A peine le temps de digérer
Sanojesi Äärelle que
Horna revient déjà avec un nouvel album ! Il faut dire que ces finlandais enchaînent les sorties ces derniers temps si on prend en compte les splits et autres…
Pour ce nouvel album, le premier constat sera visuel !
Horna est revenu à ses premières amour en nous proposant un artwork d’une noirceur dont lui seul à le secret ! Il fallait bien ça pour contraster avec la précédente pochette très alchimique et avec de la couleur ! Le second constat sera au niveau de la langue : le titre de l’album, Musta Kaipuu est a à peu près prononçable ! Exploit ! Mais penchons-nous donc sur la musique, car ça, à la limite, on s’en fout…
Eh bien la musique de
Horna reste la musique de
Horna, à savoir un Black Metal très froid, très lent, flirtant presque avec le Funeral Black par moments. Le son est relativement puissant pour noyer l’auditeur dans ce tourbillon de folie maladive et malsaine. Les guitares sont presque groovy sur certains passages, ce qui accentue considérablement la noirceur ambiante de ce disque.
Le chant est hurlé, scandé, comme si un écorché vif appelait à l’aide !
Bien que peu varié, le chant apporte quand même une dimension presque clinique à l’album, un effet claustrophobe plane sur cette petite heure de périple en eaux troubles. On se sent appelé par des ténèbres toujours plus gourmandes. Au fur et à mesure que les notes s’enchaînent, on se sent attiré par les profonds abysses du monde apocalyptique de
Horna. Cette horde démoniaque nous plonge en plein cœur d’un monde où règnent immondices et puanteurs suffocantes. C’est tout simplement l’aura de la mort qui plane sur chacun des morceaux.
La production très crue permet à ce groupe de rester dans un monde Black Metal qui lui est cher, mais la production met cependant en valeur chaque instrument comme il se doit pour au final aboutir à quelque chose de cohérent. Car si le résultat final ne viendra pas réinventer le Black Metal, ce nouvel opus est fort judicieusement construit et développé. Il est peut-être un peu trop groovy par moments, ce qui « casse » un peu la crédibilité du groupe. Le son est peut-être un poil trop propre sur certains passages, ce qui fait perdre un tout petit peu de la sauvagerie morbide qui colle si bien à
Horna.
Ce Musta Kaipuu ne sera certainement pas l’album de référence dans la discographie de
Horna, mais il aura le mérite d’être froid, direct et d’une qualité très correcte. On pourra quand même reprocher le manque d’idées innovantes qui auraient pu prendre place de manière très discrète, à titre d’expérimentation, pour que
Horna apporte un petit plus à son style parfois trop prévisible. On aurait eu ainsi un tout petit peu plus de relief, ce qui n’aurait pas été désagréable… Mais prenons tout de même le temps de digérer le précédent disque…