mandrake (2001) et Rocket Ride (2006)) d'autres tutoyaient si magnifiquement l'excellence (le mythique Hellfire Club (2004), Theater of Salvation (1999) et The Savage Poetry (2000)). Tant et si bien que la formation originaire de Fulda emmené par son fantasque et, n'ayons pas peur des mots, génial chanteur trônait fièrement sur des sommets abandonnés depuis longtemps par d'autres.

Une décennie après ce formidable avènement, lassé par le systématisme de cette musique et, sans doute, désireux d'explorer de nouvelles contrées créatives, Edguy décida de s'abandonner à d'autres envies. Il en résulta un Tinnitus Sanctus aux accents, parfois, Hard Rock et manquant d'âpreté qui indiscutablement divisa. L'oeuvre qui suivit, Age of the Joker, nous apaisa un peu nos craintes puisque Tobias Sammet et ses complices y revenaient un peu à cette expression plus traditionnelle qu'il nous avait superbement offert naguère.

En cette 2014, le quintette germain nous propose de découvrir son nouvel effort baptisé Space Police - Defenders of the Crown.

Ce qu'il conviendra de dire d'emblée concernant ce disque c'est qu'à l'évidence il affiche une volonté de consensus manifeste. Une écoute, même succincte, de l'ensemble de ces titres puisant en ces sources diverses desquelles Edguy aura déjà autrefois extrait d'admirables pépites ne peut, en effet, laisser aucun doute sur ce point précis. Pour démontrer la présence de ces influences passées parlons, par exemple, de l'entame de ce plaidoyer au son d'un Sabre & Torch vif aux riffs particulièrement agressifs nous rappelant aux bons souvenirs de 2004 alors que Defenders of the Crown nous évoquera plutôt 1999. Il n'y a là toutefois rien de condamnable puisque ce retour en arrière s'effectue avec une subtilité et une intelligence donnant à chacun de ces titres suffisamment de personnalité propre pour nous séduire.

D'autres viennent, eux aussi, confirmer ces bonnes impressions (The Realms of Baba Yaga, Do Me Like a Caveman, Shadows Eaters, The Eternal Wayfarer...).

Autant de morceaux où Edguy aura retrouvé une osmose appréciable entre ses velléités les plus ardentes et ses aspirations mélodique si singulière.

La reprise du titre Rock Me Amadeus, initialement parue en 1985 sur l'opus Falco 3 de l'Autrichien Falco dont la renommé reste, aujourd'hui encore, lié au morceau Der Kommissar, pourrait, quant à lui, a priori, apparaitre comme une idée saugrenue et absurde. Néanmoins le résultat de cette relecture courageuse est très intéressant et n'entrave aucunement l'intégrité de ce disque. Loin s'en faut.

Edguy nous offre donc une résurrection inattendue en somme.

Pas totalement puisqu'on sera moins dithyrambique avec des plages telles que ce Love Tygers aux Hard Rock dégoulinant de poncifs d'un conservatisme achevé, ou encore telles qu'un Alone in Myself aux allures caricaturales empruntés à un Bon Jovi. Reconnaissons, tout de même, que ces fautes de goûts sont suffisamment rares pour ne pas faire basculer nos ressenti dans une déception déplacée.

En outre, bien évidemment, cette humour qui aura toujours caractérisé le groupe, du moins de manière plus flagrante et plus franche depuis l'album Mandrake (2001) sera toujours présents ici (Space Police et ses passages où le vocaliste joue les diva mimant des aigus maniérés, l'artwork de ce manifeste, England et ses paroles éminemment amusantes (L'Angleterre est la patrie des Beatles, de Def Leppard mais surtout de Steve Harris...), la ballade Aychime in Hysteria aux mélodies très librement inspirées de celles, une fois encore, de Def Leppard et de son Hysteria sur lequel Felix Bohnke offre à sa caisse claire des résonnances très synthétique qui, bien sûr, nous évoque immédiatement celles de Rick Allen...). Si parfois cet esprit espiègle aura pu agacer certains tant il ne donna pas toujours naissance à des chansons indiscutablement réussies (comme par exemple le piètre Trinidad sur Rocket Ride (2006)), il faudra souligner qu'il s'intègre parfaitement ici dans un ensemble pourtant diversifié.

Au même titre que cette renaissance inespérée et presque aboutie, saluons aussi celle du retour de ces refrains fédérateurs que Tobias sut autrefois composer avec un redoutable talent et qui, sur certaines des dernières productions du groupe, n'étaient plus aussi convaincants et réussis.

Space Police - Defenders of the Crown est donc une oeuvre s'inspirant, avec un talent certain, de tous ce que le groupe fit jusqu'alors. Cependant tout en revenant aux sources de son périple la formation germanique n'aura pas oublié aussi de s'attarder sur chacune des étapes qui jalonnèrent le chemin de sa désormais longue carrière. Indéniablement ce nouvel opus est donc celui qui sans atteindre la perfection et l'aboutissement des plus illustres chapitres de l'histoire de ce collectif en proposera la vision la plus approchante susceptible de réconcilier ses partisans divisés.



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Space Police - Defenders Of The Crown - Infos

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Infos de Space Police - Defenders Of The Crown

Sortie : 18 avril 2014
Genre : Heavy Metal
Label : Nuclear Blast
Playlist :
1.  Sabre & Torch
2.  Space Police
3.  Defenders of the Crown
4.  Love Tyger
5.  The Realms of Baba Yaga
6.  Rock Me Amadeus
7.  Do Me Like a Caveman
8.  Shadow Eaters
9.  Alone in Myself
10.  The Eternal Wayfarer
écouter : Ecouter l'album



Edguy

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